‹ Le connétable de LuynesChapitre 114 sur 135 · I. Amb. vén. Dép. no« 7, 8 et 9, 5 déc · texte numérisé non relu

I. Amb. vén. Dép. no« 7, 8 et 9, 5 déc

La mort du connétable. 265

approchent le roi, en raison de leurs charges, de ne plus entrer dans les appartements du connétable. Monseigneur Ruccellaï est le seul qui soit resté auprès de lui, avec une admirable assiduité, jusqu'à son dernier soupir. Le 8, jour de la Conception de la très-sainte Madone, le connétable se confessa au père recteur des jésuites d^Agen, que Ton avait fait venir exprès, et il communia. L'éruption rentra ensuite, et Ton désespéra du connétable. Le quatorzième jour de sa maladie et le i 5 du mois de décembre, il passa de cette vie à Tautre ^ »

Les dernières préoccupations, les suprêmes pensées du connétable à son lit de mort, sont dignes d'être tirées de Toubli ; on ne peut s'empêcher d'être ému en lisant ces lignes du Florentin :

« Au commencement de sa maladie, le connétable écrivit au roi quelques billets pour lui recommander ses enfants, s'il venait à mourir. Et bien qu'on ne les ait point présentés à S. M., dans l'appréhension de la contagion possible du mal, on lui en a cependant répété le contenu, et le roi, à plusieurs reprises, a fait parvenir des paroles de consolation au duc de Luynes ; on lui a dit de sa part d'être bien assuré qu'il porterait

[. Amb. flor, Dép. du i8 déc. 1621 *. Cf. Amb. vén. Dép' no I j, 16 déc. 1621.

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toujours à ceux qui lui appartenaient la même affection qu'il lui avait portée et qu'il lui portait è lui-même. » L'affection du roi ne se démentit donc point à la dernière heure du connétable, et il tint la promesse faite au mourant. Il se déclara en effet, quelque temps après, le tuteur du fils que laissait le connétable, lui confirma le gouvernement de la Picardie et la plupart des offices de son père. Le duc de Chaulnes fut aussi nommé lieutenant et administrateur de la province pendant la minorité de l'enfant*.

Le duc de Luynes ne montra point de faiblesse devant la mort. Il envoya dire au roi qu'il pardonnait à tous ses ennemis, et en particulier au père Arnoux. « Gela a fait beaucoup parler, dit l'ambassadeur fiorentin ; car il paraissait à plusieurs qu'il aurait dû plutôt, fût-ce par humilité seulement, demander pardon pour lui-même. » Nous ne nous associerons point à ce jugement. Le connétable n'avait rien à se reprocher vis-à-vis du père Arnoux. Le mot du duc de Luynes est moins hautain que celui que l'on prête à Richelieu dans la même extrémité *, mais il est plus juste et il a de la no-

I. Voir, pour l'exécution des promesses du roi à l'égard de la famille du connétable, notre prochain volume, La cour et

LE GOUVERNEMENT DE LouiS XIII, DE lôll A 1624.

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blesse; rennemi du connétable avait été un ennemi de rÉtat.

Il est difficile de savoir au juste quels furent les sentiments de Louis XIII pendant la maladie et après la mort de celui qui avait dirigé presque en maître les affaires de son État. « Ce prince, dit Tambassadeur florentin, n^avait jamais pris bien à cœur les accidents qui arrivaient. » Il en fut assurément de même pour la mort si imprévue du duc de Luynes ; le roi ne s'arrêta pas longtemps aux regrets. Quant à Timpression qu'il éprouva sur le coup, de nombreux témoignages tendraient à faire croire qu'elle fut de la pure indifférenee. « Il ne fut guère plaint du roi, dit Bassompierre. » — « Le roi est parti de Longuetille « sans donner aucun signe de chagrin, » écrit le nonce à Rome*.

Il faut rendre à Louis XIII cette justice qu'il ne poussa pas si loin l'insensibilité. Le nonce, luimême, revenant sur sa première information, écrit que le roi s'est attendri à la nouvelle de la mort du connétable^; l'ambassadeur florentin nous dit aussi que le roi versa des larmes ^, et le Vénitien

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