Varillas, p
est cousue de fil blanc, dévoile nettement le but qu'elle veut atteindre et ne répond en rien à l'intelligence d'une pareille femme; elle est de plus maladroite au point de rendre légitime pour tous la révolte de Bourbon ; aux yeux de la Cour et du monde destinés à juger le procès qui, dans l'esprit de Louise, doit suivre, elle lui vaut une posture par trop désavantageuse. Jamais du Prat n'a donné un pareil conseil; on ne peut guère admettre que les deux compères eussent espéré par là faire aboutir le connétable à une trahison que rien, dans sa conduite, ne permettait de prévoir, ni même de supposer possible, surtout que, même après la disgrâce de Valenciennes, il va continuer à servir fidèlement. On ne peut penser davantage qu'à cette politique se mêle une passion subitement éclose; on pourrait croire plus justement que cette passion existait chez la régente depuis quelque temp et qu'elle fut heureuse de saisir une occasion pour la révéler tout à coup ; mais n'apparaît-il pas bien plus vraissemblable que Louise ait aimé Charles dans sa jeunesse : une sorte de tendresse est restée entre eux par dessus ce qu'ils ont pu vivre l'un et l'autre, une de ces tendresses déraisonnables et tenaces que l'âge ne déracine pas, au contraire, tendresse faite à la fois de vice et d'amitié, de faiblesse et de grandeur, car il y a dans cette chaîne singulière une force trop puissante pour que la lâcheté seule puisse la maintenir; et Louise qui vit avec douleur et plaisir la violence de ce sentiment espère en lui pour réaliser son double souhait de bonheur et d'ambition, sa tranquillité damanteet de mère; amoureuse, elle aura Bourbon, quand même, auprès d'elle; maternelle, elle tiendra en laisse l'homme qui pourrait devenir le rival dangereux de son enfant. Le connétable, de son côté, veut bien conserver sa vieille maîtresse pour cet âpre plaisir qu'elle lui donne et qu'il ne trouve qu'auprès d'elle, mais il refuse d'aliéner sa liberté, son avenir et celui de sa maison qu'il met, comme un bon