Partir
Beaux dimanches de mon enfance! Au temps où je n'étais encore qu'un gamin innocent et frémissant de l'ardeur de vivre, les matins ensoleillés des dimanches m'emplissaient d'une joie frénétique et païenne. J'allais par les allées du parc de Ghadeuil, comme enivré de soleil, d'air pur, de chants d'oiseaux, vibrant de l'allégresse éparse, me semblait-il, dans tout le ciel et sur toute la terre.
La fête que célébraient les ondes larges et graves des cloches, la nature entière paraissait en prendre sa part et travailler à la faire plus évidente et plus éclatante. Les roulades des fauvettes et les sifflements précipités du merle
qui élisait domicile dans un massif de cannas, au milieu de la pelouse, avaient, j'en étais convaincu, une allure de triomphe comme si les pauvres bestioles devaient jouir vraiment du repos dominical. Les reines-marguerites exhibaient, croyais-je, des robes d'une blancheur plus particulièrement immaculée et les soucis, ces nains prétentieux, tâchaient de se hausser pour que l'on vit bien leurs pourpoints d'or bruni.
Philippe, le jardinier-chef, abandonnait son éternel tablier de toile et inspectait son domaine en complet de cheviotte noire, les bouts de la cravate noire retombant sur le plastron blanc de la chemise, le pantalon retroussé, les souliers reluisants de cirage. Les bonnes, qui revenaient de la messe, arboraient de mirifiques bonnets de dentelle empesée et des coiffes de tulle pavoisées de rubans, — les « quichenottes » charentaises. — Je galopais à leur rencontre, criant à gorge déployée : « C'est dimanche! c'est dimanche! » A quoi là brave Fine, notre cuisinière, répondait avec son bon sourire de vieille fée domestique : ce Hé! dame, oui, monsieur Maxime!... Hé! dame, oui, c'est dimanche!... »
Et puis, ma mère apparaissait sur le perron, et j'accourais de toute la vitesse de mes jambes pour admirer sa robe de soie améthyste aux cassures scintillantes et son toquet à brides de velours et ses boucles d'oreilles à pendeloques d'or. Elle m'embrassait et s'installait avec une lenteur majestueuse au fond du landau. Le cocher Joseph, le dos rond sous sa redingote de serge brune, levait son fouet, clappait de la langue et la voiture s'ébranlait. Les roues broyaient le gravier avec des grésillements ténus; de petits cailloux volaient autour des jantes de fer brillant; les deux alezans balançaient avec ensemble leurs crinières bien peignées et bien brossées, et je caracolais derrière l'équipage, essoufflé et ravi et répétant : « C'est dimanche! c'est dimanche!... »
Cette joie animale et naïve, pourquoi Tai-je ressentie, ce matin, tandis que j'arpentais, le feutre sur l'oreille et la canne à la main, la rue du Commandant-Provost? Satisfaction peutêtre du devoir accompli, du repos honnêtement gagné par une semaine de consciencieux labeur, sentiment peut-être de ma régénération commençante, contentement de m'être évadé
d'entre les coquins et de m'être assigné enfin un but avouable et précis? Tout cela peut-être, oui, mais plus encore, mais surtout, l'inimaginable, l'insolente lumière qui ruisselait du ciel doré, qui baignait les façades bleues et blanches des maisons et les terrasses étagées où babillaient les femmes. Cette joie impétueuse et intarissable, elle me venait de l'azur où s'élançaient d'un jet les tours quadrangulaires et rousses des mosquées, elle me venait des cris éperdus des hirondelles qui décrivaient des ellipses autour du beffroi de Babes-Souk, elle me venait du murmure puissant et paisible de la mer que je devinais, par delà les remparts, gonflée à peine d'une houle polie et léchant sans colère les blocs de la jetée.
