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ÉLÉMENTS

Hydrogène.

Oxy- Point fène. de fusion.

Provenance, des abeilles.

d*un hyménoptère.

î Des fruits de plusieurs espèces

de myrica.

de la myrittiea t^ftra.

de la myrùtiea kievyba, * du earnauba palmier du Bré-

sU.

dn céroxylon andieola. ^ de la canne à sucre. d*nn méiipone d*Amériqne.

La cire forme les cloisons des alvéoles hexagonaux dans lesquels les abeilles déposent leur miel. Dès qu'elle a été séparée de cette dernière substance, on la fond dans l'eau , et on la lave. C'est alors de la cire jaune : pour la blanchir, on l'expose en lames minces sur le pré : Thumidité et la lumière vive, semblent brûler ses principes colorants et aromatiques , car après le blanchiment elle renferme un peu moins de carbone et n'a plus aucune odeur.

La cire est très-cassante à 0«, se ramollit à + 30o, et fond vers + 66°. Soumise à la distillation, elle donne des carbures d'hydrogène, gazeux, liquides et solides, dont plusieurs sont isomères avec l'hydrogène bicarboné : elle produit en outre de l'acide margarique, et de la paraffine.

Par l'alcool bouillant , on peut séparer la cire en trois matières bien distinctes : la cérine que l'alcool abandonne par le refroidissement ; la cérotéine que l'alcool retient même à froid ; la myricine qui est presque insoluble dans l'alcool.

La myricine fond à + 72* : elle est un peu soluble dans l'éther, et très-peu dans l'alcool. M. Brodie est parvenu à la saponifier , en la chauffant, pendant longtemps , avec une dissolution concentrée de potasse caustique. Il a obtenu d'une part de l'acide palmitique (éthalique) C**H*'0*, et d'autre part , un corps neutre, la mélissine, dont la composition est C»» H«" 0* et auquel il trouve les propriétés fondamentales des alcools. Comme la composition de la myricine est C**H**0*, on voit

i rt 2. Cfts dpuxjftire» «ont probablement une spnle Pt mènip espèce.

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que cette substance se comporte , sous Taction des alcalis , comme une matière grasse ordinaire , et qu'elle peut , par conséquent , être considérée comme un éther. En effet :

Mjricine. Eau. Mélissine. Acide palmitique.

La stéarine, la margarine, Toléine, un éther composé, etc., etc., ne se décomposent pas autrement.

La cérine est un acide que M. Brodie appelle acide cérotique, et dont la composition est représentée par la formule C*** H*** 0*. Cet acide fond à 4-78" : pur, il distille sans se décomposer, mais réuni avec les autres principes immédiats de la cire, il se décompose complètement. La cire blanche en contient à peu près 22 centièmes.

La céroléine est une substance molle fusible à + 29« , soluble dans l'alcool froid, et douée de réaction acide. Il y en a à peine 5 centièmes dans la cire, et elle n'a pas encore été étudiée.

En résumé , la cire des abeilles se compose en grande partie , d'un corps gras proprement dit , et de deux acides, qui pourraient être le résultat de l'oxydation d'autres corps gras.

On a cru pendant longtemps , que les abeilles empruntaient la cire aux végétaux , mais il est bien prouvé aujourd'hui que la cire ordinaire est en partie le produit d'une élaboration animale. Des abeilles séquestrées, et nourries avec du miel, ont fourni à MM. Dumas et Milne-Edwards, beaucoup plus de cire que le miel n'en contenait. C'est, du reste, ce que Huber avait constaté depuis longtemps.

On altère souvent la pureté de la cire , en y ajoutant de la stéarine. D'après M. Lebel , on découvre la fraude , en fondant une partie de cire dans deux parties d'huile. On bat le cérat avec son poids d'eau pure , et on y ajoute quelques gouttes de sous-acétate de plomb ; s'il y a sophistication , le mélange acquiert une grande solidité , par suite de la formation du stéarate de plomb. Par ce procédé , on peut reconnaître ^j de stéarine dans la cire.

