‹ Le Connétable de Chester. [Des fiancés]Chapitre 17 sur 47 · Espèce de petit pain fait de la plus pure farine · texte numérisé non relu

Espèce de petit pain fait de la plus pure farine

relativement à ma fille , et qu'il m'a compté un certain nombre de guilders* , à condition que je la lui donnerai en mariage.

— Bah! bah! bah! s'écria le moine, trompé dans son attente; cette affaire n'est pas pressée ; ce n'est pas le moment de parler de mariage , quand nous sommes peut-être sur le point d'être tous tués.

— Ecoutez-moi jusqu'au bout, révérend père ; ce point de conscience a plus de rapport que vous ne pensez à l'affaire en question. Il est bon que vous sachiez que je n'ai nulle envie de donner Rose audit Vanwelt, qui est vieux et mal portant ; et je voudrais savoir de vous si je puis en conscience retirer mon consentement.

— Il est vrai que Rose est une fort jolie fille, quoiqu'un peu vive. Oui, je crois que vous pouvez, en toute sûreté de conscience, retirer votre consentement, pourvu que vous rendiez les guilders bien entendu.

— Oui, mais c'est là que le bât me blesse, bon père. Si je rends cet argent , je me trouve réduit à la misère la plus profonde. Les Gallois ont détruit tout ce que je possédais, et cette poignée de guilders est tout ce qui me reste pour tâcher de me frayer un nouveau chemin dans le monde.

— Et cependant, mon fils, il faut rendre l'argent, ou tenir votre promesse ; car que dit le texte saint? Quis habitabit in tabemaculo ? Quis requiescet in monte sancto ? c'est-à-dire : Qui habitera dans le tabernacle? Qui montera sur la montagne sainte? Faites attention à la réponse : Qui jurât proximo, et non decipit. C'est celui qui tient la parole qu'il a donnée à son prochain. Croyez-moi, mon fils ; que l'amour d'un vil lucre ne vous fasse pas manquer à votre promesse. 11 vaut mieux avoir l'estomac vide et le ventre affamé, avec une bonne conscience , que de se bien nourrir de manque de foi et d'iniquité. Voyez notre feu maître (puisse son âme être dans le séjour de la paix!) il a préféré périr dans un combat inégal , en vrai chevalier , plutôt que de devoir la vie à un parjure , quoique ce ne fût que le verre à 'la main qu'il eût fait une promesse inconsidérée au prince gallois.

! — Hélas ! voilà précisément ce que je craignais, mon bon père ! il faut donc que nous ouvrions les portes du château à Gwenwyn , ou que je rende au Gallois Jorworthles bestiaux que j'ai eu l'adresse de» me procurer pour approvisionner le château et nous donner le moyen de le défendre.

— Comment? quoi? que veux-tu dire? s'écria le moine fort sur-

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