Je déambulais, allègre et dispos, le long des devantures cadenassées, lorgnant les toilettes des Européennes, lorsque la mèche d'une cravache cingla mon épaule. Je me retournai : Mallande! C'était Mallande, bronzé comme un Berbère, maigre comme un sloughi, mais toujours irréprochablement correct et ner dans son dolman écarlate, aussi calme, aussi pareil à luimême.
— Jean! — m'écriai-je. — Te voilà!... En parfaite santé?
— Mais oui, Maxime.
Sa voix nette et jeune détacha la réponse avec un accent de tranquillité qui me démonta. Ce g^arçon-là venait de se battre pendant près de deux mois; il avait, pendant deux mois, affronté toute sorte de risques, il s'était couvert de gloire (les rapports du Service des Renseignements l'attestaient), et voilà : il m'abordait avec l'assurance placide qu'il aurait eue sur le boulevard, après un court voyage d'agrément. C'était un peu raide!
Je balbutiai :
— Jean... tu... tu t'es battu?
— Mais oui. Et puis après? C'est mon métier. Laissons cela... Ça me fait plaisir de te revoir.
Je saisis sa main et la pressai avec frénésie :
— Tu es un bon ami! Je t'aime bien, Jean! Il eut un léger rire et son dur regard s'adoucit, une seconde.
— Ne nous attendrissons pas, Maxime... Je t'aime bien, moi aussi... On se promène, nous deux?
JJras dessus, bras dessous, nous suivîmes la rue Provost. Des mamans françaises nous dépassaient, le missel aux doigts et remorquant des bambins en costumes neufs. Mallande saluait; on ripostait par une inclination du buste.
— Qui est cette personne? — demandai-je.
— Madame Lautier, la femme d'un lieutenant d'infanterie coloniale... Le mari est à Meknès... Trois enfants, et, pour tout potage, la solde. Mais la petite Lautier est vaillante.
— Et ça?
— Ça, irrévérent maraud, c'est madame Frontin, épouse du directeur de la Banque Tunisienne... Une fameuse raquette!... A propos, quand te présenterai-je au tennis?
Pourquoi cette offre subite? Deux mois auparavant, Jean n'avait aucunement manifesté l'intention de m'introduire dans la société de Casablanca. Était-il donc instruit de mon récent avatar?
— Jean..., — commençai-je.
— C'est bon!... Arrivé hier matin, j ai dîné
le soir même avec le commandant Ternon. Tu
n'as plus rien à m'apprendre... Naturellement,
je t'approuve,
— Tu m'approuves?
Mallande rit de nouveau.
— Oui, mon vieux, je t'approuve. Seulement, il faudra que ça dure...
— Ça durera, je te le garantis!
Au seuil d'une pâtisserie, des galopins en guenilles, la touffe de cheveux flottant sur l'occiput, le couffin en bandoulière, se bousculaient et piaillaient : « Madame!... Moi, Madame! » Trois sous-lieutenants de tirailleurs algériens, imberbes et poupins, se plantaient devant la boutique et, sous couleur d'examiner les gâteaux de l'étalage, tâchaient de distinguer à travers les glaces les minois des clientes; puis, s'enhardissant, s'encourageant l'un l'autre, ils s'engouffraient dans la pénombre de la pâtisserie.
Mallande, enchanté, s'esclaffait :
— Tu as vu les garnements, hein? Tu as vu, Maxime, comme ils sont montés à l'assaut?
— .l'ai vu.
— Les braves petits gars ! Ils se croient, ma parole, dans quelque rue de la République, à Magnac-Laval... Le fait est qu'avec de la bonne volonté, l'illusion est possible. Notre Casablanca
tapageur et fiévreux revêt, le dimanche, un aspect débonnaire et familial de bourgade provinciale.
C'était exact. Le tohu-bohu des charrettes et des arabas dévalant sans arrêt vers la poterne de la Marine, les « halek! balek! » ininterrompus des chameliers cramponnés aux charges de leurs bêtes, les jurons des portefaix voûtés sous leurs sacs d'orge et de chaux, les halètements des camions automobiles, — aucune de ces rumeurs coutumières de la ville- champignon en mal de croissance ne troublait la sérénité de la trêve hebdomadaire.