La cire de Chine ^ remarquable par sa grande ressemblance avec le blanc de baleine, est aussi un produit animal. Traitée par la potasse fondue, elle se décompose en acide cérotique [ÇJ^^ H"* 0*), et en un corps homologue de l'éthal, de la mélissine, de l'alcool, etc., etc., corps que M. Brodie appçlle cérotine (C"* H"0*).

Si Ton réunit par la pensée la composition de ce nouvel alcool ot celle de l'acide cérotique ; si on en retranche les éléments de deux

molécules d'eau , ce qui reste représentera précisément la composition de la cire de Chine.

Acide cérotique — C** H"* 0*

Cérotine ou alcool cérotique. = C"* H"* 0*

QI01Illl0Q6 2HO=C"«H"«O'

cire de Cbine.

La cire de Chine a donc une constitution semblable à celle de la myricine ; elle se saponifie comme tous les autres corps gras proprement dits.

Entre la composition de la cire de Chine et celle de la cérine (acide cérotique), il n*y a que deux molécules d'oxygène de différence : en oxydant par la pensée la première de ces deux substances, on aurait la seconde , c'est-à-dire un des principes immédiats de la cire des abeilles. C'est ce qui me faisait dire , que les principes acides de cette dernière cire pourraient bien dériver de l'oxydation de véritables corps gras.

De toutes les cires, celle du Japon est la seule qui, distillée, donne de Vacroléine : ce qui fait croire qu'elle renferme de la glycérine. M. Sthamer prétend qu'elle n'est autre que de lapalmitine, c'est-à-dire, le principe solide de Vhuile de palme.

Nous terminerons l'examen des corps gras , par un coup d'œil rapide sur une de leurs applications les plus anciennes et les plus importantes : la fabrication des savons.

Vous savez que les savons ne sont que des sels à acide gras ; et comme les matières d'où proviennent ces acides , et qui servent directement à la saponification , sont des mélanges , il est évident que les savons doivent aussi être des mélanges. Ainsi, par exemple, l'huile d'olive étant formée de margarine et d'oléine, le savon qu'elle produit par l'action de la potasse, est formé de margarate et d'oléate de potasse.

Toutes les bases n'étant pas également aptes à saponifier les corps gras , il en résulte que certains savons peuvent être préparés par voie directe, tandis que d'autres ne peuvent être préparés que par double décomposition. Les alcalis, les terres alcalines, et les oxydes de plomb et de zin3 peuvent servir à la saponification directe ; les oxydes, de cuivre, de fer, de cobalt, de nickel, etc., etc., à la saponification indirecte. Si l'on mêle deux dissolutions , l'une d'un savon alcalin , l'autre d*un sel renfermant une de ces dernières bases, un double échange aura lieu, et il se formera un savon insoluble à base métallique. On peut donc admettre qu'il y a autant d'espèces de savons que de bases : mais comme il n'y a que

les savons alcalins qui soient solubles, et qui , par cela même , servent aux usages ordinaires de la vie, leur production exclusive est le but unique de V industrie des savons.

La potasse forme en général des savons mous ; tandis que les savons qui renferment de la soude sont durs. Les huiles siœatives, toutes choses égales d'ailleurs , donnent des savons moins fermes que les huiles non siccatives. D'un autre côté , les caractères spéciaux de chaque savon, se rattachant à ceux de la matière grasse avec laquelle le savon même a été préparé, on conçoit que chaque matière grasse produise des savons doués de caractères propres.

Ainsi, le suif qui est riche en stéarine, formera avec la soude un savon plus dur que celui qui est formé par Thuile d'olive la plus riche en oléine. D'où il résulte qu'en associant convenablement les différentes matières premières, on peut obtenir des savons qui rappellent une provenance à laquelle ils sont réellement étrangers. C'est ainsi que dans le midi de la France , on se sert principalement d'huile d'olive ; dans le nord , on se sert presque toujours de suif : mais comme les savons préparés avec cette dernière substance sont trop durs , on les mitigé en y faisant entrer de l'huile de graine. Cette huile étant siccative, amoindrit la dureté qui est due à l'emploi du suif.

Les opérations fondamentales de la fabrication du savon, sont Vempûtage, le relargage^ la coction.

