‹ Le connétable de LuynesChapitre 109 sur 135 · Amb. vcn. Dcp. n» 9, 5 dcc · texte numérisé non relu

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La disgrâce du père Arnoux. 2 55

huguenots. Mais il y a plus : au moment du départ de Toulouse, le Jésuite, ainsi que d'autres membres du conseil, voulait que le roi se contentât de laisser un rideau de troupes devant Montauban, comme devant la Rochelle, et qu'il passât dans le Bas- Languedoc, pour se rendre maître des autres places des huguenots. Mais le connétable s'est obstiné dans l'opinion contraire et a fait exécuter les opérations qui sont en train de s'accomplir, en se fondant sur la nécessité d'assurer la possession de ce qui est acquis. Le Jésuite est donc demeuré seul constant dans une opinion qui a été la mère de sa disgrâce. »

Une courte explication est nécessaire pour faire ressortir toute la valeur de ces dernières informations du diplomate vénitien relativement à la question militaire. Les villes de Monheur et Sainte- Foix s'étaient mises en révolte contre le roi. La nouvelle en était arrivée à Louis XIII pendant son séjour à Toulouse. On avait, dans cette capitale du midi, élevé des arcs de triomphe et préparé une splendide réception au roi de France, hommage déplacé, si la retraite avait eu le caractère désastreux qu'on lui a attribué. La venue de Louis XIII fut cependant trop précipitée pour que les apprêts tussent complets; il demeura pendant quelques

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jours en appareil tout privé à Toulouse, puis il y fît son entrée officielle ^ On le supplia d'y prendre ses quartiers d'hiver, afin de ne point laisser son entreprise inachevée. Mais le connétable et le conseil lui firent prendre la détermination de revenir sur Paris et d'en finir avec la résistance de Sainte- Foix et de Monheur^.

C'était évidemment le parti le plus sage ; car il suffit de jeter les yeux sur une carte pour se convaincre que la prise d'armes de ces deux villes, dont la principale , Monheur, est située sur la rive gauche de la Garonne, un peu avant le confluent du Lot, n'était qu'une première tentative pour couper au roi, qui voulait revenir de Toulouse par Nérac, la retraite vers le nord. Aussi nous semble-t-il que Richelieu se met quelque peu à l'aise avec la question stratégique, lorsqu'il écrit que la résolution de ce nouveau siège n'était inspirée au connétable que « par l'espoir d'effacer la mémoire des choses passées, d'éluder la honte du dernier siège par la gloire d'une nouvelle prise. » La raison militaire primait ici de toute la force d'une nécessité absolue les considérations politiques Quant à l'idée du confesseur d'engager le roi encore

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