Acétate^ bibasique = (Gu 0)*, C* H» 0» + 6aq
4*' Acétate tribasique =; (Cu 0)», G* H» 0*
Le verdet du commerce est V acétate neutre de cuivre ; on le prépare en dissolvant le bioxyde d^ ce métal , ou bien l'acétate bibasique, dans l'acide acétique. La dissolution évaporée à chaud, dépose des prismes rhomboïdaux verts , contenant un équivalent
1 . On prépare encore Tacétate tribasique, en faisant digérer dans 30 parties d*ean , 7 parties de litharge avec 10 parties d'acétate neutre de plomb.
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d'eau d'hydratation ; quand elle est évaporée à une basse température , les cristaux sont bleus , et renferment 5 équivalents d'eau.
L'acétate neutre de cuivre est soluble dans 5 parties d'eau bouillante , et peu soluble dans l'alcool. 11 est efflorescent , se décompose par la distillation, et donne de l'acétone, de l'acide acétique très-concentré, une petite quantité de gaz , et un résidu de cuivre très-divisé. Bouilli avec du sucre de canne, il se décompose et laisse précipiter du protoxyde de cuivre, (Cu*0); la décomposition est presque instantanée, si Ton opère avec du glu'? cose.
Le verdet est employé dans la teinture en noir sur laine. Il est toxique comme tous les sels de cuivre.
On appelle communément vert-de-gris Vacétate bibasigue de cuivre *. On le prépare dans le midi de la France, en oxydant à Tair des plaques de cuivre mouillées avec du vinaigre, ou préalablement abandonnées au contact de marc de raisin , qui éprouve la fermentation acide. Le métal se reC/Ouvre ainsi d'une couche bleue verdàtre d'acétate bibasique.
Ce sel traité par l'eau , se décompose en acétate tribasique qui prend la forme de paillettes cristallines insolubles, en acétate neutre et en acétate sesquibasique, qui tous les deux restent dissous.
Le vert-de-gris est employé aux mêmes usages que le verdet , et il est aussi toxique que ce dernier.
Vacétate d'alumine est connu généralement sous le nom de mordant de rouge des indienneurs. Ce sel est d'une grande importance dans l'impression sur toile.
On le prépare en ajoutant à une dissolution d'acétate neutre de plomb, une autre dissolution de sulfate d'alumine, jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité. Le liquide qui renferme l'acétate d'alumine, est évaporé dans le vide pour en isoler le sel: si on révaporait à l'air libre , il se dégagerait de l'acide acétique.
L'acétate d'alumine est incristallisable , et a Taspect d'une masse gommeuse : sa dissolution bouillie avec du sel marin , du sulfate de potasse ou de l^aiun , se trouble pour redevenir limpide , en se refroidissant : c'est pourquoi les indienneurs n'emploient jamais ce sel à chaud ; ils trouvent qu'appliqué à froid par impression, les couleurs sont plus nourries et plus vives.
On appelait anciennement terre foliée de tartre le corps que
1 . On appeUe aussi verl~de-^it le prodait de Taction de Tair snr le cuivre ( voir xvine lêçofif page 639).
nous appelons aujourd'hui acétate de potasse. Ce sel est neoire ; il a un aspect gras et foliacé ; il est très-déliquescent et soluble dans l'eau et l'alcool. Dissous dans un excès d'acide acétique, il devient biacétate. Ce nouveau sel, soumis à la distillation, donne de l'acide acétique cristallisabie. On avait cru, dans le temps, que les acides monoatomiques ne formaient jamais de sels acides : la découverte du biacétate de potasse [KO, HO, (C*H»0*)*], due à M. Thompson , infirme cette opinion. M. Gerhardt en faisant agir le potassium sur l'anhydride acétique , ou bien encore en faisant agir cet anhydride sur l'acétate de potasse fondu , a obtenu , à son tour, le biacétate de potasse anhydre , dont la composition n'est en désacc/Ord avec aucune théorie : en effet cette nouvelle substance a la composition qui est propre à une combinaison ^'anhydride acétique avec de l'acétate de potasse ordinaire.
