‹ Le connétable de LuynesChapitre 15 sur 135 · LE DUC DE LUYNES CONNETABLE · texte numérisé non relu

LE DUC DE LUYNES CONNETABLE

Les fctes de l'hiver. — Louis XIII fait Luynes connétable. — Dernières négociations avec les protestants. — Exigences de la reine mère.

Le moment des grandes décisions ne paraissant pas encore venu au gouvernement du duc de Lu^^nes, on occupa les esprits, suivant Tusage, par les divertissements du carnaval, qui commença au milieu du mois de février. Le séjour de la cour à Paris fut Toccasion d^un grand déploiement de luxe et de fastueuses profusions, dans rétalage desquelles les étrangers cherchaient naturellement à ne pas être les moins brillants.

La préparation du grand ballet traditionnel, qui devait clore dans les appartements du roi la saison dUiiver. mit une trêve aux discordes

Le duc de Liiynes connétable.

comme à rexpédition des affaires. Pendant plusieurs jours, le roi et le duc de Luynes ne vaquèrent plus qu'aux plaisirs ^ La politique n'était cependant point complètement étrangère à ces fêtes ; si elles donnaient lieu parfois à des rivalités de préséance, à des querelles^ comme il s'en élevait fréquemment dans une société qui ne laissait point d'avoir encore beaucoup de rudesse dans les mœurs, elles étaient pour plusieurs une occasion de rapprochement; et le plus ou moins d'empressement que l'on témoignait à s'y rendre n'était pas un indice qui fût sans valeur pour éclairer le gouvernement sur les dispositions de ces classes privilégiées qui faisaient alors l'opinion publique.

A cet égard, la soirée du dernier dimanche de février, qui était fixé pour la représentation du ballet de la reine ^, fut de nature à donner au gouvernement quelque confiance; la noblesse s'y rendit en très-grand nombre, ainsi que les étrangers ; l'on y vit même tout le Parlement, quoique le roi l'eût récemment assez malmené, comme on sait. Mais l'encombrement qui résulta d'un empressement d'aussi bon augure nuisit à la fête ellemême ; car il ne se trouva point de place pour les

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