Composition immédiate de plusieurs graisses animales
stéarine Oléine,
et margarine.
Snif on graisse de mouton 80 20
Moelle de monton. • . . ^ 26 74
MoeUe de bœnf 76 24
Suif ou graisse de bœuf 70 30
Graisse de porc 38 .... 62
Graisse d'oie 32 68
Graisse de canard. , 28 72
Graisse de dindon 26 74
2. D'après MM. Laurent et Gerhardt, l'acide stéariqiie aurait la même composition que l'acide margarique G'* H'^ 0*. Dans ce cas. la composition de la stéarine, telle qu'elle est adoptée communément, ne serait pas exacte.
glycérine, privée des éléments d'une molécule d'eau, tiendrait la place de deux équivalents basiques.
Quoi qu'il en soit, suivant MM. Pelouze et Liebig, la stéarine joue souvent le rôle d'un acide faible, et Ton sait depuis longtemps que, par suite de la saponification, elle s'assimile les éléments de l'eau, et se dédouble en glycérine et en acide stéarique.
Pour avoir V acide stéarique, on décompose, à l'aide d'un acide, le savon provenant de l'action de la potasse sur la stéarine. L'acide stéarique étant insoluble, on peut le séparer aisément pour le soumettre à des cristallisations successives dans l'alcool. Aujourd'hui, dans les laboratoires, on se borne à traiter plusieurs fois par l'alcool l'acide stéarique du commerce.
Vacide stéarique cristallise par fusion en aiguilles brillantes solubles en toutes proportions dans l'alcool et l'éther. Il fond à + 70*» ; il répand des vapeurs à + 300», et distille en se transformant en acide margarique; en même temps, il produit de l'eau, de l'acide carbonique, un hydrogène carboné (C'^H*^) , et de la margarone (C** H®* 0') : mais la formation de tous ces produits ne serait pas nécessaire, si, comme le pensent MM. Laurent et Gerhardt, l'acide stéarique et l'acide margarique avaient la même composition.
Ainsi, d'après la majorité des chimistes, la composition de l'acide stéarique serait C** H** 0' ; et, d'après les expériences de MM. Laurent et Gerhardt, elle serait C" H" 0*. • Ce qu'il y a de certain, c'est que cet acide ne peut être confondu avec l'acide margarique, quand même il serait son isomère ; premièrement, parce qu'il donne deux séries de sels ; secondement, parce que son point de fusion est environ de 1 0 degrés plus élevé que celui de ce dernier acide.
L'acide stéarique subit la même transformation que par la chaleur, lorsqu'on le soumet à l'action de l'acide azotique; mais bientôt l'acide margarique, qui provient de sa transformation, se décompose, et donne une série fort remarquable de produits acides ".
Vous avez remarqué, sans doute, que les principes immédiats neutres et solides des matières grasses ont un point de fusion inférieur à celui des acides gras auxquels ils donnent naissance en se saponifiant. Bien que cette remarque ne puisse se rapporter, pour vous, qu'à la margarine et à la stéarine, néanmoins elle s'applique à beaucoup d'autres principes immédiats saponifiables
1 . Suivant la notation adoptée par ces chimistes la formule de l'acide stéarique serait C" H' < 02.
2. Les produits de l'action de Tacide azotique sur les acides margarique et oléiqiip,
438 CIimiB ÉLÉMENTAIRE.
que vous ne connaissez pas encore. Le tableau suivant vous le prouve.
COMPARAISON DES POINTS PB FUSION PROPRES AUX PRINCIPES IMMÉDIATS NEUTRES DBS CORPS GRAS, ET AUX ACIDES QUI EN DÉRIVENT.
Nom du principe
Point
Nom de l'aoide
Point
immédiat.
de fusion.
gras.
ftuion.
Myristine
. Acide myrif tique.. ..
Elaîdine
— élaîdique
Anamirtine....
— anamirtiqufl...
MargariDe
— maigariqne. . .
Falmitine
.. — palmitiqDe. ...
Stéarine +60 ...•• — stéariqae +70
Ce fait, observé il y a longtemps par M. Chevreul et par Gay-Lussac, a été l'origine d'une des belles industries de notre époque , je veux parler de la fabrication de la bougie stéarique. Cette industrie est devenue si populaire que je me crois obligé de vous en dire quelques mots.
