‹ Le connétable de LuynesChapitre 56 sur 135 · Amb. vén. Dep. n" 9, 5 décembre · texte numérisé non relu

Amb. vén. Dep. n" 9, 5 décembre

120 Le siège de Montaiiban.

tenté les favoris; car ils prennent ombrage de toutes choses, redoutant le moindre accident qui pourrait porter atteinte à leur grandeur. Ils sont de plus en plus dans l'appréhension d'un tiers-parti qui comprendrait la reine mère et les princes du sang appuyés sur les États généraux. Ce parti réclamerait la réforme du gouvernement. Si la guerre continuait et si la paix survenait, ils afficheraient un grand zèle pour la religion et s'attaqueraient en apparence aux huguenots, qui sont en état de n'accepter un accommodement qu'à des conditions très-désavantageuses pour la couronne. Le but réel du tiers-parti est d'abaisser la faveur. »

Telle était la façon dont Marie de Médicis répondait à la confiance que Louis XIII et le duc de Luynes avaient fini par lui témoigner. Le roi n'avait accordé au comte de Soissons la permission de quitter l'armée et de revenir à Paris que pour complaire au prince de Gondé, jaloux de la présence du comte auprès du roi *. Non contente d^entraîner ce jeune prince dans ses propres intrigues, la reine mère flattait avec ostentation, c^està-dire qu'elle attisait les passions religieuses encore émues dans Paris ; elle cherchait la popularité aux dépens de son fils, qui négociait encore un accommodement désirable ; elle envenimait les passions et se faisait le centre d'une opposition véritable-

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