I. Amb. vcn. Dép. n» 33, 2 mars
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point les moyens de pouvoir s'y résigner, si elle devenait inévitable. Dès le mois de janvier le gouvernement rendit des ordonnances pour défendre toute levée d'hommes à Tintérieur sans un exprès commandement du roi. Tous les capitaines d'infanterie et de cavalerie , ainsi que les colonels, avaient reçu Tordre de se rendre à leurs quartiers et de tenir les compagnies et les régiments prêts à marcher au premier signal du roi. C'est ce que l'ambassadeur vénitien appelle « faire montre de préparer ses armes afin de négocier plus efficacement. »
Il faut reconnaître que le temps qui s'écoulait en pourparlers servait davantage les intérêts des protestants que ceux du roi. L'assemblée de la Rochelle continuait à organiser un Etat dans l'Etat, en prélevant sur les terres et les places de sûreté du parti huguenot des taxes et des impositions destinées à nourrir la guerre civile ; elle pouvait ainsi disposer de sommes considérables. Le roi et le Parlement ne firent qu'une vaine démonstration en déclarant « coupables de lèse-majesté tant ceux qui avaient ordonné cy-devant et ordonneraient cy-après lesdites levées que ceux qui en feraient la recepte et y contribueraient. » Les huguenots avaient la prétention de n'agir que pour le bien et
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le service du roi; ils repoussèrent hautement l'accusation de lèse-majesté.
Les faits parlaient cependant contre leurs dénégations. Le duc de Guise fît saisir au port d^Arles, dans son gouvernement de Provence, un vaisseau plein de munitions de guerre, de mousquets et de grosses pièces de canon. Tout ce matériel, M. de Châtillon Pavait fait venir de Flandre pour l'envoyer à la Rochelle ; et il eut Taudace de réclamer sa contrebande de guerre en faisant valoir de détestables raisons qui se contredisaient entre elles; car tantôt il prétendait que la marchandise saisie appartenait à des particuHers, et qu'on était Hbre de chercher son profit oij on pouvait le trouver; tantôt il assurait que les armes et les munitions étaient un envoi du prince Maurice à son petit État d'Orange. Le roi Louis XIII se contenta de répondre qu'il examinerait les réclamations de *M. de Châtillon après l'accommodement des affaires des huguenots; qu'en attendant il ne pouvait tolérer ni transit, ni trafic d'aucunes armes dans ses Etats. Cette réponse ne manquait ni de dignité ni de prudence, en considération des négociations encore pendantes.
Les protestants étaient loin de garder les mêmes ménagements vis-à-vis de la couronne. On sait
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qu'ils donnèrent, au moment où Ton s'y attendait le moins, le signal des hostilités dans la sanglante guerre civile de i G2 1 . Un détachement huguenot s'empara de vive force de la ville de Privas à la fin de février. Le duc de Montmorency, gouverneur de la province, le duc de Ventadour, lieutenant du roi en Languedoc, firent de vains efforts pour reprendre la place; ils se heurtèrent contre la résistance des habitants que soutenaient des forces supérieures commandées par M. de Châtillon. Le gouvernement se montra vivement irrité de cet échec ; mais comme la saison de faire une guerre d'ensemble n'était pas encore venue, il voulut avoir recours à une dernière médiation pour amener les protestants à une soumission honorable , et il fit appel au maréchal de Lesdiguières * .
Homme de guerre expérimenté, protestant qui paraissait convaincu, et royaliste dévoué, Lesdiguières était naturellement indiqué pour jouer un grand rôle dans la crise que traversait la monarchie française. Il faut rendre au duc de Luynes cette justice qu'il ne répugna pas à donner au maréchal la place qui lui convenait. Pleinement assuré de