‹ Le connétable de LuynesChapitre 17 sur 135 · I. Amb. vén. Dcp. n» 35, 7 mars · texte numérisé non relu

I. Amb. vén. Dcp. n» 35, 7 mars

Le duc de Luyncs connétable, 39

nous dîmes à la duchesse que^ parmi toutes les autres, Son- Excellence avait remporté Tavantage, tant pour avoir ctc la plus gracieuse à danser, que pour avoir paru, de Tavis unanime, la plus belle dame qui fut présente. Ce discours lui plut beaucoup ; le compliment, d'ailleurs, était fort à sa place. Car cette dame est, en vérité, douée de tant de grâce et de tant de beauté, que nous avons peu dit en comparaison de son mérite. »

A la suite des fêtes, la cour se transporta à Saint-Germain pour y passer le carême, et le roi se mit à chasser avec le duc de Luynes. Ce n'était point de l'inaction, ni l'effet d'une appréciation trop rassurée en face de la situation politique. Carie vieux chancelier Brûlart de Sillery, Tinterprète le plus grave et le plus autorisé de la pensée ré' fléchie du gouvernement, faisait entendre aux représentants de Venise, pour répondre à de trop pressantes sollicitations en faveur d'une action de la France en Valteline, ces paroles significatives : « Je veux vous le dire en confidence, messieurs, je ne sais ce qui va advenir de nous. Le mal est dans notre sang, dans nos entrailles. Ces huguenots ont formé un corps qui préjudicie à l'autorité du roi et qui lui enlève le sceptre de la main. A la Rochelle^ ils font leur assemblée sans en demander licence;

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ils établissent des statuts, ils imposent des charges, prélèvent de l'argent , rassemblent des milices, construisent des fortifications, comme s'il n'y avait point de roi, et qu'ils fussent, eux, les maîtres absolus. Le roi dissimule autant qu'il le peut; il fait mine de ne rien voir, avec l'intention de s'appliquer avec vigueur aux affaires du dehors. Mais les huguenots sont récalcitrants; ils ne veulent pas obéir, et de jour en jour ils deviennent plus insolents. Si Sa Majesté se met en marche pour aller hors de son royaume, il est certain que le roi d'Espagne fomentera encore davantage leur rébellion et qu'il leur donnera de l'argent pour mettre le feu à notre maison *. »

Il nous semble impossible de ne pas condamner hautement l'attitude intraitable du parti protestant et de ne pas faire honneur à la politique des ministres de Louis XIII d'avoir épuisé tous ces moyens de conciliation qui sont les premières armes auxquelles ait le plus souvent recours le bon droit. « Les favoris, disent, sous l'influence d'une assez mauvaise humeur, les ambassadeurs de Venise, ne laissent pas de rester en communication et en intelligence secrète avec les principaux chefs de la religion et de leur faire des offres très-larges

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