M. Paris et d'autres
102 LE CONNÉTABLE DE BOURliON
étranger, historien flamand, Adrien von Baarland ? Lui seul pouvait alors risquer la chose. Le Ferron, je le sais bien, s'est opposé en 18r)6 à ce récit et Ta déclaré absurde. Je me demande si son indignation n'est pas de commande : « Jamais, dit-il, on n'avait imaginé pareille chose en France. Le disproportion des Ages, la sagesse de la régente, le bon sens du roi suffisaient à écarterune telle pensée. » Le bon sens du roi n'a rien à faire dans une aventure de cœur avec Louise de Savoie qui a sans cesse dominé son fils; quant à la sagesse de la régente, je m'en porterais d'autant moins garant qu'elle trouvait un intérêt dans sa folie, espérant à la fois s'attacher un homme agréable et faire revenir par ce moyen les terres de Bourbon à la couronne; enfin, la disproportion d'âges n'est pas un motif suffisant. Si j'admets en effet quelamère du roi n'a jamais ressenti cette passion, comment puis-je comprendre qu'elle fasse donner le commandement de l'armée au duc d'Alençon, car les historiens avouent qu'elle fit enlever au connétable le poste qui lui revenait directement? Comment puis-je comprendre le procès qu'elle va lui intenter?
De ce qui précède, en tout cas, on peut inférer qu'il y eut lutte entre le connétable et Louise de Savoie, et ce qui reste à fixer est ceci : Cette tentative de mariage vint-elle d'un intérêt politique ou d'un sentiment. C'est qu'ici toutes les contradictions se croisent et s'enchevêtrent de plus en plus. Baarland, en effet, veut que le roi ait donné l'ordre à Charles d'épouser sa mère. Macqueriau, Beaucaire et Pasquier prétendent que la régente à été follement éprise du connétable et qu'elle lui intenta le procès connu pour se venger de son mépris. Varillas arrive ensuite qui a tiré un grand parti des historiens précédents. — Nous sommes forcés de nous étendre sur tout ceci et de mettre l'une à côté de l'autre les versions différentes afin d'arriver à ce qui apparaîtra comme le plus vrai, — car la vérité absolue