‹ Le.cons élémentaires de chimieChapitre 35 sur 67 · C« H" 0«« + 2 HO — C«» H"» 0'* + C* H · texte numérisé non relu

C« H" 0«« + 2 HO — C«» H"» 0'* + C* H

Populine. Eau. Salfcine. Acide ben-

zoïque.

MM. Biot et Pasteur ont vu que le pouvoir rotatoire de la populine est le même que l'on trouverait à un liquide où seraient dis^ sous de la salicine et de l'acide benzoïque dans les proportion» indiquées par la formule théorique imaginée par M. Piria : observation importante, parce qu'elle prouve que, dans les formules dites rationnel/es qu'on s'accorde à considérer comme l'exprès- $ion d'une hypothèse, il peut y avoir, dans certains cas, quelque chose de réel.

Si l'on fait dissoudre à froid de la populine dans 40 à 42 fois son poids d'acide azotique pur (d'^ ) ,30) , il se produit un nou-, veau corps, que M. Piria appelle benJUhhéUcine. Ce corps, sous

266 €I1I1IIB KLBIIENTAIIIE.

TinAuence des acides ou des alcalis, se décompose en acide benzoïque, en sucre de raisin et en acide salicyleux.

Dans les pousses d'asperqes^ le bois de réglisse^ la ra^ne de guimauve, la grande consoude, les pommes de terre, les graines die vesces aeant la fleuraison, il existe une substance cristallisable appelée asparagine, que Ton isole par le procédé suivant :

On exprime le suc des plantes qui la contiennent et on le porte 4 ébullition ; on sépare par filtration les matières albumineuses coagulées : la liqueur, évaporée à consistance sirupeuse, puis abandonnée à elle-même, laisse déposer des cristaux à'aspara* gine, que Ton purifie par des cristallisations réitérées.

L'asparagine cristallise en beaux prismes à base rhombe ; elle est incolore, douée d'une saveur fraîche et fade ; insoluble dans l'alcool et réther, très-soluble dans Teau bouillante, très-peu solubie dans Teau froide ; elle a une réaction tant soit peu acide, et se combine avec Toxyde de cuivre, mais ne se combine pas avec les autres bases.

L'asparagine cristallisée a pour formule C* H* Az* 0* + aq ; desséchée à -|-400°, elle perd son eau d'hydratation ; soumise à Faction de l'acide azotique, elle s'assimile les éléments de quatre molécules d'eau et se transforme en malate d'ammoniaque.

C» H» Az» 0« + 4 HO = (Az H», HO)», C« H^ 0«

Aspiiragine. Eau. Malate d'auunoniaqoe.

Traitée forme en un

par la potasse, elle dégage de l'ammoniaque et se transun acide biatomique, V acide aspar tique (C'H' AzO').

C»H» Az»H« -f- 2 KO = (KO)», C« H* Az 0«

Asparagine. Potasse. Aspartate de potasse.

Comme on peut supposer que Vacide aspartique est à Vasparagine ce que Vaclde oxamique est à Voxamide, il en résulte théoriquement que l'asparagine est l'amide du malate d'ammoniaque, et que l'acide aspartique est l'amide du bimalate ; en d'antres termes, l'asparagine serait la malamide, et l'acide aspartique serait Vacide malamique. Mais, jusqu'à présent, on n'est pas parvenu à préparer ces prétendues amides par les procédés ordinaires, et il est possible que leur véritable nature soit trèséloignée de celle qu'on leur suppose.

L'asparagine, mise en contact avec une substance azotée qui existe dans le jus de vesce, se transforme en succiMaie d'ammoniaque, en s^assimilant deux molécules d'eau et deux molécules

d'hydrogène. Ce dernier élément provient de la putréfaction de la matière a^tée.

C« H» Az« 0« + 2 HO + 2 H -= (Az H», HO)», HO. C H* 0»

Succinate d'wumoniaqut».

Je vous signalerai aussi une a^utre substance neutre que Ton trouve dans les plantes dites savonneuses et dont on se sert pour dégraisser : telles sont la saponaire d'Egypte, Vécorce du quU' laïa saponarla^ le marron dinde. Elle est connue sous le nom de saponine (C»* H" 0'*). On la tire de ia saponaire d'Egypte, au moyen de Talcool bouillant qui , en se refroidissant , la dépose sous forme de flocons. Sa dissolution aqueuse mousse comme celle du savon ; traitée par les acides ou les alcalis étendus, elle se transforme en acide eseuHque ( C" H" 0«») .

