‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 355 sur 366 · Id · texte numérisé non relu

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quoi on leur coulait dans la bouche du plomb fondu. Beaucoup furent lentement mutilés « de la manière la plus horrible 1 ». Beaucoup se montrèrent courageux. Jean Ansaldi, un Florentin, comptait sa rançon taxée par lui-même à mille écus, lorsque ses bourreaux lui réclamèrent des ducats d'or ; n'en ayant pas, il dut subir à nouveau la torture. Fou de rage alors, il eut la force de sauter sur un des Allemands, de lui arracher son poignard, de lui enfoncer dans la poitrine et de se tuer ensuite. Il y eut des mères qui égorgèrent leurs filles. Des cadavres s'étalaient partout. Les blessés étaient abandonnés dans les cours, dans les rues, au hasard. (( Quant aux dames, il ne faut demander comment elles furent traictées. Des courtizanes des plus belles de la ville, ilz n'en vouloient point et les laissoient (disoient-ils) para los laquayos y rapazos^ « pour les laquais et goujats », qui s'en donnoient du bon temps ; mais ilz s'attachoient aux marquises, confesses, baronnesses et grandes dames, et gentiles dones de la ville, leur faisant exercer Testât de courtizanes publicqueset les abandonnoient les uns aux autres, en faisant plaisir à leurs compagnons, leur faisant accroire que c'estoit ce qu'elles vouloient, et qu'elles étoient trop chaudes, et qu'il les falloit rafraischir de la rosée et les saigner au mois de mai où ils estoient et que la saignée en estoit bonne, et mesmes pour les filles et religieuses qu'ilz n'espargnoient non plus que les autres, et en firent un bordeau très friand de leur couvent, car on dit cuisse de nonain ; d'autres disent que c'est la perdrix des femmes pour en estre la viande plus friande et savoureuse que les autres, ce que je ne croy, car il n'y a que f.... sur le velours et l'or, disoit-on le temps passé. Bref, si l'avarice fut commune à ces Messieurs, la paillardise ne leur fut pas moins. Et, qui pis est, des femmes mariées, quand ils les touchoient, ilz en

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