La fabrication de la bougie stéarique est fondée sur la saponification du suif de bœuf. Les acides stéarique et margarique qui en résultent , ayant un point de fusion qui s'approche de celui de la cire, partageant d'ailleurs plusieurs des qualités de cette dernière substance, ont pu la remplacer pour l'éclairage de luxe. C'est ainsi que les classes moyennement aisées ont été mises à la portée d'une jouissance qui était jadis réservée à la classe riche.
Le procédé pour préparer la bougie stéarique se résume en quatre opérations : la saponification du suif à l'aide de la chaux ; ta décomposition du savon calcaire ; la séparation des acides gras ; le coulage.
Pour saponifier le suif, on introduit dans une cuve en bois
peuvent être divisés en deux séries • l'nne comprend les produits très-volatils, Taulre ceiu Cpii sont moins volatils :
série des produits Série des produits
très-Tulatils. Composition. moins ▼ol&tils. Composition.
Acide fonnique ... C* H^ 0< Aci Je snccinique G» H« 0«
— acétique C< H< 0* — adipicpie C"H«0O«
— propioniqne G« H« 0* — pimelique C"<H'*0«
— butirique C« H» 0* — subérique C««H«*0«
— valériqne C'«H«»œ — sébaciqne C^«H««0«
— caproîque C'^H'^O*
— œnanthyliqne C"*H'<0« '
— capryliqiie C'«H"«0<
— pelargoniqne C ' *H' "0^
— caprique C'^Hî^O»
VINGT-CINQUIÀME LEÇON, 439
doublée en plomb et contenant ^000 litres, 500 kilogrammçs de suif et 8 hectolitres d'eau ; on chauffe ces matières au moyen d'un tube circulaire placé dans le fond de la cuve, et qui lance de la vapeur par un grand nombre d'oriûces. Quand le suif est fondu, on ajoute peu à peu 6 hectolitres de bouillie de chaux contenant 70 kilogrammes de cette base ; on agite le mélange soit à bras, soit mécaniquement. Après sept heures, on soutire la partie liquide qui tient en dissohition la glycérine ; puis on extrait de la cuve le savon calcaire, que Ton pulvérise et qu'on transporte dans d'autres cuves, où il est décomposé par Facide sulfurique ^
Les cuves à décomposition sont à peu près pareilles à celles qui servent à la saponification. Bien que le calcul indique 422 kilogrammes d'acide sulfurique normal comme étant la proportion nécessaire pour saturer 70 kilogrammes de chaux, toutefois on en met d'ordinaire 4 33 à 434 kil(^rammes. Lorsque la décomposition des savons est terminée (ce qui arrive à peu près au bout de trois heures ) , on laisse reposer la masse : alors les acides gras viennent surnager sur le liquide, le sulfate de chaux se dépose au fond de la cuve, et le liquide acide reste interposé sous la couche oléagineuse. Au moyen d'un robinet convenablement disposé, on fait passer les acides gras liquides dans une cuve semblable aux précédentes, chauffée également à la vapecir. Ici , les dernières traces de chaux sont enlevées par le moyen d'acide sulfurique étendu ; les acides gras, ainsi épurés, sont encore conduits dans une nouvelle cuve, où on les lave à l'eau chaude. Enfin, on les coule dans des moules en fer, où ils cristallisent ; puis on les enveloppe dans une serge et on les soumet à la presse hydraulique pour en séparer l'acide oléique '.
Malgré toutes ces opérations, les acides gras contiennent encore
i . M. Jacqnelain a Êiit la remarque importante, que si l'acide sulfiiriqae, qui doit servir à la décomposition du savon calcaire, contient de l'acide azotique, on . perd une partie assez notable des acides gras. Or il est d'usage dans Findustrie de se servir d'acide sulfurique des chambres, qui marque 53^, et qui contient, suivant une analyse de M. Jacquelain même, 12,5 p. 0/0 d'acide azotique. Aussi depuis longtemps savait-on que le rendement en acides gras n'était jamais tel que la théorie l'indique. Il sera donc iiécessaire désormais, on d'employer de l'acide sulfurique à 66®, ou de puriâer celui à 53®. On peut y parvenir en faisant arriver un jet de gaz acide sulfureux dans la chaudière pendant la fusion du suif, et jusqu'à son entière saponification. Yoir pour plus amples détails un rapport de H. Jacqiielain imprimé dans le Bulletin de la Société d'eneouragement, livraison du mois de mai 1852, page 320.
