‹ Le.cons élémentaires de chimieChapitre 26 sur 67 · C»H»0* — 2HO=2CO · texte numérisé non relu

C»H»0* — 2HO=2CO

Ac. formique. Ean. Oxyde de

carbone.

L'acide formique étant un des corps ternaires organiques, dont la constitution parait la plus simple (oxyde de carbone et eau), il est naturel qu'il prenne naissance dans un grand nombre de réactions. Si les molécules que l'on appelle organiques se distinguent des molécules minérales par leur constitution plus complexe, on conçoit qu'en se dédoublant pour prendre des formes de plus en plus simples , elles puissent se transformer en acide formique. Aussi prépare-t-on cet acide en oxydant non -seulement le sucre , mais encore l'alcool , la matière ligneuse , la gomme, la plupart des acides organiques, et une multitude d'autres substances de nature végétale et animale : on le trouve même tout fait dans certains animaux. Les fourmis rouges en contiennent assez, pour que pendant longtemps elles aient pu seules en fournir aux chimistes. Gehelen prépara pour la première fois cet acide en distillant un mélange de fourmis rouges broyées et d'eau. Ce ne fut que beaucoup plus tard que M. Doebereiner en obtint en oxydant de l'acide tartrique et du sucre.

Il existe une substance qui, sans avoir une analogie proprement dite avec l'acide formique, paraît cependant faire partie de la même famille : on l'a appelée chloroforme pour faire allusion à cette esp*e de parenté. Sa composition est telle qu'elle représente de Vacide formique anhydre dont l'oxygène aurait été remplacé par du chlore.

C* HO* =s acide formique anhydre.

C* HCl» = chloroforme.

Lorsqu'il est soumis à l'action des alcalis, il se transforme en acide formique, et donne une formiate et un chlorure alcalin. II. 42

206 GRIliiE BLBUKNTAIRB.

C*HCl» + 4KO=-KO,C«HO»+3KCl

Chloroforme. Potane. Formiate de Chlorure de

potasse. potassium.

D*aprè9 cela, il est nature! que je vous entretienne de cette substance à la suite de Tacide formique. ^ Le chloroforme a i'aspect d'un liquide très-limpide et incolore. Il est doué d'une odeur éthérée particulière , et d'une sâveur douceâtre. Sa densité est l,4il4 à -f 47«; celle de sa vapeur est de i,3 , ce qui prouve que sa formule (C* H O') représente 4 volumes de vapeur; il entre en ébullition à -f ^4"; il ^^ soluble dans l'alcool et l'éther, et il dissout à son tour le phosphore, le soufre et l'iode.

Soumis à l'action du chlore, sous l'influence des rayons solaires, il perd son hydrogène, et se transforme en un nouveau chlorure de carbone C* Cl*.

On connaît plusieurs moyens de le préparer. L'éther chlorhydrique de l'esprit de bois (C* H* Cl), par l'action simultanée de la lumière solaire et du chlore, passe à l'état de chloroforme. L'hydrogène protocarboné C* H*, placé dans les mêmes circonstances, produit le même résultat. Les chloracétates (MO, C* Cl* 0'), traités par un excès d'alcali, donnent du chloroforme et un carbonate alcalin. L'alcool, l'esprit de bois, l'acétone, distillés avec de l'hypochlorite de chaux (chlorure de chaux), donnent naissance à leur tour à du chloroforme.

Le procédé le plus usuel pour le préparer est le suivant : on verse 35 à 40 litres d'eau dans un alambic ; on chauffe cette eau à + 40®, et l'on y délaie d'abord 5 kilogrammes de chaux vive, puis 40 kilogrammes 4'hypochlorite de chaux du commerce; enfin, on y verse un litre et demi d'alcool à 0,85, et après avoir ajusté le chapiteau, on chauffe le mélange jusqu'à ébullition ; dès que l'opération conmience, on ralentit le feu et on abandonne l'opération à elle-même ; on obtient ainsi dans le récipient une liqueur, au fond de laquelle se trouve une espèce d'huile, qui est le chloroforme ; on le sépare, on le lave à plusieurs reprises et on le distille sur du chlorure de calcium fondu : comme il #st toujours accompagné par une faible quantité d'une substance chlorée, dont le point d'ébuUition est de beaucoup supérieur à -J- 61°, il importe de le distiller une ou deux fois, en mettant à part les dernières portions.

