‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 357 sur 366 · Brantôme, éd. déjà citée, 318, :il9, t. I · texte numérisé non relu

Brantôme, éd. déjà citée, 318, :il9, t. I

avec assez de gaucherie des étoiles somptueuses, des cliaînes d'or et des bijoux, et se promenaient sur les mules papales en ayant à coté d'eux des femmes à moitié nues *.

11 périt environ 4.U00 personnes '-. Les pertes de ces huit jours furent évaluées à 4.000.000'^. Bientôt la peste naquit de tout ce carnage. Le spectacle de Rome était atlreux. u Je sortis, dit Grolier qui fut témoin de tout cela ', quand il fut possible de le faire presque en sûreté. A mesure que je m'avançai vers le Forum, l'horreur, le silence, la solitude, l'infection, les cadavres ça et là étendus et fétides me pénétrèrent d'épouvante. Les maisons étaient ouvertes, les portes abattues, les boutiques vides, et dans les rues désertes, on ne voyait courir que quelques farouches soldats. » Le tableau du gentilhomme de San Miniato est aussi tragique : « Cette domination cruelle du vainqueur dura non des jours ni des semaines, mais des mois entiers, et, comme si elle n'eut pas sufii pour châtier les coupables habitants de Rome, Dieu y joignit un autre fléau. Ces troupes étrangères étaient frappées d'un tel aveuglement et poussées par une si folle méchanceté que sans cesse elles se |)ermettaient des voies de fait et des mauvais traitements envers ceux qui amenaient des vivres au marché ; bientôt, personne n'osa y retourner et la ville cessa d'être approvisionnée. Les soldats ne savaient plus où trouver de quoi subsister ; les magasins de vivres à Rome aussi bien que dans la campagne étaient épuisés. Après avoir mangé les chevaux, les ânes, les chiens, les chats et jusqu'aux rats des maisons, le bas-peuple vivait de racines, d'herbes, de chétifs aliments à peine sufiisants pour l'aider a se soutenir. Aussi les gens de cette

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