‹ Le connétable de BourbonChapitre 22 sur 26 · IN · texte numérisé non relu

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Marco Venier se précipita isur le parcheollin que la reine venait de signer et de faire sceller de ses armes, et il le mit en pièces au moment oi!i Georges Corner allait s*en emparer. Le frère de Catherine , rouge de honte et de colère , s'échappa du palais pour aller quérir du renfort. Les cris de : Vive la reine ! accueillirent la retraite de Catherine dans ses appartements.

Le peuple de Nicosie en apprenant le service qu*il devait à Marco Venier, nelui ménagea point les ovations , et le courageux chevalier de Saint-Jean , porté en triomphe par toute la ville , eut hien de la peine *à s'arracher enfin à l'enthousiasme qu'il avait provoqué. Vers le soir , il se mit en marche pour regagner son logis , escorté d'une députation de douze artisans en état complet d'ivresse , qui , des torches de résine à la main , éclairaient en chancelant sa marche triomphale. Comme le cortège tournait l'angle d'une petite rue obscure , une troupe d'archers portant sur leurs hoquetons l'effigie du lion de Saint-Marc, fondirent à rimproviste sur la députation , qui se débanda au premier choc. Marco Venier dégaina bravement son épée, et', il s'apprêtait à vendre

- rtS- ^ïfaèrement sa vie , l(Nrsqa*iiBe nouvelle troupe plus nombreuse que la première vint s'interposer entre les archers et lui.

— Nous réclamon» ce prisonnier comme sujet de la sérénissime république de Venise , dit l'officier qui commandait les archers du baile.

— Et nous , répondit le chef de l'autre bande armée , nous nous emparons de sa personne parce qu'il appartient à l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem , dont nous portons Fhabit.

Ce conflit de juridiction demeura à l'avantage des plus forts. Marco Yenier fut conduit à la Tour des Chevaliers et jeté dans un ca* chot, les pieds et les mains garrottés. Il subît le lendemain un sévère interrogatoffé, dans lequel il apprit qu'il avait été dénoncé la veille comme ayant oublié ses devoirs jusqu'à donner à ses frères et an public le scandaleux exemple d'un coupable amour au mépris de ses vœux prononcés au pied de l'autel. Six mois de cachot devaient être le prix de sa faute.

En se voyant éloigné de Catherine dans un pareil instant , Mareo Yenier rugit comme un lion à la chaîne. 11 passa deux jours et deux

nuits datt$ la plu» kwriUf inquîélQde , qaea^ tiaimant eu vais sur le 8prt de la reioe les frères servants de Tordre qui venaient sâen* oeusemeat lui afif>orterMehétive noiinriture. La troisième nuit enfin , il entendit la porte de son cachot s'ouvrir , et il put distinguer près de lui le frôlement d'un manteau. Une voix douce Ti^pela dans l'obscurité.

— Que me voulez-^vous î demandait-il.

— Vous rendre k la Ubené^ luirép4«ditmn.

— A la liberté? murmura Marco en levant la tète. Mais comment sortir de cette toiur.

"^ Avec de For» Marco, it nVat pas de porte qui ne s'ouvre, pss de mur A épais qu'il ne puisse donner paasage 4 deux hommes.

Yenez I

Marco recomiut la voix qui lus parkût*

. — Vous êtes Georges dorner, dît-il ea. re* tirant sa mam.

-* Oui, c'est moi le ûrère de la veine.

--r De la reine ! répéta le ptriaeonier. Mais puts-je me fier à vous? Ne me tendez^vous pas un piège ?

-^ Mareo Yenier , intcrreoipia la voix , serait>îl accessible à la peur ?

— ie ne suis pas armé.

-^ VoUà mon épée.

Pour toute réponse le furisonmer prit l'anne qu'on lui présentait; il en rejeta le fourreau, et saisissAiit la lann^ dans ses deux mains:

— A cette heure , dit-il , je ne crains plus que vous me trahissiez. Je vous suas ; marchons.