2. L'acide oléique est employé au graissage (ensemage) des laines. H présente l'avantage d'être facilement enlevé après le travail de la laine, au moyen du carbonate de soude, et sans exiger de savon : mais pour peu qu'il ait été mal lavé, et qu'il retienne des acides cristallisables en trop fortes proportions, les inconvénients ne sont pas compensés par l'économie.
uo
quelques traces de chaux : pour les en débarrasser, on les traite encore par de Tacide sulfurique très-étendu et par plusieurs lavages successifs à l'eau chaude.
Les moules dans lesquels on coule les bougies sont faits avec un alliage d'un tiers d'étain et deux tiers de plomb. Aujourd'hui, ils ne sont presque plus isolés comme autrefois : ils sont , en général , réunis de telle sorte que leur base débouche dans le fond d'une caisse qui leur sert d'entonnoir commun. La figure que voici ( fig. 96 ) vous en donnera une idée suffisante :
Chaque moule porte dans son axe une mèche qui est fixée en
Fig. 96.
bas par une cheville en bois, ou par une espèce de petit robinet en laiton ; en haut, par un nœud qui s'appuie sur la petite ouverture centrale d'un disque évidé. Les mèches sont tressées et boracisées. En vertu du tressage, la mèche, au fur et à mesure que la bougie brûle, recourbe légèrement son extrémité qui déborde la flamme, plonge dans l'air, et s'y incinère. L'acide borique vitrifie les cendres de la mèche et empêche qu'elles salissent la bougie : en efifet, cet acide forme avec la chaux, la potasse et la silice des cendres du coton, un vernre fusible qu'on voit briller, sous forme d'un globule, à l'extrémité de la mèche.
Les moules, ainsi apprêtés et rangés par vingt-quatre ou trente au fond de l'entonnoir commun AB, sont adaptés à un chauffoir C C , où arrive de la vapeur ; les deux robinets r r' servent , l'un à laisser échapper l'air, l'autre à laisser écouler l'eau de condensation.
Dès que la température des moules est environ à + 45», on les porte près de la chaudière de fonte et on les remplit avec de l'acide stéarique encore liquide, mais qui est très-près de son point de figement : ces précautions sont nécessaires afin que
VINGT-CINQUIÈME LEÇON. 4i4
Tacide gras puisse couler, remplir les moules et se figer ensuite avec assez de rapidité pour prendre une texture confuse et à grains fins.
Il ne reste plus qu'à blanchir et polir les bougies pour que la fabrication soit achevée. On les blanchit en les exposant quelque temps à la lumière et à l'humidité ; on les polit en les plongeant d'abord dans une dissolution faible de carbonate de soude, ensuite en les frottant avec du drap.
Cette industrie a pris un développement considérable. La seule ville de Paris fabrique annuellement environ 400,000 kilogrammes de bougie stéarique. Sans les travaux mémorables de M. Chevreul sur les corps gras, cette industrie serait probablement encore inconnue.
On fait une autre bougie stéarique inférieure à la précédente, mais de beaucoup supérieure à la chandelle ordinaire. Sa confection est fondée sur la saponification par Tacide sulfurique, et sur la distillation des acides gras au milieu de vapeur surchauffée et à faible tension. Son grand avantage consiste en c/e qu'elle facilite remploi d'une foule de résidus et de matières grasses infectes; de plus, elle augmente la consommation de l'huile de palme et d'autres matières grasses végétales tirées d'Afrique et des colonies.
Les graisses ', placées dans des chaudières métalliques chauffées à la vapeur, sont traitées par de l'acide sulfurique dont la proportion varie entre 8 et 4 6 centièmes, selon la nature des matières*. On porte la température jusqu'à + 400®, et on la maintient pendant quinze à vingt heures en brassant sans cesse le mélange : d'abord , l'acide sulfurique se combine avec la matière grasse entière (stéarine, margarine, oléine); isolant ensuite la glycérine à l'état d'acide sulfoglycérique, il forme avec les acides gras des composés doubles (acides sulfoléique, sulfomargarique, sulfostéarique ) que l'eau décompose sous l'influence de la chaleur.
i . Voici la liste des principales matières grasses employées à la fabrication de cette sorte de bongie stéariqne.
1® Graisses de Reims et de Turcoing, extraites des eaux saTonnenses.
2® Résidus du graissage, et dégraissage des laines.
3* Graisses d'os.
