I. Dép, du R. à Marq. 6 mai i6i8, n» 192, t. 11, fol
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mouvements qui y sont survenus. Ils nous ont veu faire cy devant. Maintenant nous serons spectateurs de leurs tragédies avec intention, néanmoins, si l'auctorité du roy y peut estre utillement employée, de la départir vollontiers. D'autres possible fomenteroient nos dissensions et nous les composons cfiez nos voisins quand il y a lieu de le faire. Dieu sera rémunérateur d'un si bon œuvre*. »
L'archevêque de Lyon avait pour mission d'exposer au souverain pontife les principes qui guidaient la cour de France et qui étaient les mêmes en présence des affaires d'Allemagne et de celles de la Valteline. La tâche n'était pas facile, car Paul V désirait une intervention active de la France dans les conflits engagés; sans la réclamer ouvertement à l'égard de Ferdinand d'Autriche, il l'invoquait en faveur des catholiques de Suisse, et il sollicitait comme premières mesures l'interdiction du transport du sel de Bourgogne en Suisse, et la suspension des subsides payés par le roi aux Grisons et aux Valaisiens. La réponse de l'agent français au pape mérite d'être relevée, car elle résume en termes excellents la situation telle que la considérait le gouvernement habileetprudentquedirigeait le duc de Luynes.
« J'ay respondu à S. S. que ces moyens qu'elle propose romperoient et déchireroient tout à fait Talliance et ligue de V. M. avec ces peuples là, jusqu'icy par vous, Sire, et
I. Dép. de Puis, à M. 4 juill. 1618, n* 225, t. 11. fol. 164.
V affaire de la Valleline. \K\-:i
par les roys vos prédécesseurs, soigneusement et avec despence de plusieurs millions entretenue plus pour le bénéfice de l'Italie et pour vous conserver tousiours cette entrée pour secourir au besoing le Saint-Père et les autres potentatz d'icelle que pour aucun interest de votre royaume. Si S. M. abandonnoit ces peuples, les Espa gnols et les Vénitiens y establiroient bien vite leur domination. Votre M., par son auctorité, par sonargent et par l'industrie de ses ambassadeurs, tempéroit en-telle manière' ses offices qu'en ^protégeant ce qui reste de catholiques en ces quartiers elle conservoit et entretenait néanmoins son alliance avec ceux de l'une et de l'autre religion *. »
Cette intervention modérée du roi, par voie d'influence diplomatique, donnait des résultats appréciables. L'ambassadeur de France auprès des Ligues suisses, M. Gueftier, homme d'État très-versé dans le maniement de ces esprits difficiles, avait obtenu la cessation des persécutions armées dont les catholiques avaient été victimes au début de ces déplorables événements. La constitution du Strafgericht mit aussi un terme à des violences individuelles et désordonnées. La rigueur avec laquelle procéda cette juridiction n'était cependant pas, comme on Ta vu, de nature à produire l'apaisement. Le roi eut au moins le mérite de protéger efficacement l'évêque de Coire ^, et de préve-