‹ Le.cons élémentaires de chimieChapitre 12 sur 67 · C* H» 0, C» 0» + KO, HO =- KO, C« 0» + C* H · texte numérisé non relu

C* H» 0, C» 0» + KO, HO =- KO, C« 0» + C* H

Éther oxalique. Pni«s»sp. Oxalate de p«^ Alcool.

VIN6T-Q1TATRIÀMB LEÇON. ii:^

C* H* 0* Az + KO, HO == KO, C* 0» + H» Az

Oxamide. Potawe. Oxolatede Ammoniaque,

potaue.

L'ébullition avec de Teau seule peut, à la longue, transformer les amides en sels ammoniacaux. La réaction est semblable à celle qui est provoquée par les alcalis. Mettez à la place du symbole du potassium celui de Thydrogène, l'équation reste la même. La seule différence c'est que l'ammoniaque ne se dégage pas et se combine avec l'acide.

Le rapprochement entre les éthers et les amides est rendu encore plus évident, lorsqu'on songe que beaucoup d'amides peuvent se former pendant la distillation des sels ammoniacaux. Si, par exemple, Ton distille de l'oxalale neutre d'ammoniaque, on obtient de l'oxamide et de l'eau.

H» Az C«HO* = C« H» 0* Az -h 2 HO

Oxolate d'ammo- Oxamide. Eau.

niaque.

Ainsi, l'acide oxalique et l'ammoniaque, moins de l'eau , représentent l'oxamide, de même que Facide oxalique et l'alcool, moins de l'eau, représentent l'éther oxalique.

Acide oxalique normal =C« H OM ^un r*wn rtn» Alcool =C*H*0* ) -'2"^=^HU,L u -

^ Etber oxalique.

Acide oxalique normal = C* H 0* ) ^„^ ^^ „, ^^ . Ammoniaque « H^Az j ~^^^==^ ox3de

Ce n'est pas tout; de même qu'il y a des éthers acides (acides viniques), de même il y a des amides acides; et, chose remarquable , les uns et les autres ne peuvent provenir que d'acides polyatomiques.

Je viens de vous dire que par la distillation de l'oxalate neutre d'ammoniaque, on obtient l'oxamide : j'ajoute que par la distillation du bioxalate d'ammoniaque on obtient Vacide oxamiqiie.

H» Az, 2 C* HO* = C* H» Az 0« -{- 2H0

Bioxalate d'ammo- Acide oxamique. Eau.

niaque.

Or, ce nouveau composé est une sorte d'amide, car tout en jouant le rôle d'un acide normal, il reproduit aussi de l'ammoniaque et de l'acide oxalique, lorsque, par un moyen convenablement choisi , on lui restitue les éléments de deux molécules d'eau.

Vacide oxamique porte donc le cachet propre à la famille des amides, ainsi qu'on le voit par la comparaison suivante :

Hi OHIMIB ÉLÉMENTAIRE.

AcideoxaUque normal (C«H or j 8H0=C«H»0,C«0»,C«H0«

^*^^* CHU \ ^j.. j^ oxaloTlnlque.

Acide oxalique normal (C« HO*)» J ^ hO == C« H« 0* Az, C« HO* Ammoniaque H» Az S j,,,^, ,,, J,^,.

Le mode de formation de ces deux espèces différentes d'acides est donc le même. Dans les deux cas, les deux corps mis en pré* sence perdent les éléments de l'eau, et ce qui reste se combine pour former une molécule nouvelle.

Ces deux acides pourraient être considérés d'abord , l'un comme une combinaison d'éther oxalique et d'acide oxalique , Tautre comme une combinaison d'acide oxalique et d'oxamide ; mais cette manière de voir est contestable , car dans ces deux acides, pas plus que dans tous les autres composés congénères, les réactifs ne décèlent pas la présence d'un acide constituant. Il en est des acides viniques et des acides amidés comme des éthers composés : ni les uns ni les autres ne sont comparables à des sels proprement dits.

En résumé , les éthers et les amides , qu'ils soient acides ou neutres, ont entre eux des relations si étroites que l'esprit ne peut les séparer. Indépendamment du parallélisme des formules, leurs réactions marchent, pour ainsi dire, du même pas *. En rappro-

1 . Les amides proprement dites se distinguent par une réaction spéciale , qn*on ne saurait reproduire avec les éthers. Lorsqu'on soumet une amide à Taction de l'acide azoteux, il se dégage de Tazote, et Tacide générateur de Tamide deTient libre. Yoici Téquation qui rend compte de ce phénomène remarquable, et que nous appliquerons au cas particulier de Toxamide.

