‹ Le connétable de LuynesChapitre 115 sur 135 · Amb. flor. Dép. du 18 déc · texte numérisé non relu

Amb. flor. Dép. du 18 déc

268 La mort du connétable.

plus explicite, rapporte de lui ces paroles qui ne sont pas dépourvues de sentiment : « J'éprouve, en vérité, dit-il à celui qui lui porta la nouvelle, une grande douleur. Je Tai aimé, malgré ses défauts, parce qu'il m'aimait*. »

Louis XIII put croire pendant quelque temps qu'il était affranchi par cette surprise de la mort d'une sorte de sujétion. On le vit prendre plaisir à mettre de ses propres mains le sceau royal sur les papiers d'Etat et lire curieusement les expéditions. Il disait à qui voulait l'entendre ^ qu'il prétendait se mettre lui-même aux affaires ; il assurait, avec une sorte de jactance naïve, que, dans sa douleur, il trouvait que les choses n'allaient point mal, puisqu'il avait fait se rendre Monheur en trois jours. Louis XIII, hors de tutelle, en liberté, ne tarda pas cependant à se rendre compte du vide laissé à côté de lui par la disparition de l'homme que son choix et son affection très-réelle avaient porté si haut. « Le roi, dit l'ambassadeur vénitien, le respectait par un effet de son éducation. Il Tavait d'abord aimé pour la chasse ; il l'estima ensuite à cause de la mort de Concini, comme si, par ce coup, il avait reçu des mains de Luynes la

i> Amb. vén. Dép. n» i5, 24 déc. 1621 *.

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