Guillaume du Bellay; — J. Buonaparte ; — Guichardin
traversèrent le Tibre avec précaution, au bruit des tambours et des trompettes, et s'avancèrent lentement dans Rome où régnait une immense consternation ^ » Ils étaient quarante mille'. Ils campèrent pour cette nuit-là sur la place Navone, dans le cbamp de Flore, et le leridemain matin se répandirent à travers les rues. — Le sac de la Ville Eternelle commençait. 11 devait durer huit jours.
11 fut effroyable '.
Les soldats qu'aucune discipline n'osait même essayer de retenir se livrèrent en liberté à tous les excès, et la tuerie fut d'abord générale. Les Espagnols s'en lassèrent les premiers et finirent par en dégoûter les Allemands ; ils leurs expliquèrent que la plupart des Romains ayant enfoui leurs richesses, le meilleur moyen de les découvrir était de leur faire révéler, sous peine de tortures, le lieu où il les avaient cachées. « Les Allemands se rendirent à cette raison... ils se mirent à arrêter les passants ou ceux qu'ils trouvaient sur le seuil de leurs portes et qui leur demandaient merci ; ils les contraignaient à leur ouvrir leurs appartements d'où ils emportaient ensuite tout ce qui était à leur convenance''. » Si les habitants faisaient mine de se défendre, ils mettaient le feu. Leur foi luthérienne leur permettant et leur conseillant même de ne pas respecter les églises, ils y dérobaient tous les objets du culte et piétinaient les reliques. Détachant des murs les images saintes, ils les déchiraient ou les salissaient de la façon la plus ordurière. Les peintures à fresque étaient grattées ou barbouillées, les tableaux crevés. Ils s'affublaient des habits sacerdotaux pour chanter