4* Graisses vertes, mélange des matières grasses, résidus des cuisines.
5* Graisses de boyaux, proyenant de raclures des intestins.
6® Résidus et dépôts d*huile d'olive.
7® Dépôt des huiles de foie de morue et de baleine.
8® Huile de palme,
9® Huiles brunes extraites des graines du cotonnier. 10® Résidus savonneux.
2. 8 à 9 centièmes pour l'huile de palme: 10 à 13 pour les graisses vertes, et pour celles de Reims et de Turcoing; 12 à 16 pour les suifs, etc., etc.
m CHIMIE J^LÉMBNTAIRB.
Les matièreà étrangères se détruisent en grande partie par Taction de l'acide sulfurique, en donnant des résidus charbonneux et des produits solubles dans Teau.
Les acides gras devenus libres sont lavés, puis placés dans un appareil distillatoire dans lequel on fait passer de la vapeur d'eau chauffée à + 300» ou à + 400" , et avec une force élastique moindre que celle de l'atmosphère. C'est ainsi que les acides gras distillent avec de l'eau, dont on les sépare pour les soumettre à la presse. On procède ensuite au coulage, et afin de mieux éviter toute apparence cristalline à lextérieur des bougies, et souvent aussi, pour masquer une légère couleur jaunâtre, on les recouvre d'une pellicule plus blanche au moyen d'acide stéarique pur mêlé avec -^ de cire.
Après vous avoir parlé des huiles , je vous ai fait observer que toutes les substances qui portent ce nom, ne renferment pas toujours les mêmes principes immédiats ; je vous ferai la même remarque à propos des graisses,
L huile de pcUme (que l'on pourrait appeler graisse de palmé) , tout en partageant les propriétés générales et la constitution chimique des autres graisses, ne donne, par la saponification , aucun des acides gras que nous connaissons jusqu'à présent.
L'huile de palme , dont on fait un grand usage dans le commerce, a la consistance de l'axonge, est jaune rougeâtre, fond entre + %T et + 30®. Elle est formée de 30 centièmes d'une matière solide, et de 70 centièmes d'une matière liquide. Cette dernière n'a pas encore été bien étudiée : la première est la pal' mitine, que l'on isole par pression, et que l'on purifie en la faisant cristalliser dans l'éther.
La palmitine cristallise en aiguilles fusibles à +48*^. Par la saponification , elle donne de la glycérine et de l'acide palmitique (C*»H»«0*).
Arrivons au dernier groupe des corps gras à saponification facile. Le beurre ordinaire en sera le type. Je vous parlerai de la préparation du beurre lorsque nous étudierons le lait : pour le moment, je ne veux vous entretenir que de sa composition.
Il est facile de voir que le beurre, ainsi que la plupart des corps gras, est un mélange de plusieurs matières neutres. Si l'on abandonne à la température de -h 20*», une certaine quantité de beurre fondu, on verra que , dans la masse , il se forme des grumeaux blancs cristallins de margarine, dont la proportion est de ^h ' le reste se compose, pour la plus grande partie, d'oléobutyrine , de quelque peu de hutyrine , caprine et caprolne. Le beurre fond vers + SS®, donne, par la saponification, beaucoup d'acide
VINGT-GINQUIÈMK LEÇON. 143
mai^arique , une quantité moindre d*acide oléobutyrique (C* H" 0»)?, et des traces d'acide caproîque (C**H*«0*), caprique (C«» H"0*), et butyrique (C« H» 0*). Ces trois derniers acides sont volatils et doués d'une odeur désagréable. On suppose qu'ils sont le résultat de l'altération de Voléobutyrine,
Le beurre de coco est encore plus complexe que le précédent, car, par la saponification, on peut en tirer 6 acides.
L*aeide eaproiqiie es G» H^' 0^
— eaprylipie =C»«H«*0*
— capriqne = G*» H»» 0<
— laurique = G" H" 0<
— myristique = G" H»« 0<
— palmitiqiie = G" H»' 0<
Ce corps gras fond entre + 1 5° et + 20« ; il est légèrement coloré en jaune, et rancit avec une grande facilité. Il est probable que plusieurs des acides qu'il met en liberté en se saponifiant , proviennent de raltération d'autres acides , et que sa constitution est moins complexe qu'elle ne le paraît d'alaord.
