LK SIEGE DE MONTAUBAN. — NEGOCIATIONS
Pourparlers en vue d'un aCvOmniDJeai^nt général ou particu" licr. — Rupture des négociations. — Intrigues du prince de Condé et de Marie de Médicis.— E.neute à Paris. — Retour de la reine nièrè. — LevJe du siège.
Le siège de Montauban était à pz'inz commencé que rambassadeur vénitien écrivait à son gouvernement : « Là -bas, on s'occupe également du manège des armes et du manège de l'or. Par la force de ce dernier moyen, on a introduit dans la Rochelle la plus grande division entre le peuple et les membres de l'Assemblée*. » En matière de guerre civile, il est certain que For est puissant, et il est raisonnable d'en dépenser beaucoup pour prévenir la
1. Auib. \cn. Dép, n" 86, 7 sept. lôii. « Q.iivi si trdtt.i pari- })iciitc il nianeggio delV arnii cl anco il vidncgglo dcll' oi'o, poicli3 pcr for:^a di qitesto nelLi RocelLi vi si à nilrodottA niiA grandiss'^ divisione fra il populo et quclli dcll' Assemblcj. »
iio Le siéûc de Mon tau ban
■ir'
trop grande effusion du sang; c'est affaire de mesure et de sagesse politique ; d'ailleurs, ces pratiques ne furent pas sans effet sur un grand nombre des chefs du parti huguenot. L'idée d'un accommodement était loin à ce moment de perdre du terrain ; le connétable négociait avec le duc de Sully, M. d'Esplans avec le duc de la Force, pour en poser les bases, et l'ambassadeur vénitien justifiait la politique du gouvernament en ces ter aies : « Cet accommodement est désiré en particulier par le connétable dont la bonne fortune ne pourrait être ébranlée que par quelque désordre ou par un désastre qui vînt à l'encontre des intérêts ou de la réputation du roi. Mais celui-ci peut, avec avantage, se contenter des succès qu'il a obtenus jusqu'à présent, puisqu'il reste maître de quatrevingts places enlevées aux huguenots en un moment et à sa plus grande gloire ^ »
Ces succès mêmes, sans détruire dans l'esprit du roi les idées de conciliation, rendaient son gou-
1. Amb. vén. ibid. « Desidcrandolo in particol.vc il contesbile, la biiona fortuna del qiiale non potrebbe sturbar altro che qualche disordine o qiialchc dis.isiro, che s' incontr,7ssj agli interessi et all.i riputatioiie del Re, il qiiale piio d'avantaggio contentarsi di qucllo, che V e succcdiito fin qui, poiclie resta padrone d' ottanta pia:^:^e d'ugonotti acquistatc i)i un niomento et con grandissinia sua gloria. »
Nci^'ociations. i i i
vcrncmcnt plus exigeant sur le caractère de la convention à intervenir. Un accominodement général, même avantageux pour le roi, l'obligeait à désarmer et aurait maintenu intactes les prétentions du parti huguenot et ce qui lui restait de forces. Le roi, décidé à ménager le sang de ses sujets, et à abattre successivement les défenses de l'État qui s'était formé dans le sien , se montrait
•prêt à clore la campagne et à souscrire une convention particulière avec Montauban ; par là, ce qu'il avait acquis lui demeurait, et sa liberté d'action pour Tavenir était réservée. Nous demandons s'il n'y eût pas eu faiblesse, en Tétat des choses, à étendre davantage les concessions, et si d'autre part il ny avait pas prudence à s^en tenir aux résultats acquis pour le moment; cVst ce que le connétable de Lu3i'ies comprenait, nous n'hésitons pas à le dire, en véritable homme politique. Mais les chefs protestants ne voulurent entendre parler
. d'abord que d'un accommodement général ; le duc de Sully soutenait avec opiniâtreté cette prétention * . L'attitude de la population de Montauban, hésitante au commencement du siège, puisqu'elle avait envoyé à Louis XIII des députés chargés de lui