Lorsqu'on fait bouillir un mélange d'huile et de dissolution aqueuse de soude , il se forme d'abord une espèce d'émulsioii dense, d'aspect homogène , où il n'y a qu'une petite quantité de savon. Voilà Vempâtage : dénomination assez bien choisie, parce qu'elle exprime l'état de mélange intime^ qui précède la saponification complète.

La matière empâtée renferme une quantité d'eau trop grande , pour que les opérations ultérieures n'en soient pas entravées. On en élimine une bonne partie , par un moyen très-curieux , qui consiste à mettre cette espèce de pâte en contact avec de la lessive de soude tenant en dissolution une assez grande quantité de sel marin : après plusieurs heures , la pâte se crevasse , durcit, et le liquide augmente de volume.

Il arrive donc que le sel marin enlève à la pâte une grande partie de son eau. C'est en cela que consiste l'opération du relargage.

Nous allons voir que le sel marin joue encore un grand rôle pendant la coction.

Pour que la pâte relargie puisse être cuite , et devenir du savon , il faut non-seulement qu'elle éprouve Faction d'une certaine

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température, mais aussi qu'elle trouve la quantité d*alcali qui lui est nécessaire pour sa complète saponification. A cet effet , on la suspend dans la lessive alcaline très-salée et bouillante : elle y trouve une température supérieure à + 400°, et l'alcali dont elle a besoin, tandis que la présence du sel marin l'empêche de prendre de l'eau. Quoique plongée dans un milieu aqueux, la pâte se saponifie sans s'y délayer. C'est, sans contredit, un des traits les plus piquants de cette industrie.

Après cet aperçu, je tâcherai de vous donner une idée sommaire de la marche pratique de la fabrication.

La préparation des lessives caustiques se fait dans des cuviersà double fond en bois ou en fonte. Après avoir éteint la chaux, et l'avoir amenée à l'état de masse pâteuse, on la mêle avec de la soude ou de la potasse du commerce : on introduit ensuite le tout sur le double fond du cuvier préalablement recouvert d'un lit de paille, puis on y verse de l'eau. Après quelques heures de repos, on fait, au moyen d'un robinet , écouler lentement la liqueur dans une cuve en bois , d'où on la retire à l'aide d'une pompe , pour la remettre sur la chaux. On réitère cette opération jusqu'à ce que l'alcali soit entièrement décarbonaté.

La saponification s'exécute dans des chaudières qui ont la forme d'un tronc de cône renversé , terminé par un fond hémisphérique à sa partie inférieure. Dans la chaudière, au quart remplie de lessive faible, on verse peu à peu l'huile , et l'on fait bouillir le mélange : on ajoute successivement de la lessive et de l'huile, mais avec assez de ménagement pour qu'on n'aperçoive jamais de la lessive au fond , ou de l'huile à la surface* Quand la totalité de l'huile est entrée dans la chaudière, on ajoute en plusieurs fois de la lessive forte, qui en dernier lieu doit être mélangée de sel marin. A ce moment , le savon vient nager à la surface : on laisse tomber le feu , et on retire la liqueur par un tuyau {éplîie) placé au fond de la chaudière. On ajoute alors de la nouvelle lessive caustique et concentrée ; on rallume le feu , et l'on fait bouillir jusqu'à ce que la lessive ait acquis une densité de IMS à 1,20. Dans quelques cas , cette dernière opération est faite avec de la lessive salée : cela dépend de la qualité de l'empàtage et de la nature du savon.

En cet état, le savon est noir *, et ne contient plus que 4 6 p. 0/0 d*eau. On le traite différemment, selon qu'on le veut blanc ou

i . n doit cette teinte à un savon d'alumine et de fer, qui se colore par l'action qu'exerce sur lui le sulfure de sodium des lessives. Je rappellerai que les soudes du commerce provenant des cendres, renferment toujours des sulfurps alcalins.

