LIVRE II
Bourbon? Oui ou non, si celte première hypothèse est admise, Charles a-t-il répondu à cet amour au début pour le briser ensuite, — ou bien la-t-il immédiatement dédaigné? — ou bien enhn n'y a-t-il jamais rien eu de tout cela?
11 faut l'avouer, le roman d'un amour entre Louise de Savoie et le connétable présente une singulière vraisemblance. Celui qu'a raconté Varillas^ est exagéré; des erreurs de dates et de détails montrent la part trop grande qu'y a prise l'imagination de l'auteur ; quant à en nier le tond même, je ne crois pas que ce soit juste. Ceux qui l'ont fait- n'ont pas remarqué que Varillas écrivait à une époque où les récits de la Cour de François I" vivaient encore dans beaucoup de mémoires ; ce demi-historien ne se fût pas risqué à inventer de toutes pièces une fable de son cru. Il est assez naturel, au contraire, que les contemporains n'en aient pas parlé. La duchesse d'Angoulème était la mère du roi, ce qu'il ne faut pas oublier, et l'amour dont il était question n'avait pas tourné à son avantage; on ne se fût pas privé de tenir rigueur en haut lieu à celui qui se serait risqué jusqu'à en décrire les incidents. Ce qu'on appelle la chronique scandaleuse n'éclot pas de suite dans un livre, surtout à une époque oii l'ère des pamphlets ne pouvait exister; si des critiques railleuses éclataient, c'étaittoujours dans les limites d'une société choisie. Ceci constaté, comment s'étonner que le premier écrivain qui ait parlé de celte passion funeste fût un