LIVRE II
les arrêta. Ils insistèrent alors avec un admirable courage. On ne se cloute pas, en effet, de la force à laquelle savait atteindre cette infanterie helvétique ni de son obstination. « Je vis, dit du Bellay, qui passant toutes les batailles vint tomber de la main sur l'artillerie du roy où il fut tué. » Un autre courut aux lansquenets pour les haranguer et leur dire qu'ils étaieni allemands comme lui. — L'artillerie enlevait des files entières; la gendarmerie harcelait en même temps sur les flancs, et cependant les Suisses résistaient encore. Le roi revint plusieurs fois à la charge et les défit au prix de grandes pertes. Plus d'un gentilhomme resta sur place, malgré l'excellence de son armure. Le fils de La Trémouille reçut soixante-deux coups avant d'être blessé mortellement. Claude de Guise, jeté à terre, vit passer sur lui des bataillons entiers et dut la vie à son écuver qui le couvrit de son corps en parant les coups qu'on lui portait. Fleuranges ne fut guère mieux trait<' et y serait demeuré comme tant d'autres « sans Monsieur de Bayart qui tint bonne mine et ne l'abandonna pas' ». Les Suisses, se sentant perdus, tentèrent un dernier effort en lançant une partie des leurs à l'improviste sur Farrière-garde française ; le duc d'Alençon qui la commandait les repoussa, et un lot de gendarmerie conduit par Maugiron et Gossé, aidé des Gascons de Navarro, acheva leur défaite'-'. L'Alviane arriva enfin et les fit reculer 3. Ils battirent en retraite en très bon ordre avec d'autant plus de facilité que le roi qui détestait les massacres inutiles et qui comptait se servir d'eux dans la suite ordonna de ne pas les poursuivre '\ « Telle fut cette