Les conquistadors s'étaient mués en badauds qui flânaient, ainsi que nous, dans la rue du Commandant-Provost. Les visages étaient moins crispés sous les feutres moins batailleurs, les talons des bottes martelaient avec moins d'impatience rageuse les dalles des trottoirs; les sticks ne tournoyaient plus en moulinets menaçants. On imposait silence aux passions et aux convoitises ; on musait comme d'honnêtes bourgeois, avec un vague ressouvenir des dimanches de jadis, de l'époque regrettée où l'on n'était que des gosses insou-
ciants. On cessait, quelques heures, de ruminer ses fureurs et ses angoisses pour savourer, comme autrefois, les menues félicités du jour du Seigneur. Les jaquettes de drap un peu fripé remplaçaient les vestons graisseux et poisseux; les pantalons exhumés des malles-cantines et repassés pour la circonstance , les souliers vernis, se substituaient aux culottes et aux leggins.
Les indigènes eux-mêmes faisaient leur cette fête des Roumis. Les gros brocanteurs marocains, échappés de leurs tanières, se dandinaient posément, avec leur flegme solennel de musulmans vaniteux, drapés dans de somptueuses djellabas et de magnifiques burnous. Les jeunes élégants Israélites qui, la veille, avaient honoré par l'inaction le Sabbat, imitaient leurs modèles et, deux par deux, la canne à béquille d'argent accrochée à l'avantbras, l'œiilet à la boutonnière, le cigare aux lèvres, remontaient et descendaient sans hâte et devisant en français, de Bab-es-Souk au Café de l'Industrie, du Café de l'Industrie à Bab-es-Souk.
Des ménages espagnols, — l'homme noiraud
et frétillant, la femme obèse et grossie encore de ses mantilles superposées, manœuvrant l'indispensable éventail, les marmots déguisés en petits messieurs et en petites dames, — défilaient par tribus bavardes, avec cet air arrogant et pénétré que les Andalous tiennent de leurs ancêtres maures. Une équipe de prisonniers, habillés de loques et amarrés les uns aux autres par des cordes crasseuses, arrosait avec des outres le pavé fumant. Un aveugle, accroupi à l'angle d'une ruelle, ânonnait une incompréhensible invocation à je ne sais quel vénéré marabout; un tirailleur sénégalais, la chéchia rejetée sur la nuque, la ceinture de laine rouge bien tendue sur l'abdomen, écoutait, bouche bée, la complainte du pauvre diable, essayant peutêtre d'en pénétrer le sens mystérieux.
— On s'assied, un instant? — proposa Mallande.
— Si tu veux!...
Le Café de l'Industrie ouvrait sur une étroite place triangulaire, sa terrasse peuplée d'officiers, de civils et d'Européennes. Entre les tables de tôle qu'ombrageait une tente de coutil, des garçons juifs et grecs circulaient, braillant
le classique : « Boum! voilà! » de nos cafés de France.
— Qu'est-ce qu'on boit?
— Ma foi, — répondit Mallande, perplexe, — je me le demande. Mes goûts personnels me porteraient vers une rasade de sauternes ou de barsac. Mais, voilà! les apéritifs, les quinquinas, les gentianes ont détrôné les bons vins de notre bonne terre; l'estaminet et le bar ont supplanté l'antique auberge, et il n'est plus séant de lamper un gobelet de généreux bourgogne. Quel dommage!
— Tu as des instincts populaciers, Jean.
— Hé! Maxime, ces instincts étaient ceux de nos pères. Ils avaient l'estomac robuste, le cœur solide et buvaient sec. Leur gaieté était proverbiale. Nous sirotons des alcools baptisés de noms barbares et, à table, nous arrosons d'eaux minérales nos purées de légumes. Aussi sommes-nous en train de devenir un peuple de « cochons tristes » !
