‹ Le connétable de LuynesChapitre 128 sur 135 · DE DIVERSES CORRESPONDANCES DIPLOMATIQUES MANUSCRITES · texte numérisé non relu

DE DIVERSES CORRESPONDANCES DIPLOMATIQUES MANUSCRITES

Lettres de M. Gueffier résident en Suisse et vers LES Grisons, escrites a Monsieur le Marquis de Cœu- VRES, Ambassadeur du Roy a Rome.

(Bibl. nat. mss, fr. n^ 4070.)

Soleure, 3 septembre 1G20.

(( // est retourné dans cette ville depuis 4 ou 5 jours ^ ayant demeuré près de quatre mois à la cour et fait un autre petit voyage jusques sur les confins d'Italie pour y apprendre Testât des affaires de la Valteline. »

// rapporte que le massacre des Protestants en Valteline eut lieu pour prévenir un autre dont les Protestants voulurent rendre les catholiques victimes à la mi- août. Les Cantons protestants de Zurich et de Berne y envoient 3ooo hommes. Le duc de Feria riposte lui-même par renvoi enseignes déployées de plusieurs régiments et d'une nombreuse cavalerie , le tout au nombre de

358 Correspondances diverses.

loooo hommes. Gueffier reçoit tous les jours u lettres et députez de leur part pour le prix d'avoir pitié d'eux, de pardonner les insolences passées et de les aller au plus tost secourir. »

SoleurCj 17 septembre 1620.

« Dix enseignes des cantons de Zurich et de Berne s'estant jointes avec quelques autres protestantes des Grisons ont repris depuis huict jours un passage nommé Bormioparle moyen dequel ils ont rejoint la communication avec l'Estat de Venise et ont fermé celle qui s'estoit ouverte par là de l'Estat de Milan avec le Tyrol, la Valteline ne servant de rien à l'Espagnol sans ledit passage... Ceux qui sont entrez ces joursjpassez dans Bormio ont pillé et ruiné toutes les églises qui y estoient et partout où ils passent font de mesme. »

Tous les voisins arment.

Coire^ 14 décembre 1620.

Jl veut empêcher les Grisons de faire alliance avec les Espagnols et les décider à n'en point faire avec Venise. Troubles. De longue main on veut séparer la ligue grise des 2 autres et la joindre aux 5 petits cantons sous la protection de l'Espagne. La ligue grise « a bien fait voir que tout son fait n'estoit qu'Espagnolerie. »

Correspondances diverses. 35q

C(iirc, 28 décembre 1620.

// est question Je lan rupture que les députez des cantons catholiques ont fait faire à la U^uc grise, de l'accord que j'avais moyenne entre elle et les deux autres ligues et cela à la suscitation des Espagnols. » La ligue grise a résolu d'envoyer des députés à Milan.

(( Cette alliance sera la pierre d'achoppement et de scandale, car elle est trop préjudiciable à la France, et ne crois pas, puisque nous n'avons peu souffrir celle de Venise, que l'on soit pour endurer celle-là. Si je suis secouru à temps, je l'empeschcray avec l'ayde de Dieu. »

Le gouverneur de Milan est très exigeant. Il ne veut plus d'hérétiques en Valteline; garder les forteresses dixans et avoir le passage libre pour l'offensive et la défensive. — Les deux autres ligues n ont pas suivi la ligue grise.

Lettres de Mi" Pericart ambassadeur en Flandres em

1G19, 1629 ET 162I, ESCRITES A M"" LE MARQUIS DE CœU- VRES AMBASSADEUR EXTRAORDLNAIRE A ROME. — Bibl. Uat.

mss. fr. n° 4070.

Janvier 1621.

(( Et cependant nous voyons un nouveau feu qui s'allume en la Valtoline et dont j'appréhende que les estincelles ne volent bien loing; car nonobstant toutes les bonnes paroles du cardinal Zapata, du gouverneur de Milan

3(')0 Correspondances diiK'rscs.

et des ministres d'Espagne, je vois que l'on public de certains escrits contenant la justification des entreprises et actions dudit gouverneur en ladite Valtoline que l'on figure dépendante immédiatement du duché du Milan et avoir esté usurpée par les Grisons. Ces manifestes sont toujours précurseurs de quelque malheur; au devant duquel j'ay librement et franchement dit à ces Princes cy que l'on devoit courir pour en arrêter le cours, le Roy ne pouvant demeurer les bras croisez en chose où il est si avant intéressé, le scay qu'ils y ont rendu de bons offices en Espagne, qui pourront valoir extraordinairement et utilement sur l'occasion de l'ambassadeur extraordinaire que S. M. y envoyé 4, croyant que le Roy catholique ne voudra s'embarrasser dans la confusion où l'ambition et la passion de ses ministres l'attire insensiblement » F° 5o.

« J'ay veu par les lettres de messieurs Miron et Gueffier et plus particulièrement par ce que m'escrit M"" de Puisieux du 24° du passé que les Espagnols n'ont pas trouvé leur compte dans les Ligues grises, d'où ils ont été chassez rudement. Il faut croire que cela servira pour leur faire mettre de l'eau en leur vin, et que Mr de Montholon arrivant sur ces entrefaites fortifiera ces peuples en la résolution de maintenir leur liberté. » F° 58.

Page 1