Plusieurs végétaux terrestres, tels que leso/(/non«, \e&asperges, le céleri, les champignons, la iaminaria saecharina, etc., etc., et presque toutes les plantes marines, renferment une substance cristatlisable que Ton désigne sous le nom de mannite. On trouve cette substance non-seulement parmi les produits naturels et immédiats de la végétation, mais encore parmi les produits de cette espèce de fermentation que l'on appelle fermentation visqueuse, parce que la matière fermenr«scible se transforme momentanément en un corps muqueux el gluant ' . La source la plus riche en, mannite est là manne, suc extrait dnfraxînus rotundi/olla, espèce de frêne qui croit dans TEurope méridionale.

En traitant la manne par l'alcool bouillant , on obtient la mannite, qui , par le refroidissement de la liqueur, cristallise en prismes quadrangulaires, très-blancs et d'un éclat soyeux.

La mannite a une saveur agréable et sucrée ; elle est sotuble dans 5 parties d'eau froide et dans une moindre quantité d'eâu bouillante; chauffée au-dessus de -f «OO**, elle fond en un liquide incolore qui se figé en prenant une texture cristalline ; si on la chauffe davantage, elle se décompose et donne des produits analogues à ceux que fournissent les sucres,

La composition de la mannite est représentée par C* H' 0*, ou plutôt C* H* O*, 2 HO, car elle peut échanger les éléments de deux molécules d'eau contre deux molécules d'oxyde de plomb î

C«H»0*,2PbO.

Ainsi que le. sucre, elle se combine avec le sel marin et forme un composé dont la formule est Na Cl , 2 C* H* 0*. Traitée à froid

1. Le sac de betterave qpi a fermenté contient beanconp de msanHe.

968 CUmiB BLÂMENTAIBB.

par Tacide azotique monohydraté, elle 8*en assimile les éléments, devient explosible et acquiert les principales propriétés des mot'iéres pyroxy ligues. Si Tacide est chaud , la mannite s'oxyde et donne de l'acide oxalique ; mise en contact avec l'acide sulfurique, elle se combine avec lui et forme l'acide sulfomannitique :

C«H^Os(SO-)VHO.

L'aspect et la saveur peuvent , jUsqu a im certain point , faire confondre la mannite avec le sucre ordinaire ; mais ces deux substances diffèrent , d'ailleurs, par un grand nombre de leurs propriéléài La mannite n'exerce pas de pouvoir rolatoire sur la lumière polarisée ; soumise à l'action des acides, elle ne donne pas de sucre ; mise en contact avec la levure de bière» elle ne ferlaente pas. On peut, au surplus, reconoaitre la mannite par des essais fort simples. Chauffée légèrement avec de l'acide sulfurique concentré ou avec une forte dissolution de potasse, elle se dissout sans colorer les liquides, tandis que le sucre de canne est carbonisé par l'acide sulfurique, et le sucre de raisin noircit les dissolutions aksalines bouillantes. £nfin, le réactif de Frommberz n'a aucune action £ur la mannite.

Je ne sais si on ne devrait pas mettre à côté de la mannite, la phyoite découverte par M. L;^y dans une algue (le protococcus communia) . Cette substance cristallise dans le système prismatique rectangulaire : elle est neutre^ a une saveur très-sucrée^ fond à -^ 442* ; entretenue longtemps en fusion, se volatilise entièrement sans se décomposer : cette propriété suffirait déjà pour la distinguer de la mannite. On ne pourrait pas la confondre non plus avec les difféi^ntes espèces de sucre, attendu que sa dissolution n'exerce aucune action sur la lumière polarisée, ni sur le réactif de Frommherz : enfin elle n'est pas fermentescible, et lorsqu'on la chauffe brusquement, elle se décompose , et répand une odeur de farine torréfiée. Sa composition ne diffère de celle de la mannite que par un peu plus d'hydrogène (C** H** 0*' )

On rencontre enrore dans les plantes beaucoup d'autres principes neutres, tels sont ; la phloridtint (C^* H"0^) , dans nos arbres à gomme; la ^lycyrrhizine ( C** H*« O*^ ) , dans le glyvirrhyza glahra; la plperine (C**H*» AzO*), dans le poivre; la pivrotoxine ( C*' H^ 0" ) , dans les coques du Levant ; la swbine (C'"H'*0'*), dans les baies du sorbier; la quercite, dans les glands, du qùercus robur; la dulcose (C'< H** 0'* -f 2aq), etc. Toutes ces substances n'ont pas actuellement assez d'intérêt pour arrêter notre attention. -.

VINGT-NECVIGME LEÇON. ^69

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