‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 40 sur 366 · Mémoires de Fleurantes l'adventureux, ouv. déj. cit · texte numérisé non relu

Mémoires de Fleurantes l'adventureux, ouv. déj. cit

5. Belcarius, liv. XV: — Varillas, t. 1; — Mémoires de Martin du Bellay, liv. I; — Gaillard, t. 1, etc. — Marillac, parmi les arguments décisifs employés parle cardinal de Sion pour venir à.bout des derniers

La situation do l'armée royale n'était pas aussi mauvaise qu'on aurait pu le supposer. Le camp, prévenu, se tenait sur ses gardes et les Vénitiens étaient tout proches. Le roi causait justement avec TAlviane, leur condottiere, arrivé de Lodi pour prendre les dernières dispositions, quand le connétable vint l'avertir qu'on voyait les Suisses marcher en ordre de bataille'. Le

scrupules suisses, indique « quinze ou vingt s^aisseaux de vin défoncés sur l'iieure ».

i. Guicliardin, liv. 111, etc. : « Lequel camp des François, ditMarillac, trois lieues loin de Milan tirant à Marignan et l'avant-garde la première, de laquelle mondit sieur de Bourbon avoit la charge. Lequel, combien qu'il eût veu et entendu les traités dudit appointement entre le roy et les Suisses et que trois cantons d'iceux Suisses y eussent consenti, et signé ledit traité, ce néanmoins sachant que ledit cardinal étoit à Milan avec bonne et grosse troupe de Suisses, il fit faire grosse garde, guet et écoutes, jour et nuit, tellement qu'il étoit assuré de savoir ce qui pourroit survenir de nouveau. Ne pour faveur et con(ian<e dudit appointement, il ne se coucha oncq désarmé de tout harnois et que ledit guet et écoutes ne fust assis et le mot du guet baillé. Encores sur la minuit et au remuement du guet, voire à tous avertissements tant petits fussentils, vouloit-il être éveillé et savoir comme tout alloit. Et si avoit ordinairement à ses dépens dix ou douze épies qui alloient et venoient sur le quartier des ennemis, pour savoir ce qu'ils faisoient. Et bien en prit; car ledit jeudi matin que lesdits Suisses partirent pour venir combattre, l'un des dits épies nomme Michel de l'Estrade, Lombard, partit sur l'heiu'e de Milan, traversa les canals des eaux qui sont grands et profonds et s'en vint devers mondit sieur de Bdurhon, environ neuf heures du matin, étant à table, prêt à diner en son logis. Et dit à l'oreille de mondit sieur qu'assurément lesdits Suisses étoient partis de Milan pour le venir combattre, luy montrant comme il étoit mouillé en traversant les canals, ne pouvant passer par le grand chemin, parce que lesdits Suisses y étoient et venoient par là. Et pour ce que mon dit sieur de Bourbon en faisoit quelque doute, ledit de l'Estrade offrit sa tête à couper au cas qu'il fui trouvé menteur. Par quoy mondit sieur de Bourbon le bailla en garde à un de ses gentilshommes et bouta la table pour se lever, disant à la compagnie (jne homme ne bougeât. Et de ce pas s'en alla montera cheval et piqua en diligence devers le roy au lieu de la bataille où il étoit, auquel il dit comme lesdits Suisses étoient jiartis de Milan pour le venir cumbatti-e. et qu'il tenoit en sa puissance l'homme qui le luy est venu dire, lequel étoit encore tout mouillé d'avoir traversé les canals pour l'en venir avertir. Laquelle chose le roy ne voulut de prime face croire, disant «pie ce même jour les ligues et cantons des dits Suisses avoient envoyé devers luy l'appoinctement il'cntre luy et eux, signé et scellé; et le fit montrer à mondit sieur de lîourbon. Néanmoins mon dit sieur de Bourbon demeura en son opinion (pie lesdits Suisses étoient partis pour venir combattre. — Et sur ce propos arriva un gentilhomme d'armes des ordonnances lequel le capitaine Combaud envoyoit devers mondit sieur de Bourbon à l'avant-garde pour l'avertir que ledit capitaine Combaud avoit vu une grande poussière en l'air venant du côté de Milan, et qu'il se doutoit que ce fussent troupes de gens qui venoient. Et pour ce que ledit homme d'armes n'avoit trouvé mondit sieur de Bourl)on à l'avant-gai'de, il le vint chercher là où il étoit avec le roy, et luy dit lesdites nouvelles qui étoient correspondantes à

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