Le beurre de muscade est composé en grande partie de myristine, substance fusible à + 31°; il se décompose, sous l'influence des alcalis, en acide myristique et en glycérine. ' Enfin, le beurre de cacao semble faire retour à la composition des corps gras les plus ordinaires , car il est composé exclusivement d'oléine et de stéarine. Après avoir cristallisé plusieurs fois dans l'éther, il fond vers + 30o.
En résumé, tous les corps gras compris dans la première classe, ont une 'constitution chimique semblable. Ils peuvent être tous comparés à des éthers composés. Ils opposent, comme ces derniers, une résistance plus ou moins longue aux influences décomposantes : leur décomposition est toujours le résultat d'un dédoublement accompagné à* assimilation cTeau,
Les corps gras à saponification difficile étant peu nombreux , il n'est pas nécessaire d'en abréger l'étude par le choix d'un type. Nous ne trouverons dans cette classe que le blanc de baleine et quelques cires.
Les vastes cavités de la tête du cachalot {physeter macrocephalus) sont remplies d'une huile tenant en dissolution une matière grasse, qui, après la mort de l'animal, se sépare sous forme cristalline. Cette matière {blanc de baleine, spermaceti) renferme toujours une portion du liquide qui la tenait en dissolution : pour l'en débarrasser , il faut la dissoudre plusieurs fois dans l'alcool
444 CHIMIE ÉLÉMKNTAIRE.
bouillant , d'où elle précipitera en paillettes nacrées. Ainsi purifiée, elle porte le nom de cétine,
La cétine est une substance blanche à texture cristalline , sans odeur, fusible à + 49^, et se figeant en une masse à larges lames. Elle esl insoluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool bouillant, les essences et l'éther. Sa composition est représentée par C«*H«*0*.
On ne saponifie aisément la cétine qu'en la fondant avec de la potasse en poudre. On obtient ainsi un corps neutre, Véthal^ et un acide, Vacide éthalique^ qui reste combiné avec la potasse.
La composition du corps neutre est C** H" 0*
L'acide à l'état libre se compose de C** H** 0*
C" H*« 0« Retranchons de leur somme la composition delà cétine C«*H«*0*
On aura pour différence, les éléments de deux molécules d'eau H* 0*
La saponification de la cétine s'accomplit donc d'après les mêmes lois que celle de la margarine , de la stéarine, etc., etc D'où nous pouvons conclure que la cétine est chimiquement constituée comme tous les corps gras.
L'acide qui provient de la cétine porte le nom d'acide éthalique C**H**0*, mais on pourrait l'appeler acide palmitique (acide de l'huile -de palme ) , parce qu'il en a la composition et toutes les propriétés.
D'après les recherches récentes de M. Heintz, la constitution de la cétine serait beaucoup plus compliquée qu'on ne le pense. Ce corps gras, en se saponifiant, ne donnerait pas seulement naissance à l'acide palmitique^ ou étatique^ mais encore aux acides, margarique^ cétinique^ myristique^ cocinigue : de sorte que la cétine serait formée par une série d'éthers gras, dont chaque terme se suivrait sans interruption. En effet, si par plus de simplicité on appelle palméfhal le principe immédiat de la cétine d'où provient l'acide palmitique^ et si on applique aux autres principes des noms semblablement construits, on aura 5 corps qui en s'assimilant les éléments de deux molécules d'eau donneront tous de l'éthal. et 5 termes consécutifs de la série des acides gras (voir la 24« leçon, page 421 ).
Principes immëdiats de la céiine. Produits de leur saponiflcation.
. , »...*..^< « wT^ I C*«H2«0< = Acide cociniqne.
Cocétlial = CWH»»Oi + 2 HO = | Qz^^MQt = Éthal.
Myrisléthal... = C«Heoo^ + . HO = j ^^:^% = ^^'aî "'"'*'^""
Cététïal = C«H«œ + .HO = { ^^,% Z ^''^''
« 1 x*u 1 P*iTrii*/vi a wn f C3>H3»0^ = Acide palmîtiqae.
Palméthal.... = C«<H«*0» = 2H0 = | c^'H^^O» = Éthal.
