‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 336 sur 366 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

le connétable sur Rome '. » Il n'avait rien à perdre dans cette aventure et tout, en effet, à gagner. Estimant Bourbon grand homme de guerre comme nous l'avons vu déjà, il comptait sur sa réussite et devait môme tabler sur elle pour ses plans d'avenir. Bourbon ne pouvait que réussir en effet. Ses bandes, de plus en plus fanatisées par l'ascendant qu'il avait acquis peu à peu sur elles, étaient désormais prêtes à tout ; un seul commandement eut été rejeté, celui de revenir sur ses pas; elles étaient forcées d'ailleurs de livrer bataille, l'armée ennemie eut-elle été bien supérieure.

11 s'avançait avec une rapidité extraordinaire. Son armée volait à travers les campagnes et les villages. Il fit ainsi jusqu'à 20 milles par jour. Rien ne put l'arrêter. Les pluies ayant enflé considérablement la rivière de la Paglia qui roulait des eaux rapides et hautes, il fit former ses hommes par files de 30 ou 40, et il traversèrent ainsi en se donnant la main, tandis que la cavalerie, passant elle-même un peu plus haut, atténuait la violence du courant. « Ils avaient de l'eau jusqu'à la poitrine, quelquefois même jusqu'au menton ; si le courant entraînait l'un d'entre eux sans qu'il y eut moyen de le retenir, ils l'abandonnaient; plus loin, des soldats robustes et courageux venaient à son secours ; de cette manière ils arrivèrent sans perles bien sensibles sur l'autre bord où étaient déjà parvenus avec moins de danger les cavaliers et plusieurs fantassins qui s'étaient accrochés soit à la crinière, soit à la queue des chevaux '. » Ils pillèrent Montefiascone et Ronciglione, respectèrent, à cause de la rapidité de leur course, les autres places et continuèrent d'aller avec la même fougue. Le dimanche

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