Léon Dorez, le Sac de Rome, Rome, D. Luggiani
viennent de s'écouler, ces doctes gens, expriment oii entendent leurs amis exprimer sans nul embarras leurs sentiments impériaux et leur antipathie pour la France. Qu'on fût impérial ou non, il fallait au moins le paraître; Clément VII lui-môme, bombardé, pillé, emprisonné, rançonné, dut céder à la pression de l'opinion égarée. Si Charles-Quint ne l'enferma pas comme François V' dans un château espagnol (il s'en fallut, dit-on, de bien peu), du moins il le força de venir quelques années après à Bologne en attendant qu'il fît lui-même son entrée solennelle à Rome. Mais une sorte de mot d'ordre était donné. Par une de ces fourberies politiques qui sont de tous les temps et de tous les pays, il fut alors tacitement convenu en Italie de n'accuser du désastre de Rome que le seul Bourbon. Cette accusation portée contre un traître donnait satisfaction aux consciences les plus incertaines. On abondait, en apparence, dans le sens français et, en réalité, on épargnait l'empereur '. ))
Charles-Quint recevait une lettre de Rome datée du 26 janvier 1527, du secrétaire Juan Perez, où il lui était appris — ce qu'il savait déjà sans doute — que Bourbon « ne pouvait donner à ses troupes d'autre solde que le sac de Rome et de Florence -. » Et le 11 mars il est informé par un certain Alonzo Sanchez que Bourbon marche sur Rome à grandes journées ^ Plus on avance dans cette étape sur la ville pontiticale, plus on se persuade ainsi que Charles-Quint soutenait Bourbon dans son entreprise. « Si l'Empereur avait donné des ordres formels à ses lieutenants, il eut presque sûrement arrêté Bourbon. Le sac des Colonna de l'année précédente et les perfides négociations de Lannoy prouvent qu'il a plutôt lancé