‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 37 sur 366 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

pée de tous cotés, impénétrable aux fers, presque inaccessible aux hommes? Navarre qui l'avait plusieurs fois sondée commençait à désespérer du succès, lorsque des recherches plus heureuses lui découvrirent une veine assez tendre qu'il suivit avec la dernière précision ^ » Prospero Colonna cependant comptait accabler l'armée française dans les Alpes et la tenir <( come gli pipioni nella gabbia'^ >'. Pour y parvenir, il aurait fallu plus de célérité qu'il n'en montra. Il était à Villefranche avec 1.500 chevaux environ et le connétable, en ayant été averti par le comte de Morette •^, décida de l'y saisir avant qu'il n'en fût sorti. Il confia l'entreprise à Cdiabannes, à d'Aubigny, à Bayard et à d'Imbercourt. Ils traversèrent la montagne de l'Epervier par où jamais aucune cavalerie n'était passée, franchirent le Pô qui se trouva guéable à souhait^ « et se présentèrent sur le midi à une des portes de Villefranche qui étoit ouverte. Les soldats du pape se mirent en devoir de la fermer; mais Beaiivais, gentilhomme de Normandie qui s'éloit avancé le premier, eut l'adresse de glisser sa lance entre les deux battans et la force de l'y tenir jusqu'à ce que ses camarades accoururent au bruit, poussèrent la porte et renversèrent ceux qui étoient derrière''. » Colonna fut pris'% ce qui déconcerta considérablement l'armée papale au point que le souverain pontife donna l'ordre à Laurent de Médicis de battre en retraite et de mettre le siège devant une ville sans importance comme pour faire croire à Fran-

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