‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 49 sur 366 · Environ huit heures du matin. » — Varillas · texte numérisé non relu

Environ huit heures du matin. » — Varillas

4. Guichardin prétend que ce fut ce bon ordre de leur retraite qui contint les Français. Les historiens français parlent tous autrement. Dans la Chronique du loyal nervileur on indique comme raison qu'on pourrait bien « advoir attaire des Suisses le temps advenir »; — la suite le prouva en effet. — Guichardin dit encore que quinze pièces de gros

célèbre bataille de Marignan, la plus cruelle et la plus sanglante qu'on eût vue depuis longtemps en Italie... Aussi, Trivulce, ce capitaine qui s'était trouvé à tant de batailles, assurait que l'atTaire de Marignan n'était pasun combat entre des hommes, mais entre des féroces géants et que dix-huit actions oii il avait combattu lui paraissaient désormais des jeux d'enfants depuis la dernière journée ^ » Incident à noter, tandis qu'une partie des Suisses qui se retiraient criait : «France! » afin de se faire passer pour des lansquenets, le chancelier du Prat faillit se mêler à eux; il allait être pris, quand un de ses domestiques reconnut l'ennemi à la forme de ses chausses. Le connétable, plus tard, dut maudire la perspicacité de ce serviteur. 11 s'était, de l'avis de tous, vaillamment conduit. Le roi, dans sa lettre, le reconnaît lui-même par deux fois, dans le passage cité plus haut et quand il le représente (( ne s'épargnant non plus qu'un sanglier échauffé ». Paul Jove n'a pas dû dire la vérité quand il raconte ' tenir de François \" que le connétable, voyant son frère entouré d'ennemis, n'avait pas osé le secourir et s'était mis à l'abri. « Plus on lit Paul Jove, plus on sent avec combien de précautions il faut le lire. Peaucanons nous ^liraient été prises et que les Suisses ne pouvant les conduire jusqu'à Milan les laissèrent dans des fossés. 11 parle lui aussi avec admiration du courage royal : « Le roi même dont la personne fut souvent exposée ne dut son salut qu'à son courage personnel et à sa bonne fortune. Il s'était vu très souvent tout seul et séparé de ses gentilshommes par la confusion de la mêlée. » Il était de plus reconnaissable entre tous par sa cotte d'armes d'azur semé de tleurs de lis d'or. Les agents vénitiens disent également qu'ils virent le roi la pique à la main au plus fort delà mêlée. — Au sujet du connétable, il faut citer enfin l'épisode suivant : « Une l)cnde desdictz Suisses qui s'estoyent retirez à l'avant-garde que conduisoit ledict duc de Bourbon, comme gens aveuglez se mirent en une cassine où ledit seigneur de Bourbon les fist tous brusler. » Clu-onlque du roy François, p. 14. — Voir aussi : Journal d'un bourgeois de Paris, p. 24.

1. Guiciiardin, Id. — Trivulce aussi fit face aux plus grands dangers, notamment en courant à un moment seul au milieu des lances pour défendre son porte-enseigne qu'un gros de Suisses enveloppait ; son cheval fut percé de coups ; son casque dépouillé de ses plumes, et il allait même succomber sans un renfort iuunédiat qui arriva au bon moment — P. Jove, liv. XV.

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