XIV AVANT-PROPOS
toire... )^ Non, pas de commentaires. Taisonsnous, comme se tairaient des fidèles touchant de leurs mains le sang tout frais d'un martyr, méditant une ardente et douloureuse prophétie, adorant avec résignation les desseins de la Providence.
Revenant d'Asie ou d'Afrique, — et, chaque fois, non pas vieilli, usé, mais comme ciselé davantage, buriné plus avant par les intempéries de ces climats et par- les rigueurs du métier, — quoiqu'il appréciât délicatement les meilleurs plaisirs de la paix, la littérature et la musique, et la causerie entre gens cultivés, quoique sa jeune sagesse ne s'interdît pas quelque relâche et quelques divertissements, quoiqu'il aimât enfin, de toute sa tendresse, la vie de famille et le sol de la « douce France », Emile Détanger ne s'attardait pas volontiers aux loisirs des congés réglementaires ou dans le régime des garnisons.
A peine remis de quelque dysenterie cochinchinoise, cambodgienne ou tonkinoise, bientôt las d'une caserne qui «donnait sur les boulevards parisiens, comme celle du Prince-Eugène, il demandait à « repartir ». Dans tout l'espace de temps où je l'ai pratiqué, instruit de son caractère, je n'ai fait pour lui qu'une démarche : en quelle cir-