Léon Dorez, Id
2. Le Sac de Rome, par Jacques Buonaparte, trad. par le Prince Napoléon : Choix de chroniques et mémoires, A. Buchon, Orléans, Herluison, 1875.
5 mai Bourbon arriva enfin sur le Monte Mario, et il vit s'étendre devant lui, sur les deux rives du Tibre, la Ville Éternelle.
Dans sa hâte, il voulait l'attaquer de suite. 11 réunit môme ses capitaines et leur représenta qu'il ne fallait pas hésiter davantage, car farmée n'avait plus que pour deux jours de vivres. 11 envoya un trompette demander au pape la permission de traverser la ville aiin de conduire, à ce qu'il prétendait, ses troupes dans le royaume de Naples, permission qui lui fut aussitôt refusée. Des soldats essayèrent de passer le Tibre sur des barques et quelques-uns périrent ; des escarmouches s'engagèrent même sous les murs. Pendant que tout ceci se passait, Bourbon continuait à exhorter ses capitaines : « Vous n'ignorez pas, dit-il à la fin, que, lorsque la fortune se présente à nous, c'est le cas de la saisir, autrement, elle nous échappe sans retour. L'armée est très fatiguée, je le sais, elle a besoin de repos; mais je sais aussi combien la victoire est facile lorsque l'occasion est favorable et combien un instant de retard peut la rendre difficile et coûteuse. Chacun de nous fera de son côté ce qui dépendra de lui, j'en ai la conviction, et se servira de son intluence auprès des soldats pour les décider à ne pas perdre de teuips'.» Mais les soldats réclamant du repos, l'assaut fut remis au lendemain matin-; et Bourbon lit préparer l'artillerie. « Il fit encore rassembler toutes ses troupes avant le coucher du soleil et. s'étant placé sur un éminence, il leur adressa une belle harangue '^ » Brantôme parle de même : « Estant venu M. de Bourbon au dessus du Belvéder de Bome, ce 5 de mai 1527, le soir en plaçant son camp, visi-