LIVRE H
me paraît si indiscutable qu'il est inutile d'insister davantage, et je me dispense de citer les nombreux exemples d'influence fe'minine qui me viennent à l'esprit. Enfin, quant à faire remarquer que le duc de Bourbon était marié au moment des fiançailles et du mariage de François, malgré la morale, je ne puis m'empêcher de trouver l'argument puéril ; il l'est d'autant plus que Suzanne de Bourbon, comme nous l'avons déjà constaté, était contrefaite et ne devait guère encourager à une fidélité toujours fort rare, surtout chez un prince. L'erreur de Varillas est donc de parler d'un mariage possible entre Louise et Charles; et il y a là une question de dates qui permet de mettre en doute tout le début de son récit. Mais, ne nous arrêtant pas à cette erreur, si nous admettons que Louise connut Charles avant son mariage et que Varillas ait voulu parler d'autres tournois, on comprend encore mieux l'histoire et que Louise ait été séduite par Bourbon, jeune homme. On voit la jalousie croissante d'Anne de France qui lui destinait sa fille et qui, après avoir considéré cette aventure comme une passade de jeunesse, finit par la trouver gênante; on comprend le plaisir qu'elle eut à la briser au moins momentanément, en refusant sa fille au duc d'Alençon et en la donnant au connétable. Enfin, le mariage une fois fait, comment s'étonner qu'après quelque temps Louise se reconnaisse un cœur toujours tendre envers l'ingrat, « et qu'elle s'étoit trompée en prenant pour l'amortissement de sa passion le dépit sous lequel elle s'étoit cachée^ ». Varillas a tort d'attribuer à sa seule influence l'épée du conné tablât octroyée par Louis XU; au moins peut-on penser qu'elle rappela souvent à son fils la promesse du roi mourant, heureuse de fournir ainsi à son amant une nouvelle preuve d'amour; et il fallait bien qu'elle l'aimât pour agir de la sorte. « Son