I. Amb. vén. Dép. n» ii, lô déc
2 54 ^^^ Jésuites.
le parti du Vatican avait décidé de ne point s'arrêter en chemin et il poussait le roi à prendre des résolutions dont l'imprudence est vraiment surprenante. L'ambassadeur vénitien, en jugeant sévèrement la politique du père Arnoux, s'exprime sur ce point d'une manière beaucoup plus explicite et plus digne d^un homme d'Etat que le nonce * :
(( On attribue, dit-il, le changement qui est survenu à la jalousie et au mécontentement du connétable, qui voyait grandir le crédit du Jésuite auprès du roi par le moyen de la conscience. Le connétable, en outre, l'a trouvé durement contraire à ses propres opinions, particuHèrement lorsqu'il s^est opposé à l'accommodement général dont traitait le duc de Luynes avec Rohan ; celui-ci se faisait fort, moyennant une somme d'argent, le gouvernement des places du Languedoc et une amnistie générale, de mettre Montauban au pouvoir du roi, même avec cette condition que les fortifications nouvelles seraient rasées. Mais comme, en raison de l'opposition du Jésuite, le gouvernement n'a point accédé au parti proposé, on a persévéré dans des errements qui ont tourné au détriment du service du roi et à l'avantage des