Ils furent bientôt hors àe la tour. Georges Corner cheminait sans armes à c6té de Marco.

Aucun ennemi ne se présent^ait , le bruit de leurs pas résonnait seul dans le profond si* lence de la nuit.

— Où me conduisQz*vons? demanda Maroo à son compagnon.

— • Au palais de la reine, où tous attend Onofrio, votre ami. Êtes^vons rassuré mainte* naot sur mes mitenl;ions à votre égard?

-^ Je le suis.

— Ainsi c'est Georges Corner, votre en* nemi, comme vous l'appelez, qui vous délivre des cachots de la Tour Saint-Jean , où votre ami Onofrio vous avait fait enfermer.

-** Onofrio n'est pas un traftre, repartit vi* vement Marco Venier.

— Onofrio est un espion du Conseil des

Dix. Cest lui qui vous a fait saisir par les gardes du commandeur de Saint-Jean. Quelle preuve en voulez-vous? son propre aveu ?

— Il ne fera pas cet aveu.

— S'il le fait, quel châtiment mérite sa trahison?

— Il ne le fera pas ! vous dis-je.

— Entrez et vous jugerez vous-même.

La porte du palais de la reine s'ouvrit à la voix de Georges Corner et se referma lourdement sur les pas de Marco. Son libérateur le quitta en souriant au seuil d'une salle verrouillée et gardée par deux soldats vénitiens. Onofrio se leva dès qu'il aperçut le jeune hospitalier de Saint-Jean.

— Vous ici , Marco! s'écria-t-il avec un étrange accent de terreur. Ah ! tous mes offorts ont donc été vains ! Les cachots de la Tour Saint-Jean n'ont pas même eu le pouvoir de vous retenir !

— Répondez, Onofrîo ! balbutia Marco, pâle de colère , en entendant cette exclamation dont le sens était déjà pour lui assez clair. Répondez ! qui m'a dénoncé au commandeur de la Tour.

— C'est moi, Marco.

— Est-ii yrai que tous soyez un espion aux liages, du Ceoseil des Dix?

— Je ne le nierai pas, Marco, puisque vous savez mon secret.

.Misérable! s'écria le chevalier de Saint- Jean en frappant Onofrio de l'épée qu'il tenait à la.main.

— Marco ! balbutia le blessé, qui tomba tout sanglant, vous commettez un meurtre infâme!

que D^u vous le pardonne! Je vous sauvais des vengeances de Venise en vous dénonçant au commandeur de la Tour; vous êtes maintenant dans les mains de vos bourreaux.

. Un roulement de tambours couvrit la vodt mourante d'Onefrio. La porte s'ouvrit. Dix hommes armés se précipitèrent dans la salle , l'épée au poiug , et Marco Venier , en expirant sur le corps d*Onofrio, entendit proclamer au balcon de la fenêtre l'abdication de Catherine Corner et la réunion de l'Ile de Chypre aux possessions de la république vénitienne.

Catherine s'embarqua le jour même pour Venise. Afin de confirmer le don qu'ielle venait de faire à la république, elle présenta au doge , en grande cérémonie , une petite figure d'ar-

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g&tiX cMlé» inm^ aysihoUqtie de nie de Chypre. Elle reçut en écbavge des mains du doge une iMiire (i0iif tue de n^OMi métal, ^aà représentait la petite ville d'Azoli^ dans la ifarohe U4vi$aQiie, lèqueUe l«i fut assignée pour fief elpourrésidepee.

Georges Corner , à qui cet exploit yalut le reng de proourateur et une belle eoramandefie dans la nouille possession d'ontreai«r, héri&a deo imnemea rîehesses de sa sfmr «près la mort de Catherine. Il en derint pb»

twd si poissant» que le sénat l'oUigea do répartir ses biens entre ses trois fila, de marier Q^HX-^i ^ des fiUes.pauYres de familles pi^riqifnnes , et de leur hàtirà Venise de magni^ ùqvm paloiâ.

fil».

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