C^H'O'Az + Az03 = G2H0< + HO + 2Az Ozamide. Acide Acide Eau. Azote.

aioteaz. oxalique.

Au surplus les amides dites n«u/re« paraissent jouir d'une certaine faculté basique, qu'on ne trouye presque jamais dans les éthers composés. M. Dessaignes a fait voir que certaines amides se combinent ayec les acides à la manière de l'ammoniaque , et d'autres amides se combinent avec quelques oxydes indifférents ( oxydes de zinc, de cadmium), on bien avec des oxydes qui réagissent à l'action de l'ammoniaque (bioxyde de mercure). (Yoir les Annales de Chimie et de Physique^ 3* série; tome 34, page 140.) L'observation de M. Dessaignes prête en quelque sorte un appui aux unitaires qui admettent qne les amides ne sont que de l'ammoniaque dont une molécule d'hydrogène a été remplacée par le radical de l'acide qui a engendré l'amide. Pour bien saisir ce point de vue il faut savoir que l'école unitaire pense que les composés organiques peuvent être ramenés à trois ou quatre types qui sont , VeaUy Yhydrogêne^ Vacide ehlorhydrigue, et l'ammoniaque. • En échangeant leur hydrogène contre certains groupes , dit « M. Gerhardt, ces types donnent naissance aux acides, aux alcools» aux éthers, a aux hydrures, aux radicaux, aux chlorures organiques, aux acétones, aux a alcalis.

« La série formée par chaque type a ses côtés extrêmes qu'on peut appeler le

chant ces deux classes de corps, les unitaires n'ont fait que suivre les indications de la nature ; et, pour être juste, j'ajouterai qu'ils ont devancé toutes les autres écoles dans cet heureux rapprochement.

Nous connaissons les changements que les amides éprouvent lorsqu*on les soumet à des actions hydratantes. Il nous reste à apprendre ce qu'elles deviennent lorsqu'on les soumet à des actions déshydratantes,

« côté poêitif ou le côté gauche^ et le côté négatif ou le côté droit. Tel groupe

« organique, en se substituant à l'hydrogène, placé lui-même an côté positif, pro-

« dnira des composés placés du même c6té ; les groupes : éthyle G^H^ métkyle

a G Wf amyle G^ H", par exemple, donneront par cette substitution, des alcools

« semblables à l'eau , des aldéhydes ou des radicaux semblables à l'hydrogène,

« des éthers semblables à l'acide chlorhydriqne, des alcalis semblables à l'am-

« moniaqne.

« Le tableau suivant peut rendre mon idée.

Extrémité gauche ou positive.

Termes intermédiaires.

Extrémité droite ou négative.

Typeeau g{o

^'fjo-alcool

<^'g'<>J0=ac.acétiq.

™^ÎO=ac.acétiq.

^'H"^' anhydre.

rmsn!o= acétate ^'^'^^ benzoïque.

SS* 0 = éther suif u- ' rique.

SaSsîOrsétheréthyl- ^ " ' méthylique.

Type hydrogène.... §

„ =hydrnre d'é- " * thyle.

S!iî = éthvle

C^|^^j= aldéhyde.

gi3'S|=acéthyle.

g,HJ^j=«étone

Type ac. chlorhydr. S [

S?**^ = éther* chlor- ^^ hydrique.

G^g^^j= chlorure ^ ♦ d'acéthyle.

H) Type ammoniaque. H}N

H N = éthylamine

G2H* N= diéthyla-

H ) mine.

G>H&Nr= triéttfyla- Cm^) mine.

C2H'0l H ^=acétamide.

• Le type eauy en échangeant la moitié de son hydrogène pour un groupe

^ * Pour ramener les formules unitaires de ce tableau, au point de Tue dualistique, il

faut doubler le carbone et l'oxygène î *^ U^ *^ | O changé en ^* ^^ °M O» .

C H< O* = acide acétique.

' devient

Plusieurs amides, distillées avec de l'acide phosphorique anhydre, abandonnent les éléments de deux équivalents d'eau et passent à rétat de nitriles.

Ces corps sont aux amides ce que le^ amides sont aux sels ammoniacaux.

Les nitriles sont des amides moins deux molécules d'eau , de même que les amides sont des sels ammoniacaux moins deux molécules d'eau. Voici un exemple de cette filiation :

H»Az,C*H*0* — 2H0 = C*H»0*Az

Acétate d'ammoniaqae. Eau. Acétamide.