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marbré. Dans le premier cas, on le délaie à une douce chaleur, dans des lessives faibles, et on laisse reposer , pour que les matières colorantes se déposent. Une fois la masse refroidie, on enlève le savon qui surnage , on le coule dans des moules (mises) , et après qu^il s'est pris en masse , on le divise en prismes de dimension convenable. Dans le second cas, on ajoute la quantité d'eau qui doit être nécessaire pour que les matières colorantes (savon d'alumine et de fer, sulfure de fer) se séparent en veines bleues, et donnent ainsi à la masse Taspect marbré. Aussitôt que l'eau s'est incorporée, on coule le savon dans les mises.

Le savon marbré renferme environ 30 p. 0/0 d'eau, il est plus dur que le savon blanc, mais il est moins pur ; cependant il est préféré au savon blanc, parce que ce dernier renferme ordinairement presque la moitié de son poids d'eau.

Les savons de suif, d'huile de palme, d'amandes douces, de noix de coco, de sésame, etc., etc. se préparent d'une façon

Les savons mouSy dits savons noirs ou savons verts, sont fabriqués avec les huiles les moins chères, telles que celles des graines, et ils sont toujours à base de potasse, Vempàtoge et la coction se font comme pour les savons à base de soude, en employant des lessives de plus en plus fortes , au fur et à mesure que la saponification avance. Lorsque celle-ci est terminée, et que le savon est devenu transparent , on l'amène à une consistance convenable au moyen de l'évaporation, puis on le coule dans des tonneaux^

Dans la préparation des savons mous, il n'y a donc que deux phases : ïempâtage et la coction.

On fait aussi un savon qui se distingue par sa transparence, et qui nous venait autrefois d'Angleterre. Aujourd'hui sa fabrication s'est tellement perfectionnée chez nous , qu'on en exporte tous les ans des quantités considérables. On le prépare en fondant à chaud une partie de savon de suif raclé , et bien sec , dans son poids d'alcool. La dissolution refroidie, et rendue limpide par le repos , est versée dans des moules. Le savon ne devient transparent qu'après 3 à 4 semaines.

Une autre espèce de savon eut dans le temps une grande vogue : je veux parler du savon à la neige. On le prépare en ajoutant à la pâte 7 à ^ de son volume d'eau, et en agitant le mélange jusqu'à ce que la masse ait doublé de volume.

Enfin, on fabrique un savon dans lequel entre de la résine. Ce savon étant très-soluble, est propre à certains usages particuliers, et sa consommation est très-considérable. On le prépare en ajoutant

à la pâte de savon de suif 50 à 60 p. 0/0 de belle résine en menus fragments. Lorsqu'il est bien fabriqué , il possède la couleur de la cire jaune , et les bords de ses pains sont transparents. Il doit se dissoudre facilement dans Teau, et produire beaucoup de mousse. Maintenant que nous avons vu les traits principaux de l'histoire des corps gras, nous ferons un retour à notre point de départ, c'est-à-dire à la graine. Nous avons trouvé dans cet appareil , vous vous" en souvenez, des matières protéiques^ amylacées et grasses. Supposons que , sous l'influence de la germination , ces matières aient contribué au développement de la nouvelle plante, et que celle-ci élabore, assimile, excrète ; en un mot, supposons qu'elle exerce déjà toutes les fonctions de l'être vivant. Par cela seul qu'elle exercera des fonctions multiples , elle produira des principes immédiats multiples. Parmi ces derniers, il y en aura qui seront destinés à entretenir la vie , et à augmenter la masse du végétal ; d'autres seront des produits de métamorphose destinés à être rejetés ; ou bien , s'ils continuent à faire partie de la plante , ils ne participeront pas essentiellement à ses fonctions vitales. Les principes immédiats qui appartiennent à cette dernière catégorie, étant nombreux, nous les diviserons en 6 groupes.

ler groupe. Les gommei.

3« — Les résines.

4« — Les matières colorantes.

5« ^- Les acides.

6» — Les aleakUdet,

Quant aux principes immédiats qui constituent la majeure partie de la plante, ou qui contribuent à son développement, ils se réduisent, selon nous , à deux : la pectine et la cellulose. La marche que nous allons suivre nous a semblé toute tracée par la nature. Examinons d'abord ce qui est essentiel à la plante, nous verrons ensuite ce qui lui est accessoire.

Nous commencerons la leçon prochaine par l'étude du principe pectique.

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