‹ Le connétable de LuynesChapitre 50 sur 135 · Amb. vcn. Dép. n° 100, 12 oct. luiii · texte numérisé non relu

Amb. vcn. Dép. n° 100, 12 oct. luiii

Négociations. 1 1 3

Le même diplomate confirme peu après ces renseignements : « J'apprends, dit-il, d'une source sijre, que raccommodement espéré pour les affaires du royaume s'est évanoui en tout et pour tout. Le duc de Rohan a été trouver le connétable, qui lui a fait un accueil des plus caressants et des plus courtois. Il est resté à déjeuner avec lui le matin ; ils ont négocié ensuite toute la journée ; mais, en fin de compte, les propositions faites n'ont été consenties par aucune des deux parties. La conférence a donc été rompue sans qu'aucune résolution ait pu être prise; le duc de Rohan est retourné à Castres tort mal satisfait et avec la résolution très-animée de soutenir de tout son pouvoir les assiégés de Montauban *. » Ceux-ci, de leur côté, semblaient prendre à tache de justifier la décision du chef du parti en s'emparant un instant, le même jour, des tranchées et en faisant sauter les poudres de l'ennemi.

A ce moment, Louis XIII se mit en scène, d'une manière plus personnelle et plus résolue que d'ordinaire. Exaspéré par les échecs de sa diplomatie et de ses armes, il manifesta publiquement les volontés les plus énergiques ; il alla jusqu'à déclarer

I. Amb. vcn. Dép. \\° loi. Orléans, i8 oct. 1621*. — Cf. Ml'iii du duc de Rohan (col. Mich.), p. 527.

114 ^^ siège de Montauban

que le connétable n^aurait pas du traiter avec le duc de Rohan, et que cela s'était fait à son insu; il ne convenait point, disait-il, de persuader des rebelles par laraison, et de se confier en eux ; ce n^était ni le temps, ni le lieu -, il n'y avait qu'une chose à faire avec eux, c'était de les châtier comme ils le méritaient, et comme lui, le roi, entendait qu'il fût fait de toutes manières. L'ambassadeur ajoutait aux détails précédents ces mots décisifs : « Le roi est plein de courage et de résolution; mais le connétable est fatigué et plein de doutes *. »

Ge& doutes ne s'expliquaient que trop ; d'autres considérations que celles qui résultaient des vicissitudes de la guerre en elle-même préoccupaient Tesprit du connétable et le poussaient à envo3^er encore dans la ville de Montauban, malgré les déclarations du roi, M. d'Esplans et M. de Blenville, pour tâcher de rajuster l'accommodement. Luynes pouvait en effet se demander avec raison si des événements, qui se passaient alors dans le centre et le nord de la France, ne créaient point, pour le gouvernement, des dangers plus grands encore que ceux au-devant desquels on allait déjà par une campagne trop prolongée.

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