L'acétate de potasse normal est une substance qui intéresse les chimistes, parce qu'elle concourt à la préparation d'un produit qui a donné l'occasion à M. Bunsen de faire un des travaux les plus remarquables de la chimie moderne.
Lorsqu'on distille un mélange de parties égales d'acide arsénieux et d'acétate de potasse anhydre, on obtient un liquide fétide, spontanément inflammable, que l'on connaît depuis longtemps sous le nom de liqueur fumante de Cadet.
M. Bunsen a démontré que ce produit est l'oxyde d'un radical qu'il appelle cacodyle.
Il ne s'agit pas ici d'un radical hypothétique imaginé pour faciliter des rapprochements ou expliquer des phénomènes, noais d'un radical qui est aussi réel que le cyanogène, et qui joue le rôle d'un métal.
Aussi connait-on le cacodyle à l'état isolé, et quelle que soit la nature de ses combinaisons, il n'y est pas plus dissimulé que le cyanogène, je dirai plus, que les métaux ne le sont dans les leurs.
Il est inutile de vous entretenir de ce corps étrange et de ces nombreux dérivés. Ils n'ont , à vrai dire, qu'un intérêt purement et exclusivement scientifique *. Leur faculté toxique, leur difficile préparation et leur maniement dangçreux ont empêché d'en faire
derniers
1 . L'importance scientifique du cacodyle, est devenue encore plus grande dans ces trniers temps, par suite de la décoii¥erte du ttihéthyle, faite par MM. Loewig et
200 CHIMIE ÉLÉMBFCTAIRB.
l'objet d'une étude plus approfondie que celle qu'en a faite M. Bunsen. (Voir les yénnalesde Chimie et de Physique, t. IV, page 467, et t. VIII page 356 troisième série.)
La série que vous voyez inscrite au tableau suivant vous donnera une idée de l'importance scientifique de ce radical.
Sôhweizer, (Id biimutéthyle faite par M. Breed, et du itannéthyle faite par MM. Ca« hoQTSy et Riche.
Le itibéthyU et le bi$mulétkyle sont à Vantimoine et an bUmuthf ce que le itannéthyle est à rétain, ce qae le caeodyle est à Vantnic» Dans ces quatre corps on trouve une molécule de métal combinée avec une ou plusieurs molécules organiques. Ces combinaisons sont de véritables radicaux. Ainsi le stannélhylt serait composé d*une molécule d^éthyle C* H-'^, et d'nne molécule d*étain ; le caeodyle serait formé de deux molécules de mélhyle €^ H^, et d*une molécule à*arien%e : le Êtibéthyle et le bismutéthyle d'une molécule d'antimoine ou de bismMth, et de 3 molécules d'éthyle.
Stannéth7le= SuG<H& = Sn Et Caeodyle.. = As^j^î } = As Me^
Stibéthyle. =SbC<H* } = Sb Et»
Bismuthéthyle = Bi G^H» { = Bi Et»
Dans ces derniers temps M. Frankland a déconvert plusieurs autres radicaux par un procédé qui mérite d'être signalé.
Il introduit dans un tube en verre de Téther iodhydrique tiré de l'alcool ( iodure d'éthyle C< U^ I ) , ou bien de l'étber iodhydrique préparé avec l'esprit de bois (iodure de méthyle G^H^I), ou bien encore de Téther iodhydrique obtenu au moyen de l'huile de pomme de terre ( iodure d'amyle C» H" I) : Il y introduit en même temps de l'étain, ou du zinc, on du mercure : il bouche à la lampe ce tube, et il l'expose tantôt à l'action simultanée de la lumière, cl de la chaleur, tantôt à Tune seulement de ces actions.
M. Frankland obtient ainsi le stannéthyle de MM. Gaboors et Riche, et plusieurs entres radicaux homologues dont voici la bste :
Stannétbylinm (stannéthyle).. Sn G< H'
Stanméthylium SnG^H'
Stannamylium Sn G>*H*>
Zincéthylium Zn G< H*
Zincméthylium Zn G^ H
Zincamylinm Zn G'*Hi<
flydrargirométhylium Hg G* H>
Hydrargiramylium Hg G'*H"
Inutile de dire que tous ces radicaux, étant homologues du caeodyle* et de ses congénères, se prêtent à la formation de composés binaires et salins, de même qu'ils se prêtent à des échanges et à des doubles décompositions : en un mot, ils se comportent comme un métal.
