‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 39 sur 366 · Marillac, Vie du connéLable de Bourbon · texte numérisé non relu

Marillac, Vie du connéLable de Bourbon

LIVKE II 65

ter cher au cardinal de Sion ; il avait môme dû se sauver. Ils envoyèrent à Verceil vingt de leurs députés '< qui tirent des propositions si déraisonnables que le duc de Savoye son frère naturel, Lautrec, etc. ne les écoutèrent qu'avec indignation^ ». Ce qu'ils demandaient était effectivement insensé-; mais le roi ordonna de souscrire à leurs conditions et avertit Lautrec, « par un billet écrit de sa main qu'il conclût l'accomodement en toute manière, parce qu'il n'étoit bien séant a un roi très chrétien de hasarder la vie de ses sujets ni même de répandre le sang de ses ennemis, lorsqu'il est possible de racheter l'un et l'autre avec de l'argent' ». Mathias Schinner revint aussitôt et profita du mécontentement de quelques-uns qui se prétendaient lésés. Il les encouragea dans leurs plaintes; n'eut pas de peine à leur taire croire qu'ils étaient dupes et qu'ils seraient victorieux s'ils tentaient la chance d'une bataille ; elle leur vaudrait la capture du plus riche roi de l'Europe et de toute sa cour. Ils n'avaient aucune bonne foi à conserver contre un adversaire qui n'en avait pas eu en cherchant lui-même à les duper; rompre le traité signé avec lui n'était au fond qu'un acte de vengeance et de justice. « Le cardinal de Sion, ditFleuranges'*, fit sonner le tambourin et assembler les Suisses, et ht là faire un rond, et lui au milieu, en une chaise, comme un renard qui prêche les poules, leur lit entendre, etc. » — Le 13 septembre, l'après-midi, les Suisses s'avancèrent, précédés pendant un certain temps, jusqu au moment du danger sans doute, par Mathias Schinner, revêtu de tous ses insignes et faisant porter devant lui la grande croix de Légat ^.

Page 1