— Oh! — protestai-je.
— C'est ainsi ! . . . Boire à sa soif, manger à sa faim, courir le bled sur un cheval un peu vif, recevoir et donner des horions, ne pas se ruiner
le cerveau à ressasser des chimères : telles sont les conditions élémentaires du bonheur. Le reste est sottise et littérature... Nous pensons trop, Maxime, et nous n'agissons pas assez et nous n'aimons plus les franches lippées qu'aimaient nos pères.
— Quelle profession de foi !
— Et j'omettais un article : l'amour. J'entends l'amour tel qu'il se pratiquait chez nos aïeux de la préhistoire, l'amour sans guirlandes, sans carquois et sans flèches, sans déclamation et sans larmes. Nietzsche, ce nerveux qu'affolait le culte du muscle, ce fanfaron de la force, a dit avec justesse, quoique sous une forme paradoxale : « L'homme est fait pour la guerre et la femme pour le guerrier. »
Puis, sans transition :
— Qu'est devenue cette jolie fille qui dansait à l'Alhambra?
— Hum...
Comment lui expliquer?... Etait-il bien nécessaire de lui expliquer?... Oui, pour éviter qu'il ne loue trop brutalement, en soldat, avec des mots qui me feraient bondir, le charme
puéril de Lilette... Blonde Lilette aux yeux divinement limpides!
— Lilette?,..
— Oui, Lilette.
— Lilette est mon amie.
— Ah!... Mes compliments... Deux portos, garçon !
Et nous ne causâmes pas plus avant.
Un orchestre italien, harpe, flûte et guitare, attaquait l'intermezzo de Cavalleria Rusticana, avec des fioritures inattendues, avec des trilles et des pizzicati qui eussent, à coup sûr, désolé M. Pietro Mascagni ; puis, renonçant à cette musique compliquée, il entamait une canzonetta napolitaine, fougueuse et simplette. Le rythme entraînant et voluptueux de la mélodie s'harmonisait avec la langueur ambiante; ses phrases alertes semblaient reprendre et commenter les paroles de Jean : il se dégageait de leurs cabrioles et de leurs fusées un conseil de sagesse moyenne et joviale. Foin des billevesées, des rêves de grandeur et de millions! Vivre béatement, au jour le jour, partageant mes heures entre ma tâche accomplie sans rechigner et l'enfant blonde et rose!... Mallande
avait raison!... J'allumai une cigarette et, renversé contre le dossier de ma chaise, suivis de l'œil le vol des martinets...
— Monsieur le comte!
Je sursautai. Méchain, Méchain en personne, se penchait vers moi, ôtant et remettant son chapeau, louchant et reniflant.
Monsieur le comte, j'ai bien l'honneur...
Monsieur le capitaine m'excusera...
Ce ton confidentiel, ces mines de conspirateur!... Pourquoi venait-il me réclamer, cet individu équivoque? Attends, mon bonhomme! Je grognai :
— Quoi? Qu'y a-t-il? Que me voulez-vous?
— Monsieur le comte...
Son regard fuyant et inquiet de belette se posait alternativement sur Mallande et sur moi.
— Monsieur le comte... Je... j'ai une communication urgente à...
Je l'interrompis :
— Vous pouvez parler devant mon ami.
— Mais... c'est que...
— Parlez, nom d'un chien!
Il balbutia, d'une voix piteuse :
— Monsieur le comte, madame... madame
Aline me charge de vous prévenir de... de son arrivée...
Aline! Aline était à Casablanca! Je demeurai muet, un instant, abasourdi et atterré. Mallande me considérait, considérait le Moco en tordant sa moustache.
Alors je murmurai :
— C'est bien... Attendez-moi : je pars avec vous... Jean, figure-toi...
Mallande me regarda fixement.
— Va, Maxime. Et rappelle-toi que tu as juré que ça durerait.
J'étreignis son poignet et je répondis d'un ton ferme :
— Ça durera! Je te garantis que ça durera!