D'après le même chimiste, il paraîtrait qne le fer, le chrome, le manganèse, le
SÉRIE GAGODTUQUB.
Cacodyle C*H«As
Protoxyde de cacodyle C<H«AsO
Bioxyde de cacodyle C^H^AsO^
Acide cacodylique.. . . ^ G^H'AsO'
Sels à base de protoxyde de cacodyle. . . . C*H«AsO,A
Cacodylates ^ M0,C<H«As03
Solfure de cacodyle C^H^AsS '
Sulfurés doubles de cacodyle et d'un métal . MS, G^H^AsS
Gblorare de cacodyle G^H^AsGl *
GbloniF. doublesde cacodyle et d'an métal . MQ.G^HOAsGl
Oiychlorure de cacodyle C<H«AsO,3C*H«AsGl
Après Tacide acétique, Yesprit de bois est le plus important des produits que donne le bois lorsqu'il est soumis à la distillation. A vrai dire, le corps connu sous le nom d'esprit de bois, d'alcool de bois, d'alcool rnéthylique, se trouve, du moins en grande partie, mêlé avec Tacide pyroligneux, sous forme d'une combinaison qui parait participer de la nature des éthers composés. En effet , lorsqu'on rectifie de V acide pyroligneux brut, on obtient au commencement, un liquide jaune plus léger que l'eau et
cadmium, Tarsenic, Tantimoine peurent servir à la formation de composés analogues.
M. Lœwig a aussi trouvé un nombre considérable de stannétbyles, dont la constitution est telle que si , par la pensée, on mettait dn carbone à la place de Tétain, et de Thydrogène à la place de Téthyle (G^ H&), ou aurait des radicaux appartenant à des séries autres que celle de l'étbyle. Voici en effet les nouveaux stannétbyles, et ce qu'ils deviendraient , par suite de ce remplacement idéal.
!• — Sn2 Et2 remplacés par G^ H» = Méthylène.
2» - Sn4 Et< id G< H< = Élayle.
30 Sn< Et3 id G< H^ = Acétyle.
4* — Sn» fit3 id C2 H^ = Méthyle.
5* — Sn4 Et* id C< H* = Étbyle.
Aussi appelle-t-il :
Métbylénestannéthyle le radical Sn^ £t>
Elaylstannétbyle id . . . . Sn< Et«
Acéstannéthyle .id . . . . Sn< Et»
Métbylstannéthyle id. . . . Su' Et»
Éthylssannéthy le id . . . . Sn< Et*
Quoi qu'il en soit de c«tte théorie, toujours est-il que tous ses composés se rattachent au cacodyle par leurs fonctions chimiques, leur rôle ne diffère aucunement de celui des métaux, et chacun d'eux peut devenir une source abondante de combinaisons nettement définies.
1. Cette série peut être augmentée du séléniure, du tellumre, des séléninres et tellnmres doubles, du bromure, iodure, fluorure, cyanure simples et doubles.
209 CHIMIE ÉLÉMENTAlftE.
lloué d'une odeur éthérée. Ce liquide, mis en contact avec la chaux, se décompose, dégage le véritable esprit de bois et forme de l'acétate de chaux. L'éther acétique ordinaire, qui serait soumis à la même action, ne se comporterait pas autrement : il se formerait , d'une part , de l'acétate de chaux, et , d'autre part , de l'alcool. Dans le cas qui nous occupe, on obtient de l'esprit de bois, qui est un alcool lui-même. Il semble donc probable que cette substance se trouve, sous forme d'éther composé, parmi les produits liquides de la distillation du bois, et non pas telle qu'on la connaît sous son nom ordinaire.