M^géthd.... = C^"0. = ÎHO [ %^Z = Éftaî."*^'""
An«mml.. . = C^"0. + ÎHO { ^Z = t^l ""°^''""
Le corps neutre qui, dans la cétine, joue le rôle de glycérine , est connu, avons-nous dit, sous le nom d'éthcU (C"H**0*). U fond à + 48°, cristallise parle refroidissement en lames brillantes ; il est insoluble dans l'eau, soluble en toute proportioii dans Talcool et réther, et peut être distillé sans altération. On l'appelle aussi alcool éthalique, car il présente plusieurs réactions qui le rendent comparable à l'alcool. En effet, avec Téthal et l'acide suif urique, on peut préparer V acide sulfoéthalique (C'»H»»0,SO»,HO,SO»), qui correspond à l'acide sulfovinique : avec le perchlorure de phosphore, il produit un corps huileux (C** H** Cl), homologue de l'éther chlorhydrique. Lorsqu'on chauffe à + 220° un mélange d 'éthal et de chaux potassée, on obtient l'acide éthalique, comme on obtiendrait l'acide acétique si l'on soumettait l'alcool au même traitement. Enfin, si l'on distille de l'éthal avec de l'acide phosphorique anhydre, on obtient le céténe (C** H*") , qui est au corps dont il dérive ce que le gaz oléifiant est à l'alcool.
Les deux séries inscrites au tableau suivant feront encore mieux ressortir l'analogie qui existe entre Valcool et VéthcU.
série alcoolique. Sërie ëihaliqae.
Gaz oléifiant.. C^H* Gétène G^H^^
Étherchlorhy- Chlorhydrate
driqiie C<HH3l de cétène.. Cs^H^Gl
Alcool C<H«0' Éthal C»«H»<0»
Acide acétiqtie C<H<0« Acide éthaliq. C32H«0<
Acide siilfovi- Acide sulfo-
nique C<HiO,S03,HO,S03 éthalique . . CMH330,S03,H0,S03
Éther éthalique C<H*0,CMH'»«03 Cétine CMH330,C32H3<03
Le blanc de baleine^ dont l'importation annuelle monte environ à 4 50,000 kilogrammes, est presque exclusivement employé à la fabrication des bougies dites de spprmaceti. La confection de ces 11. 9
bougies exige des matières premières très-choisies, parce que les moindres impuretés deviendraient visibles au milieu d'une masse transparente.
Si l'on employait le blanc de baleine seul, on obtiendrait des bougies à texture lamelleuse et très-cassante ; on évite ce défaut en y ajoutant 3 p. 0/0 de cire la plus blanche.
Ces bougies se font par moulage : la matière doit être assez chaude pour que les parties qui se sont solidifiées sur les parois des moules, lors de la coulée , se liquéfient de nouveau. L'expérience a prouvé que la température de + 60* est suffisante.
Le blanc de baleine éprouve, par le refroidissement, un retrait considérable ; il en résulte , autour de la mèche , un vide qui s'étend quelquefois jusqu'à la moitié de la bougie : on comble ce vide, en y coulant de nouvelle matière.
On polit les bougies de spermaceti en les roulant entre les mains. Pour les avoir colorées, on introduit dans le blanc de baleine fondu une très-faible quantité de matières colorantes broyées à l'huile. Les matières les plus convenables à employer sont : le carmin^ pour le rouge; le chromate de p/omA, pour le jaune; le bleu de Prusse, pour le bleu. La proportion minime de ces substances, qu'il suffit d'ajouter à la bougie, pour lui donner une teinte agréable à l'œil, n'a aucune influence sur la couleur et l'éclat de la lumière.
On comprend , sous le nom générique de cire , des substances qui ont plusieurs propriétés des corps gras , telles que la fixité , rinsolubilité dans l'eau . la solubilité dans les menstrues très-hydrogénés, la fusibilité et le toucher gras. Quelques-unes d'entre elles sont saponifiables : elles proviennent , pour la plupart , de la nature végétale; quelques-unes, en bien petit nombre, sont élaborées par certains insectes-
Voici les principales cires connues, leur composition centésimale et leur point de fusion. Nous n'étudierons que la cire d'abeille, cire qui nous intéresse plus que toutes les autres, et nous ne dirons que quelques mots sur la cire de Chine et du Japon.
TABLEAU DBS CIRES.
Noms. Carbone.
Cire commonp 80,35
Cire de Chine...... 80,66
Cire dn Japon 73,95
Cire de Myrica 74,23
Cire d'Ocuba 73,99
Cire de Bicnyba. . . . 74,38
Cire de Camauba... 80,33
Gir« de palmier. . . . 80,48
Gérosie 83,64
Cire des Andaqnies. ?