LA MORT DU CONNETABLE
Maladie du connétable sous les murs de Monheur. — Sa mort, — Attitude du roi. — Injuste animosité de la foule contre la mémoire du duc de Luynes. — Sentiments de la cour de Rome. — Résumé.
La disgrâce du père Arnoux fut le dernier acte du connétable. A la veille de sa mort, il avait repris son empire sur le roi dans toute sa plénitude -, il avait affranchi son maître d'une influence désastreuse, au point de vue des intérêts politiques du pays.
Le gouvernement se trouvait donc raffermi, et Ton pouvait espérer que les causes de tiraillements étant supprimées, une direction plus sûre serait imprimée aux affaires, lorsque le connétable de Luynes, par une étrange et mystérieuse fatalité, disparut tout à coup de la scène qu'il avait remplie de réclat de sa prospérité. Pendant la retraite, qui
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s'accomplissait par une saison malsaine, le connétable, précédant le roi, était à son poste ; il avait établi son quartier à Longuetille, en vue de Monheur, dont le siège était conduit sous ses yeux.
Tout à coup les affaires parurent dans un désarroi plus grand qu^elles n'avaient été jusqu'alors ; Tambassadeur vénitien faisait demander audience au connétable sans recevoir de réponse^ il ne tarda pas à apprendre que le duc de Luynes était malade. Le conseil se tint au commencement dans la chambre du connétable, où le roi venait souvent, et jusqu'au dernier moment, les ambassadeurs étrangers ne témoignèrent aucune inquiétude. Le duc fut cependant, en moins de quinze jours, enlevé par une maladie contagieuse qui décimait Tarmée royale, la fièvre pourpre ^ Voici les détails qui sont donnés à ce sujet par l'ambassadeur florentin :
« Le connétable a été malade quatorze jours, et, dès le commencement, on a pu voir qu'il était en danger, quoique l'on fît courir le bruit que ce serait peu de chose, pour ne point apporter de trouble dans les affaires. Le sixième jour eut lieu l'éruption, et l'on donna aussitôt l'ordre à ceux qui