LIVRE I
victoires, reprit pour son compte an motconnu :« La vengeance est le plaisir des dieux. » Et Homère, avanttous, avait dit : « La vengeance plus douce que le miel... » — Mais qui donc, aujourd'hui, est capable de tels sentiments'?
Antoine de Laval, qui continua la ]'ie du coiuiétahle entreprise par Marillac, termine sur un souhait qui n'a jamais été exaucé ' : « Le reste se peut faire maintenant avec plus de facilité puisqu'il a pieu à Dieu que le roy, très auguste chef de la maison royale de Bourbon, soit légitimement parvenu à cette glorieuse couronne de France; qui fera rétablir la mémoire de ce grand duc de Bourbon, connétable de France, en dépit des imposteurs qui l'ont méchamment et injurieusement calomniée. )> — Nous ne prétendons pas venir trancher net le procès, mais essayer de faire voir les dill'érentes raisons des deux parties adverses. En lieu et place du tribunal, quelques rares lecteurs apprécieront. Le savant qui voudra bien consacrer dix ans de sa vie à écrire une Histoire du connrtahle nous sera peut-être reconnaissant d'avoir préparé le terrain de sa besogne par les notes qui suivent.
1. Dans une thèse sur Charles-Quint, nous relevons les lignes suivantes: « Un des épisodes les plus intéressants du règne dont nous nous occupons dans cette étude est certainement l'histoire du connétable de Bourbon, de sa fuite, de ses malheurs immérités et de ses exploits funestes, de sa mort enfin au moment où, jeté par les circonstances dans une position presque désespérée, allant sans savoir ou, adoré à la fois et désobéi de ses soldats, commandant une armée impériale qui n'appartenait plus à l'empereur, hésitant sans doute entre la reconnaissance qu'il devait à son bienfaiteur et une ingratitude jusque-là sans exemple, devenu sacrilège enfin par nécessité, il allait planter ses drapeaux sur les murs de la Ville Eternelle. Ce jeune prince léger, séduisant, d'une valeur brillante et qui malheureusement sut d'abord trop plaire et ensuite trop se venger, fit peut-être moins de mal encore à François 1""^ dont il défit les armées et qu'il rendit capti)' qu'à Charles-Quint dont les armes lui durent des triomphes inouïs. » — Elude sur C/iarles-Qu/nt. p.ir A. Duméril, Paris, iS'iQ. — Citons, à titre de curiosité, un livre sur le connétable, qui n'est pas fait avec la précision minutieuse habituelle à l'érudition allemande : Der konnelnble Karl von Bourbon, vun Str. Frhr. v. Schwartzenau, Berlin,