‹ Le connétable de BourbonChapitre 7 sur 26 · V. — Quel funeste vertige, ma mère · texte numérisé non relu

V. — Quel funeste vertige, ma mère

— Appelle ta mère! oui, appelle-la ) je ne te ferai |ias plus de grâce qu'ils n'en ont fait à mes enfants!

Elle poursuivît d'une voix formidable en loi saiaiasaat le bras :

Tu vas mourir ! te dis-je.

Suzanne fit un effort pour éehapper h ceit»

étreinte.

— A mon secours ! s*écria-t*elle, qudqn'un neviendra-t-il pas? Je n'ai pas la force de me faire entendre. Ma mère ! tous ne voulez pas tuer votre fille! cela n'est pas possible!

— Toi, ma fille! Allons donc! crois-tu que je ne te reconnaisse pas? orois^-tu que je sois folle? Tu es la fille de ce capitaine de Ittisqnenets!

— Elle a perdu la raison ! Mon Dieu, tu ne permettras pas ce crime ! Rappele>»veiis , ma mère, que je suis votre enfant ; que vous m'a* viez crue perdue, que vous avez pleuré de joie en me revoyant ! Rappelez-vous que vous m'aimez, et que vous voulez que je vive !

Césara l'interrompit par ces mots:

— Je te dis, moi, que je veux te tuer !

— Attendez au moins que ce {Mrétre arrive !

on ne refuse pas cette grâce même aux meurtrieçs!

— Un prêtre, reprit Césara Yiscontî, mais tu n'es pas chrétienne, toi ! Tu es la fille d'un mécréant de luthérien: cela est damné en naissant! Est-ce que tu as une âme à sauver?

Et, si tu as une àme, sont-ce des paroles qui peuvent Ja rendre pure après que ta conduite infâme Fa souillée?

^ — GrAce ! grâce pour votre sang! ma mère f

— Demande grâce à Dieu , non pas à moi !

s'écria la malheureuse folle en terrassant sa fille mourante et qui ne se défendait pas»

Suzanne de Langenfeld ! on n'obtient pas de grâce de la mère qui a perdu ses enfants !

— Bourbon! Bourbon! balbutia Suzanne ^ ta destinée fatale nous entraîne tous avec toi! Dieu me punit de t'avoir aimé!... A toi mon derAt soupir! à toi !...

Césara Yisconti rejeta le drap du lit sur un cadavre ; puis elle s'assit tranquillement auprès du corps immobile, et elle dit:

— J'ai fait justice !

Au même instant le colonnel Frundsberg entrait dans la tente de Suzanne, conduisant après lui un moine, le crucifix en main, et le capuchon de sa robe rabattu sur la tète.

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