‹ Le.cons élémentaires de chimieChapitre 39 sur 67 · C"H«0'* + 6HO=«6C'H»0»+C«*H · texte numérisé non relu

C"H«0'* + 6HO=«6C'H»0»+C«*H

. Taonia. Eau. Ae. gallique. Glucose anhydre.

Cette observation prouve que le tannin ne se transforme pas toujours en acide gallique par suite d'un phénomène d'oxydation, et que le dégagement de l'acide carbonique que l'on observe lorsque le tannin est abandonné pendant longtemps à lui-même en présence de l'eau, peut provenir de la fermentation du sucre qui se forme en même temps que l'acide gallique.

autant de gomme: on y ajoute souTent da sucre et du sulfate de cuivre. On abandonne le mélange à Tair, jnsqn'à ce qn*il ait pris tine teinte noire foncée.

1. Telle n^est pas l'équation donnée par M. Strecker. Ce chimiste assigne an tannin la formule C<«H"»Oa« ei assigne à Tacide gallique la formule C* H»0"». Dès lors son équation devient :

C« H'» 0»« -f 10 HO = 2 G«< H» 0'» + C'î H>2 O'^ Tannio. Eao. Acide galliqne. Glucose anhydre.

$02 CHIMIE ÉLÉMENTAIBE.

La transformation du tannin en acide gallique est quelquefois l'effet d'une fermentation directe {fermentation gallique). Si l'on ferme hermétiquement un flacon rempli d'extrait de noix de galle, au bout de quelque temps on pourra en retirer une quantité notable d'acide gallique. Comme dans ce cas l'air n'a pas pu agir, et comme dans l'extrait il y a des matières azotées, il est presque certain que ces dernières ont joué vis-à-vis du tannin le rôle de ferment. D'ailleurs, rien n'est mieux constaté que la noix de galle renferme un ferment , ou quelque chose qui peut le der venir ; car si, après en avoir retiré le tannin au moyen de l'éther, on la met en contact avec du sucre, elle le fait entrer en fermentation ; au surplus, la fermentation gallique peut être arrêtée par les mêmes moyens qui arrêtent toutes les autres fermentations.

Le procédé que l'on emploie ordinairement pour préparer l'acide gallique est fondé tout à la fois sur l'oxydation et sur la fermentation du tannin. Effectivement , pour obtenir l'acide gaU lique, on abandonne à la température de + 25° à + 30« de la noix de galle pulvérisée et humectée ; après plusieurs mois, la matière se recouvre de petits cristaux blanchâtres : alors on laisse dessécher la masse, puis on la traite par l'alcool bouillant, qui ne dissout que l'acide gallique, dont il laisse déposer la plus grande partie par le refroidissement. Avec cet acide, il se forme aussi de l'acide ellagique^ dont nous parlerons bientôt. Il est évident que, par ce procédé, l'air, l'eau et les ferments doivent agir simultanément.

L'acide gallique cristallise en prismes confus blancs ou à peine jaunâtres, solubles dans \ 00 p. d'eau froide et 3 p. seulement d'eau bouillante ; il est très-soluble dans ralcool et très-peu dans l'éther ; il ne précipite pas la gélatine et ne se fixe pas sur les membranes animales, propriétés négatives qui le séparent nettement du tannin.

L'acide gallique se comporte comme le tannin vis-à-vis des sels de fer; il ne précipite pas les sels au minimum et forme un précipité bleu noir dans les sels au maximum ; sous l'influence de la lumière solaire, il réduit rapidement l'azotate d'argent et le perchlorure d'or : aussi est-il employé dans la préparation des pa" piers photographiques.

D'après la composition des gallates, il y a lieu de croire que Tacide gallique est biatomique ; sa formule sera donc :

C'H0»,2H0 + aq;

son eau d'hydratation est éliminée à + 400°; l'eau de composition ne peut être remplacée que par des bases.

L'acide galUque, chauffé environ à + ^OO^", se dédouble en acide carbonique et en acide pyrogallique (C* H* 0*).

C H* 0** = I C* H* 0* = Ac. pyrogallique. Acide gaiiique. 1 G 0» = Ac. carboniquo.