Ça durera?. . . Je n'en suis plus bien certain. . . J'ai comparu tout à l'heure devant Aline, aussi contrit, aussi courbé et déférant que naguère. A la voir étendue sur sa chaise longue, à sentir peser sur moi, tandis que je baisais ses ongles, son regard aigu et^ impérieux, je suis redevenu soudain hésitant et poltron, prêt de nouveau à toutes les soumissions et à toutes les déchéances qu'il lui plaira de m'imposer. Mes
résolutions, mes serments, — son froid : « Bonjour, Maxime... » les a balayés comme fétus de paille et je me suis assis bien sagement sur le siège qu'elle me désignait de l'index, et j'ai serré mes genoux et j'ai posé mes paumes à plat sur mes genoux, dans l'attitude du potache en présence du redoutable ce colleur ». Elle m'a questionné :
— Qu'avez-vous fait en mon absence?
J'ai bredouillé :
— Pas grand'chose... rien...
— Ah! ah!...
J'aurais dû, — je m'en rends compte à présent, tout seul dans ma chambre qu'envahissent, malgré les persiennes closes, les tièdes effluves de l'après-midi, — j'aurais dû me dresser, lâcher tout d'un trait la déclaration courageuse et nette dont j'avais, à maintes reprises, mûri et pesé chaque terme :
« Reprenons notre liberté, mon amie... Cela vaudra mieux et pour vous et pour moi... J'ai cherché et trouvé une situation, modeste, il est vrai, mais convenable... Le souci de ne la point compromettre, de ne compromettre point mes plans d'avenir m'oblige à me séparer
(le VOUS, quoi qu'il m'en doive coûter de chagrin cuisant. . . Vous le comprenez, mon amie. . . »
Aline, renseignée par ses espions, m'aurait immanquablement souffleté de son ironie insultante, aurait mêlé le nom de Lilette à ses railleries. Je me serais incliné :
« Brisons là, ma chère. Aussi bien ce débat, s'il se prolongeait, risquerait de dégénérer en querelle vilaine. Brisons là !.. . Acceptez, je vous prie, ces quelques images. »
J'aurais déposé sur l'accoudoir de sa chaise longue une décente liasse de billets bleus, entassé dans ma malle mes bardes et mes paperasses et filé, suivi d'un portefaix, vers mon bureau du Service des Renseignements, asile inviolable où nul n'oserait me traquer. Près de ma table, mon goumier aurait équipé un lit de sangle. Je vivrais là, comptable assidu et laborieux, ne quittant ma tanière que pour aller, à la gargote voisine, expédier mon frugal repas, rendre visite à Mallande dans sa baraque de planches, à Lilette dans sa cellule de l'Alhambra...
Hélas!... «J'aurais du... » Oui, j'aurais dû... Mais, voilà! je ne songeais plus qu'à retenir
mon souffle et qu'à enregistrer les décisions de ma maîtresse.
— Qu'est-ce qu'on m'a raconté? fit-elle. Vous auriez accepté un poste de secrétaire au Service des Renseignements. Est-ce vrai?
Je soufflai un « oui » anxieux et timide. Aline a paru réfléchir, puis elle a décrété :
— Vous avez bien fait. Votre oisiveté aurait provoqué, à la longue, les médisances. Cela vous distraira, d'ailleurs. Vous n'étiez pas assez occupé...
C'est tout! oui, c'est tout!... Pas un geste, pas une insinuation qui dénonçât un mécontentement caché... Etait-elle sincère? Je me le suis demandé, épiant en vain sur la chair pâle de son visage la contraction qui eût trahi la ruse ou la moquerie. Pas un muscle n'a tressailli dans le masque ravagé et tragique. Les yeux d'acier bruni se sont braqués sur mes yeux et j'ai baissé le nez, en hâte.
Là-dessus,. Aïcha, cliquetante et tintinnabulante, s'est campée à l'entrée de sa cuisine :
— Manger y a paré K