LIVRE II
circonstance, à la royauté '. Néanmoins le procès s'engagea devant le Parlement de Paris en janvier 1522. — Auparavant il nous faut mettre à leur place quelques incidents que M. Paulin Paris, pour soutenir sa thèse, a déplacés, en ce sens qu'il les raconte quand il a dit déjà le procès engagé et lorsqu'il ne l'était pas encore. Il obtient en effet, par cette falsification de dates, une accusation contre le connétable en le montrant qui suit l'armée royale et y combat alors que, d('jà, il négociait avec Charles-Quint., — Il ne le pouvait pas, puisque, au moment de la prise de Hédin, sa femme n'était pas encore morte et que, par conséquent, Louise de Savoie n'avait pu attaquei" la succession ni lui faire parvenir aucune proposition de mariage. De même M. Paris intervertit l'ordre quand il met l'incident raconté par Sampson - en 1521. Cette lettre commence « au moment oîi sa cause se plaidait devant la justice...-'»; or le procès ne fut entamé qu'en 1522, et la lettre de Sampson est de 1523. L'autre accusation, au sujet de iM"'' de lieux, n'a rien de précis pour se soutenir ; elle vient uniquement de l'interprétation des faits qui sont ceux-ci ; nous les citons d'après du Bellay : « ... Arrivèrent nouvelles que dedans Hédin il n'y avoit aucunes gens de guerre, et en eut l'advertissement M. de Vendosme, et que le lendemain se devoit faire une grande assemblée audit lieu de Hédin, pour faire les nopces de la fille du receveur général d'Artois, soubs opinion que notre armée feust encore
1. Journal d'un bourgeois de Paris, ouvr. déjà cité. — « Pour la première fois, dit Henri Martin dans son Histoire de France, le l'arleuient ne montrait aucun zèle à soutenir la couronne contre un grand vassal. Le concordat, les créations fiscales de du Prat, les violences et les dédains d'un roi qui méprisait tout ce qui est forme et règle, avaient profondément blessé la magistrature et suscité un esprit de parti inconnu jusque-là dans ce grand corps. Au retour du voyage du Bourbonnais où les commissaires du Parlement avaient été fort bien reçus par le prince qu'on les chargeait de dépouiller, des remontrances avaient été présentées par le Parlement au chancelier sur les affaires publiques ; le chancelier avait mis les députés en prison. »