‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 67 sur 366 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

femme ne pouvait lui donner d'autre enfant bien portant, ait prévu le cas où elle mourrait. Bien que Marillac nous la représente « faisant aussi bonne chère qu'on luy vit oncq faire », elle était presque certainement malade à la suite du double malheur qui venait de lui arriver; et le connétable pensait à l'avenir. M. Paris lui en fait un grief; tout le monde cependant eût agi de même à sa place. Suzanne de Bourbon instituait son mari seul héritier avec des droits absolus. Une des clauses du testament contenait que ces droits d'héritage seraient reportés sur les enfants de son mari, même s'ils étaient nés d'un autre mariage ; elle stipulait nettement qu'ils ne pourraient être inquiétés par « quelque personne ou moïen que ce soit '. » Je persiste à dire que je ne vois rien là que de très naturel.

Les rapports du roi et du connétable continuaient à demeurer excellents, au moins en apparence, car François aurait, paraît-il*, été jaloux du luxe déployé par « son frère » à l'occasion du baptême de son fils. Nous voyons Bourbon partir pour Chàtellerault'^ avec sa belle-mère sur le désir exprimé par le roi de l'avoir auprès de lui pour célébrer les fêtes de la Noël. La réception qui l'accueillit fut, comme les précédentes, splendide. La Cour gagna ensuite Poitiers, puis La Ro- ■chelle et Saint- Jean-d'Angély. Le connétable reconduisit François P' jusqu'à Cognac^ où Louise de Savoie se plaisait tout particulièrement. Il vint voir le dauphin à Blois, puis gagna Paris « pour l'accompagnera la vue de luy et du roy d'Angleterre qui se devoit faire le

1. Cité par Paulin Paris qui n'indique pas la source de ce texte.

Page 1