C*H«0»Az -.2H0^C*H»Az

Acétamide. Acétonitrile.

Celte filiation apparaît encore plus évidente lorsqu'on songe qu'en distillant de l'acétate d'ammoniaque avec de l'acide phosphorique anhydre, on obtient également de l'acétonitrile. En

« hydrocarbure GH^, G' H*, etc., etc. , donne naissance à un alcool ; en échan- « géant la totalité de son hydrogène pour on semblable groape» il produit Téther « correspondant.

« Le même type, en échangeant la moitié de son hydrogène pour un groupe « contenant à la fois du carbone, de l'hydrogène, et de l'oxygène, produit un « acide monobasique hydraté, semblable à l'acide acétique. Dans le cas où la « substitution est effectuée par le même groupe sur les deux atomes de l'hydro- « gène de l'eau, le produit est l'acide anhydre correspondant.

« Le type hydrogène peut éprouver les mêmes substitutions que le type eau, « et produire autant de combinaisons.

« Les compositions semblables au gaz des marais, et connues sous le nom d'hy- « dnires, sont évidemment à l'hydrogène ce quelles alcools sont à l'eau ; les « radicaux éthyle et méthyle correspondent aux éthers de ces alcools. Les aldé- « hydes sont à l'hydrogène ce que les acides monobasiques sont à l'eau : l'acé-

• tyle, le benzoïle, et les autres radicaux oxygénés sont les correspondants des - acides anhydres ; les acétones enfin, comme M. Ghancel l'a déjà fait remarquer, « réprésentent les éthers des aldéhydes, et sont par conséquent à l'hydrogène ce « que les éthers des acides monobasiques sont à l'eau.

«< Le type acide chtor hydrique, donne naissance d'une part, aux éthers chlor-

• hydriques, c'est-à-dire à des chlorures semblables aux chlorures de potassium, « ou aux chlorures des éléments électropositifs, lorsque la substittition est effec- « tuée par des groupes hydrocarbonés, et d'autre part, à des chlorures électro- « négatifs correspondants aux acides monobasiques, conune le chlorure d'acétyle « ou le chlorure de benzoïle, lorsque la même substitution est effectuée par les « groupes contenus dans ces acides monobasiques.

« Enfin, le type ammoniaque produit les alcalis, susceptibles de se combiner « avec les acides ou les amides, susceptibles de se combiner avec les bases, sni- " Tant que les substitutions sur l'hydrogène de l'ammoniaque sont effectuées par « les groupes qui donnent naissance aux bases (alcools, oxydes organiques), ou ' « par les groupes qui produisent les acides organiques. Les corps semblables à « l'hydrate d'oxyde d'ammonium soat représentés à l'autre extrémité de la série 0 par les acides amides. » (Voir Annales de Chimie et de Physique^ t. XXXVII, page 285, 3« série.)

sorte que les sels ammoniacaux, les amUks et les niiriles constituent un seul faisceau.

Tous les niiriles sont liquides et volatils. Bouillis avec de la potasse , ils régénèrent le sel ammoniacal dont ils dérivent. Ils doivent donc être considérés comme des amides qui exigent i équivalents d'eau, au lieu de deux, pour reprendre leur nature saline. Ainsi:

C*H» Az-h 4 HO ==H» Az, C* H* 0*

Aoëtonitrile. Eau. ^Acétate d'ammoniaque.

Mis en contact avec du potassium, les nitriles se décomposent, en donnant naissance à du cyanure de potassium et à des produits gazeux. Quelques nitriles se prêtent facilement à cette réaction ; d'autres, au contraire, ne réagissent que sous l'influence d'une température élevée. On a observé que les premiers sont de véritables éthers hydrocyaniques , que l'on peut préparer par tout autre procédé. En effet, l'acétonitrile, avons-nous dit, a pour formule C* H* Az ; ce qui équivaut à C* Az, C* H» = Gy, G* H» (éther hydrocyanique de l'esprit de bois) * .

Mais si l'on distille un mélange fait en proportions convenables de sulfométhylate de potasse et de cyanure de potassium, on obtient le cyanure de méthylène (Çy, G* H*), qui n'est autre que l'acétonitrile.