Pour avoir Valcool méthylique pur, on mêle l'esprit de bois du commerce avec le double de son poids de chlorure de calcium fondu et pulvérisé. L'alcool méthylique forme, avec ce corps, une combinaison cristalline qui résiste à une température de -}- 4 00® sans se décomposer : on la chauffe au bain-marie pour distiller la majeure partie des produits étrangers qui l'accompagnent. Le résidu (combinaison de chlorure de calcium et d'alcool méthylique), mêlé avec de l'eau, se décompose. En distillant le mélange aqueux, on obtient l'alcool méthylique, qu'on n'aura plus qu'à distiller sur de la chaux vive pour l'avoir pur et anhydre.
L'alcool méthylique, ou esprit de bois, est un liquide incolore doué d'une odeur à la fois éthérée et alcooHque : sa saveur rap>pelle celle de l'alcool, mais elle est plus brûlante; sa densité est 0,798; celte de sa vapeur est \ ,42. Il bout à H- 66®, et son ébullition n'est paisible qu'autant que Ton met au fond du vase distillatoire une certaine quantité de mercure ; il brûle avec une flamme bleue ; sa composition est représentée par la formule C*H* 0", formule qui correspond à 4 volumes de vapeur.
L*alcool méthylique dissout facilement les alcalis et donne naissance, avec la barite anhydre, à une combinaison cristalline formée d'un équivalent de chaque corps. En général , il a les mêmes propriétés dissolvantes que l'alcool.
L'histoire chimique de l'alcool méthylique serait aussi longue que celle de l'alcool ordinaire ; mais on k résume eu disant que, puisque ces deux corps sont homologues, il suffit de se rappeler l'histoire de l'un pour savoir l'histoire de l'autre. Remplacez, par la pensée, l'hydrc^èoe carboné C* H* par l'hydrogène carboné C*H*, vous transformerez la série éthylique en série méthylique. Voyez plutôt le tableau suivant, qui, au surplus, vous dira combien MM. Dumas et Péligot ont eu raison de considérer l'esprit de bois comme un véritable alcool.
Principaux termes de Ift M^rie Prinoipaax ternies de la série
éthylique. méthylique.
Hydrogène carboné . . G<H< Hydrogène carboné C^H^ ?
Aicool ordinaire.... G^H'O^ Alcool méthylique (esprit
de bois) Cm*0^
Aldéhyde éthylique. C*li*0^ Aldéhyde métfayliqDe . . G^H^O' ?
Acide acétique G<H<0< Acide formique C^H^O*
Éther éthylique G*H^O Éther méthylique C2E30
Éthers composés à Éthers composés à hy-
bydracide C<mX » dracide C^H^X
Éthers composés ne»- Éthers C(»nposés neutres
très à oxacide C^H'^0, A 2 à oxacide G2H30,A
Acides ^iniques C*flK),A+A^O Acides viniques G2H30,A+A,H0
Quelques termes de la série méthylique n'ont pas encore été isolés : tels sont Vhydrogène carboné C* H* ( méthylène ) , et l'aldéhyde méthylique C* H» 0*. Mais de ce que l'hydrogène bîcarboné peut être tiré de l'alcool normal, on ne peut pas conclure qu'il y préexiste ( leçon xxrv®, p. 99 ) ; il est donc également probable que C* H* ne préexiste pas non plus dans l'esprit de bois. Si , dans la construction des séries, ces hydrogènes carbonés figurent comme les premiers termes et représentent les molécules fondamentales, c'est plutôt pour faire saisir des relations que pour exprimer un fait matériel. Les différentes théories que l'on a proposées tour à tour sur la constitution de l'alcool le montrent assez. Si l'on avait la preuve que l'hydrogène bicarboné, qui , par un artifice quelconque, aurait été transformé en alcool , conserve encore son individualité, il n'y aurait plus qu'une seule théorie possible : ce serait celle que Von désigne sous le nom de théorie de Vhydrogène bicarboné.
De même que l'alcool ordinaire, soumis à l'influence des actions oxydantes, se transforme en acide acétique, de même l'esprit de bois se transforme en acide formique. L'allure des phénomènes est la même dans les deux cas. Qu'on enlève, par la pensée, aux deux alcools deux molécules d'hydrogène et qu'on leur en donne autant d'oxygène, on aura VqMe acétique et V acide formique,
Alcool. Ao. acétique.
Esprit de bois. Ac. formique.
Cependant , on ne se sert pas d'esprit de bois lorsqu'on veut