Vacide pyrogallique cristallise tantôt en aiguilles, tantôt en lames blanches ; il a une saveur amère et astringente ; il fond à + ii5" et se sublime à +210"; il est très-soluble dans l'eau, et réduit à froid les sels d'or, de platine et d'argent ; il colore en bleu intense les sels de protoxyde de fer, en rouge foncé les sels de peroxyde, sans y former de dépôt; avec le lait de chaux, il donne lieu à un précipité pourpre qui passe au brun ; il ne se combine pas avec les alcalis ; mais, sous leur influence, il absorbe promptement l'oxygène de l'air et produit une substance noire en même temps qu'il y a formation d'acide acétique et d'acide carbonique. C'est grâce à cette propriété qu'on l'emploie avec avantage pour faire l'analyse de l'air (voir la iv* leçon^ p. 94).

Chauffé a + 250*, ou bien maintenu pendant longtemps à une température voisiné de son point de fusion, il se dédouble en eau et en acide métagallique ( C* H* 0* ) , substance noire, amorphe, inodore, presque insoluble dans l'eau et soluble dans les alcalis.

C* H* O^ «=» ' 0 =^ Eau.

A. pyrogallique.

C« H«0* «= Acide métagallique.

Cette réaction explique de quelle manière, en distillant de l'acide gallique, on peut, selon que la distillation est conduite, obtenir ou l'acide pyrogallique seul , ou bien un mélange de cet acide e| d'acide métagallique. En effet :

ÎG»H202 c= Ac, métagallique.

G 0» = Ac. carbonique.

H 0 = Eau.

C H3 os chauffé lentement à + m' = { ^'^Z Z te. ^Sr"

Ac. gallique.

Il est clair que, si la température de la distillation oscille entre ces deux limites, on doit obtenir simultanément les deux acides pyrogénés.

Nous avons dit que le tannin, en s'oxydant, produit de l'acide gallique; ajoutons qu'il produit encore de Vacide ellagique. Cette dernière substance est une poudre cristallme d'un gris jaunâtre^

34^4 ClillIIE ELÉllSNTAIRE.

saas saveur sensible, à peine soluble dans l*eau froide, un peu plus soluble dans Falcool , d'où l'éther la précipite. V acide ellagique est monoatomique et a pour formule :

C**H*0',H0 + 2aq;

il forme, avec les sels de fer au maximum, un précipité noir bleuâtre semblable aux précipités que forment les acides tannique et gallique.

Dans ces derniers temps, l'attention des chimistes s'est fixée sur l'acide ellagique, parce qu'on en a trouvé de grandes quantités dans des calculs intestinaux de certains herbivores : aussi l'a-t-on appelé en Allemagne acide bezoardique^. Comme ces animaux se nourrissent de matières végétales contenant du tannin, on a rattaché à l'ingestion de cette substance la présence de l'acide ellagique dans leur économie. On sait , d'ailleurs, par les expériences de MM. Woèhler et Frerichs, que le tannin, en passant à travers l'organisme, se transforme en acide gallique, pyrogallique, et en une substance humique (acide métagallique?).

En résumé :

L'acide tannique se transforme en acide gallique et en acide ellagique.

L'acide gallique, sous l'influence de la chaleur, se décompose en acide pyrogalliquc et en acide métagallique.

Dans ces métamorphoses, il se produit de l'acide carbonique et de l'eau.

Je terminerai ce que j'avais à vous dire sur l'acide tannique en vous parlant des industries qui s'y rattachent.

La peau desséchée sans aucune préparation s'altérerait promptement si on ne l'imprégnait pas de tannin ; elle s'appelle alors peau tannée^ parce que, pour la préparer, on se sert de tan.

Le tan n'est que Técorce pulvérisée du chêne à crochet [quercus glomeraia), arbre qui renferme beaucoup de tannin.

Les peaux destinées au tannage peuvent être sèches et non salées comme celles de Buenos-Âyres, sèches et salées comme celles de Bahia, ou fraîches comme celles qui sont vendues par les bouchers. Les peaux de bœuf et de buffle sont employées pour la fabrication des cuirs forts ; celles de vache, de veau et de cheval , pour les cuirs mous ; celles de mouton et de chèvre, pour les cuirs minces et très-fltxihles destinés à la fabrication des maroquins et des gants.

Pour amener les peaux exotiques ou sèches au même état que

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