Le chloroforme a acquis, dans ces derniers temps, une grande popularité par suite de son pouvoir anesthésique. On en doit la découverte à M. Soubeiran.

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H existe aussi un bromoforme (C*H6r*), un iodofoime (C*HI»), un8ulftrforme(C«HS»).

Bien que Tadde pyroligneux scHt le plus important de tous les produits de la distillation du b(NS, cependant le goudron n'est pas tout à fait sans intérêt : indépendamment de son emploi comme moyen préservateur, il est la source d'une multitude de substances, parmi lesquelles il en est deux, la para/fine et la créosote, qui doivent fixer notre attention.

Pour extraire la paraffine, on distille le goudron, qui donne des liquides de différentes densités ; on prend le plus dense pour le distiller plusieurs fois successivement et le mêler ensuite, par petites portions, avec la moitié de son poids d'acide sulfurique concentré : le mélange noircit , s'échauffe et dégage de l'acide sulfureux ; on t'abandonne au repos pendant douze heures et à la température de + 50^. Au bout de ce temps, on trouve à la surface un liquide incolore formé de paraffine impure fondue ; on laisse refroidir, on enlève la paraffine figée, on l'écrase, on la lave, on la presse entre des feuilles de pa^Her sans colle, enfin on la fait cristalliser dans l'alcool.

On obtient aussi une grande quantité de paraffine en distillant de la cire fossile de Moldavie ( ozokerite ) , ou bien en distillant un mélange de cire et de chaux : le produit huileux de la distillation se solidifiant par le refroidissement , est exprimé et traité par l'alcool.

La paraffine cristallise en belles lames nacrées, fusibles vers + iT" : elle a le toucher gras, n'a ni odeur ni saveur, bout vers + 370» et brûle avec une belle flamme blanche ; elle se dissout dans 28 4 /2 parties d'alcool bouillant, d'où elle se dépose presqu'en entier par le refroidissement. C'est à son indifférence pour les autres corps qu'elle doit son nom : en effet , l'acide sulfurique concentré (pourvu que la température ne dépasse pas -f- 400* ) , l'acide azotique ordinaire, le chlore, les alcalis, c'est-à-dire les corps les plus énergiques, ne l'attaquent point. Elle est composée d'hyilrogène et de carbone dans les mêmes proportions que celles de l'hydrogène bicarboné ( C* H* ).

Avec la paraffine, on fait des bougies d'excellente qualité et qui peuvent remplacer celles qui sont faites en blanc de baleine, dont le prix est très-élevé.

La créosote présente de l'intérêt parce qu'on l'emploie pour calmer les douleurs de dents et pour rendre la viande imputrescible. Sa préparation est trop longue et trop compliquée pour que je vous en parle : Je me bornerai donc à ses propriétés.

La créosote est un liquide huileux incolore, d'une odeur péné-

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trante, d'une saveur très-âcre, et dont la densité est 4,037. Elle, cautérise les tissus organiques et coagule Talbumine. Cest probablement à cette dernière propriété qu'elle doit son pouvoir antiseptique. Elle bout vers -f SlOO® ; elle est soluble dans Talcool et l'éther, presque insoluble dans l'eau ; sa composition est représentée par C" H* • 0*.

Après avoir examiné l'action de l'air et celle de la chaleur sur le bois, nous examinerons les altérations qu'il éprouve lorsqu'il est enfoui dans la terre, et soustrait en même temps à l'action de l'air.

Il semble que nous aurions dû aborder un pareil sujet lorsque, dans la leçon précédente, nous avons parlé des altérations que le bois subit sous l'influence de l'air ; mais alors nous considérions spécialement le bois normal, le bois proprement dit, tandis que ce que nous allons dire se rapporte autant au bois qu'à toute autre partie végétale.

