‹ Le connétable de LuynesChapitre 106 sur 135 · I. Amb. vén. Dép. n" io6, i8 nov · texte numérisé non relu

I. Amb. vén. Dép. n" io6, i8 nov

Nous citerons encore, pour éclaircir ce point, les dép. suivantes du nonce Zacchia à Ludov. (Bib.- Barb. LXVI, 5.) — « On attend à Venise le marquis de Gœuvres, chargé de négocier l'aftaire de la réintégration des Jésuites. (Août.) — Le marquisde Gœuvres sera reçu aux frais de l'Etat, comme c'est l'habitude de faire pour les ambassadeurs extraordinaires. (Septembre.) — Le marquis de Gœuvres est arrivé ici jeudi dernier. Il a fait aujourd'hui son entrée publique, et lundi présentera ses lettres de créance. Le nonce lui a fait la leçon, lui remettant des mémoires contenant ce qu'il doit dire pour le succès de l'affaire en question. Des nouvelles de France annoncent que le roi ne s'intéresse en somme que médiocrement à ladite affaire, et qu'il ne fait faire des instances auprès de la Seigneurie que pour être agréable aux Jésuites. (25 septembre 1621.) »)

La disgrâce du père Arnoux. 25 1

ambassadeurs firent savoir en toute hâte aux puissances que le père Arnoux, Jésuite, confesseur du roi, avait été chassé de la cour. Le roi avait pris la résolution de mettre fin, par un coup d'éclat, à une influence occulte qui entravait et faussait Faction politique du duc de Luynes. Un matin, à Nérac, le confesseur entendit, avec stupéfaction, le roi lui dire en propres termes : « Mon père, je vous tenais auprès de moi pour les secrets de mon âme, et vous vous êtes élevé, par ce moyen, jusqu'à ceux de l'Etat. Vous avez trois secrétaires à gages. C'est une preuve que vous avez à faire part de mes affaires en d'autres endroits. Aussi, je me passerai désormais de votre service. Vous pouvez vous en retourner. » On installa commodément le père dans un carrosse que l'on chargea de ses bagages, et « c'est ainsi, dit l'ambassadeur vénitien, qu'il partit avec la mortification que l'on peut imaginer*. »

Voilà un événement sur lequel ont trop rapidement glissé les historiens et dont il nous paraît fort important d'approfondir les causes. Le nonce

I. Pour tous ces événements : Amb, flor. Dép. du i5 dcc. 1G21 *. — Amb. flor. Dép. du i^i'déc. 1621. — Amb. vén. Dép. n" 107. De Lyon, iG déc. 162 1. — Amb. vén. Dép. n» 9, 5 déc. 1621 *.

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du pape était indirectement visé par le coup qui frappait le confesseur. Ecoutons-le donc ; c'est sa propre justification ou plutôt celle du Vatican, en même temps que l'apologie du père Arnoux qu'il nous présente dans la dépêche suivante :

« Ce bon père Arnoux, sans qu'il ait en rien démérité, ni commis aucune imprudence, a été éloigné de la personne du roi. Il était très-avant dans l'affection de Sa Majesté et servait mieux la bonne renommée du roi que d'autres intérêts particuliers bien connus. Et comme on le savait homme de conscience et de cœur, franc et ferme dans ses desseins, on craignait qu'il ne fiât capable démettre toute nue la vérité des choses sous les yeux de Sa Majesté. Ces considérations, coupablement suggérées par des gens amis de l'adulation, dans l'esprit de celui qui avait le pouvoir, ont été la cause de la résolution qui a été prise. Voilà le véritable motif. Mais on a donné pour prétexte que son opiniâtreté à contrecarrer l'accord que l'on voulait conclure avec le duc de Rohan, si peu sûr et si peu utile qu'il fût, avait été l'origine des revers éprouvés sous Montauban*. »

Nous avons déjà eu Toccasion de montrer non-

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