Si l'on distille un mélange de sulfovinate de potasse et de cyanure de potassium, on obtient l'éther cyanhydrique ordinaire (C* Az, C* H» == Gy, C* H*) , c'est-à-dire le propionitrile : en effet, cet éther, ou si l'on veut ce nitrile, peut être obtenu en distillant du propionafe d^ammoniaque , ou de la propionamide , avec de l'acide phosphorique anhydre : au surplus , l'éther cyanhydrique , bouilli avec un alcali , passe à l'état de propionate de potasse {KO, CU^O*),

Je pourrais ajouter d'autres exemples, qui prouveraient qu'avec le sel ammoniacal d'un acide à molécule complexe, on peut obtenir un éther hydrocyanique contenant un radical moins complexe, et réciproquement. Ainsi :

] avec Gy,C*H» on obtient... AzH», C*H*0*

f Éther hjdrocjanique Acétate d'ammo-

' de Tesprit de bois. niaque.

avec Az H*, GŒ* 0^ . . on obtient. . . Gy, G* H»

Acétate d'ammo- Éther hydrocyanique

niaque. de l'esprit de bois.

1. On Terra plus tard que Tesprit de bois est un corps analogue à Talcool ordinaire.

418 CHIMIE ÉLÉMENTAIRB.

avec AzH», C* H*0*. . . on obtient. . . Cy, C^H"

Propionaie d'&mmo- Éilier hjdrocjanique

^ I Iliaque. de Talcoul.

^ ^ avec Cy,C*H» on obtient... AzH»,C«H«0*

Éther bydrocyanique Propionate d'ammo-

de Talcool. niaque.

Nous venons d'examiner les efifets de la déshydratation des amides neutres^ voyons maintenant celle des amîdes acides.

Quand on distille vivement certains acides amidés (acides amiques), il se dégage de l'eau et une substance qui est à l'acide d'où elle provient, ce qu'un nitrile est à son amide. Le produit de la déshydratation des amides acides porte le nom générique d'imide.

Les imides ne diffèrent des amides acides que par deux molécules d'eau de moins. C'est la même différence qui existe entre les nitriles et les amides neutres ; et, ainsi que les nitriles, les imides, en s'assimilant les éléments de 4 molécules d'eau, passent à l'état de sel ammoniacal.

Comparez ces formules, parmi lesquelles figurent, comme exemple, celles de V acide camphamique (amide acide, acide amidé] et de la camphimide.

C*H»AzO»— 2HO=C*H»Az.C*«H«'AzO«— 2HO--C*»H«»AzO*

Aoëtamide. Acétonitrile. Acide campha- Camphimide.

mlque.

C*H»Az+4HO=C*H'AzO*.C»*H'»AzO*H-4HO = C«*H"AzO«

Acétonitrile Acétate d'ammo- Camphimide. Camphorate acide

niaque. d*ammoniaqae.

La connaissance des amides, des nitriles, des acides amidés et des imides complète l'histoire chimique des sels ammoniacaux, histoire qui peut être résumée par deux séries parallèles ; une d'elles a pour termes extrêmes le sel ammoniacal neutre et son nitrile; l'autre, le sel ammonical acide et son imide. Ce qui est digne de remarque c'est que la différence entre terme et terme consiste toujours dans deux molécules d'eau.

Tous les corps que l'étude de l'alcool nous a fait connaître présentent une haute importance, non-seulement par cette espèce de solidarité qui les lie et qui en fait un groupe remarquable par son unité, mais parce que autour de chacun d'eux peuvent se grouper d'autres composés chimiquement semblables.

Construisons, en effet, une série avec les principaux corps dérivés de l'alcool :

YINGT-QUATRIÈME LEÇON. 4f9

Hydrogène bicarboné G^H*

Alcool C<H«02

Aldéhyde C*H<02

Acide acétique G» H< 0<

Éther ordinaire G^H^O

Éther chlorhydriqne G ♦ H» Cl

Éther composé C^H'^OjA '

Acide viniqueou éther acide. G< H*0, A -|- HO, A

Eh bien! on pourrait construire plusieurs séries semblables, dont tous les termes coïncideraient avec ceux de la série précédente. Ainsi oh connaît aujourd'hui 7 corps qui peuvent se grouper autour de l'alcool , car ils en ont toutes les propriétés fondamentales.

Alcool méthyliqne (Esprit de bois) G^ H< 0^

— butyrique G» H'»02

— amylique (Hoile de pomme de terre). . G«*H>2 0^ »

— capryliqne C««H'»Oa a

— éthaliqiie G"H3<0» *

— cérotique G^H^Qî *

— mélissique C^'H^^O^ «

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