On sait que, lorsqu'on traite une terre arable par une dissolution alcaline, la liqueur se fonce et tient dès lors en dissolution une matière qui , rendue libre par les acides, a les propriétés de Vacide humique ou humus. Si , après avoir épuisé l'action alcaline, on abandonne la terre à elle-même, elle pourra encore plus tard céder une nouvelle quantité d'humus. On n'obtient aucun de ces résultats si , avant de faire l'expérience, on calcine fortement la terre de manière à détruire toute substance organique qu'elle pourrait contenir. Il est donc évident que ce que les alcalis enlèvent à la terre arable provient de l'altération des détritus végétaux qui y sont renfermés.

On désigne sous le nom de terreau la matière qui communique à la terre de pareilles propriétés.

Le terreau des terres arables parait donc analogue au bois qui s'est altéré sous Tinfluence de l'air libre. Cependant le terreau a pris naissance dans des circonstances qui ne sont pas les mêmes que celles où s'est trouvé le vieux bois.* Celui-ci a éprouvé l'action libre de l'air et de l'humidité, tandis que les détritus végétaux enfouis dans la terre se sont trouvés dans un milieu généralement plus humide et où l'air n'avait pas un libre accès.

D'après M. Mulder, les acides du terreau auraient la même composition que ceux que fournit le sucre lorsqu'il est soumis à l'action de l'acide «ulfurique ( acide ulmique =sC*®H**0'*; acide humique => C*^ H*' 0** ). Quoi qu'il en soit , il est certain que les matières végétales enfouies dans la terre éprouvent cette espèce de fermentation, ou, si Ton veut, cette espèce de combustion lente, dont le résultat définitif est la production d'une substance

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soluble dans les, alcalis : sous cette forme, elle est absorbée par les spongioles des racines, et joue un rôle important dans la nutrition des plantes. C'est un fait bien avéré qu'une terre dépourvue de terreau est généralement stérile * .

La tourbe parait avoir la même origine que le terreau. Elle est le résultat de la décomposition spontanée de certains végétaux herbacés enfouis» et se comporte vis-à-vis des alcalis comme le terreau et le bois charbonneux. Elle aussi donne un acide humique dont la composition n'est pas constante ; elle aussi a la propriété de reproduire cet acide quand elle est exposée à l'air, et plus facilement encore quand elle est humectée avec une dissolution alcaline.

La tourbe se fait , pour ainsi dire, sous nos yeux, et nous ne pouvons douter de son origine. On y reconnaît facilement les débris des végétaux herbacés qui l'ont engendrée, et l'état des tourbières actuelles nous apprend assez dans quelles circonstances a eu lieu la décomposition des végétaux qui les ont formées. Il est évident que cette décomposition est le résultat de l'action simultanée de l'eau et de l'oxygène.

Les végétaux eiifouis offrent des caractères qui signalent l'âge de leur enfouissement. Ceux que l'on trouve dans les terrains tertiaires, et que l'on appelle lignites, ont conservé leur structure et leur forme primitive ; mais leur matière est devenue friable, se pulvérise facilement et donne Mne poudre brune.

Les végétaux des terrains plus anciens, ceux principalement qui abondent dans les terrains de transition, et qu'on appelle les houilles, ont perdu leur structure végétale Ils forment des masses

1. Le terreau ne fournit pas seulement aux racines la matière sohible dans les alcalis.

MM. Boussinganlt et Leyy, ont fait de nombreuses analyses de Tair confiné dans la terre arable, et ils ont tu combien il est riche en gaz acide carbonique, gaz qui ne peut provenir que du terreau. Or, cet acide carbonique aspiré par les spongioles doit contribuer au développement des plantes cultivées, bien pins que la quantité presque inappréciable qu'on trouve dans l'atmosphère.

Voici les conclusions du travail de MM. Boussinganlt et Levy. * J* L'air renfermé dans un hectare de terre arable de 35 centime ires d'épaisseur varie de 300 à 1500 mètres cubes.

2® L'air renfermé dans un hectare de terre fumée depuis près d'un an, contient autant d'acide carbonique qu'il s'en trouve dans 18000 mètres cubes d'air atmosphérique.

3* Si la terre est récemment fumée, l'acide carbonique peut représenter celai qui est contenu dans 200000 mètres cubes d'air normal.

4® Dans le locm sous-sol de la forêt, il y a pour une couche de 35 ^^i" d'épaisseur, autant d'acide carbonique, qpe dans 5000 mètres cubes d*air atmosphériquo.

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