Ces calculs sont désignés sous le nom de bezoardi
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les peaux fraîches ou vertes, on les immerge pendant plusieurs jours dans Teau, on les piétine, on les étire, et quelquefois même on est obligé de les soumettre à Faction du foulon et de les laisser tremper dans l'eau de chaux.
Les peaux vertes doivent , elles aussi , être macérées pendant deux à trois jours pour qu'elles perdent leurs principes so lubies et notamment le sang dont elles sont imprégnées. Celles qui sont destinées à donner des cuirs mous subissent , en outre, quatre opérations consécutives :
4'« Le pélanage; 2« Vépilage; V Le gonflement; 4« Le tannage.
Le pélanage consiste à faire passer successivement les peaux dans quatre à cinq cuves (pelain) contenant un lait de chaux. On commence par les cuves épuisées par une opération précédente , on continue par celles qui sont de moins en moins épuisées , on finit par une cuve dont le lait de chaux est récent Cette opération, qui dure de trois semaines à un mois, a pour but de disposer les poils et les lambeaux de chair à abandonner la peau.
Par Vépilage, ou débourrage, on se propose d'enlever le poil des peaux pélanées. A cet effet , on place ces dernières sur un chevalet et on les racle avec un couteau émoussé dit couteau rond : de s que tous les poils sont enlevés, on macère de nouveau les peaux, puis on les place encore sur le chevalet ; on leur enlève alors, au moyen d'un couteau tranchant à lame circulaire, les lambeaux de chair et les bords ; ensuite, avec une pierre en grès dur bien uni , on fait disparaître les aspérités qui recouvrent la peau du côté des poils ; enfin, avec le couteau circulaire, on nettoie les deux côtés de la peau jusqu'à ce que celle-ci soit bien blanche et que l'eau sorte sans impuretés.
On a améhoré ce procédé en substituant la soude caustique à la chaux : de cette manière, l'épilage et les opérations qui lui succèdent deviennent promptes et faciles. On doit cette innovation à M. Félix Boudet.
On soumet les peaux au gonflement en les immergeant dans de l'eau à laquelle on a ajouté de Tacide acétique ou de l'eau de goudron, ou bien encore en les faisant digérer dans de l'eau où se trouve du son et dans laquelle s'est déjà développée la fermentation acétique. Le plus souvent on emploie la jusée, c'est-à-dire une infusion de tannée ( tan épuisé ) qui , après s'être aigrie au^
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contact de l'air, contient une certaine quantité d'acide lactique. Pendant cette dernière opération, qui dure une quinzaine de jours, les peaux subissent un commencement de tannage et se préparent à recevoir le tannage définitif dans les fosses, ' Le tannage a lieu dans des fosses en maçonnerie imperméable. On y place d'abord une forte couche de vieux tan, que l'on recouvre d'une couche de tan frais moins épaisse ; on dispose ensuite les peaux les unes sur les autres, en les séparant par des couches de tan, dont la supérieure est recouverte de tannée et chargée de planches ; on fait alors arriver dans la cuve de l'eau déjà chargée de tan, et en quantité suffisante pour humecter toute la masse. Les fosses restent ainsi remplies pendant cinq à huit mois; dans cet intervalle de temps, ou n'enlève les peaux qu'une seule fois pour renouveler le tan interposé.
La marche suivie pour tanner les peaux destinées à la confection des cuirs forts, est , en général , la même que celle que nous, venons de décrire ; cependant , aux pélaim on substitue Xcchavfje^ opération qui consiste à faire subir une légère fermentation putride aux peaux entassées dans une chambre chauffée entre + 20« et + 25° ; on modère la fermentation en répandant sur la peau une faible quantité de sel.
Dans plusieurs tanneries, on se contente à'échavffer les peaux nu moyen de la vapeur. Au bout de vingt-quatre heures d'un pareil traitement , elles sont prêtes à subir i'épilage ordinaire. . Le gonflement des peaux pour cuirs forts diffère aussi quelque peu, car de temps en temps on ajoute à la jusée un peu d'acide sulfurique qui abrège l'opération. Enfin, le tannage de cette sorte de peaux dure de dix-huit mois à deux ans.
Au sortir des fosses, les cuirs forts ont une consistance spongieuse. Pour les rendre compactes, on les soumet , lorsqu'ils sont sec^, à une pression qu'on appelle martelage. On opère cette pression au moyen d'un marteau qui frappe le cuir étendu sur des blocs de pierre ou de marbre.
. On peut remplacer avec avantage le marteau par des rouleaux qui pressent sans choc le cuir reposant sur des stocs chauffés à la vapeur.
On a proposé plusieurs modifications pour rendre plus expéditive l'opération du tannage, mais aucune d'elles n'a été sanctionnée par l'expérience. Tout fait croire que, pour que le tannage soit parfait, il faut que la combinaison du tannin avec la matière animale s'opère lentement.
M. Spilsbury, par exemple» propose de coudre ensemble plu-» sieurs peaux de manière à en faire un réservoir qui ne laisse point
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échapper l'eau, de remplir la cavité avec du tan et d'introduire de Teau sous une certaine pression.
M. W. Drake remplit les sacs avec une solution froide de tan, et il introduit de nouveau, dans le même sac> la liqueur qui en exsude. Dès que les peaux deviennent fermes, il élève la température de l'atelier à 4*60° et la maintient jusqu'à ce que les peaux soient devenues dures et fermes sur tous les points.
M. Knoviiys suspend les peaux dans un vase où il introduit une dissolution de tan après y avoir fait le vide.
M. Turnbull fait intervenir le sucre pour enlever cette portioa de chaux que l'épilage n'enlève pas et qui s'oppose à l'action prompte du tannin ; ensuite il fait passer par endosmose le liquide tannant à travers la peau. Il prétend réduire, par ce procédé, à quatorze jours la durée de dix-huit mois et économiser les deuj; tiers de l'écorce de chêne.
Seguin prétendit, lui aussi , il y a longtemps, transformer les peaux en cuir dans l'espace de six semaines en employant de l'acide sulfurique pour opérer l'épilage et le gonflement.
Enfin, en tajinant à la flotte^ on pourrait en trois semaines faire passer à Tétat de cuir les peaux déjà gonflées : on n'aurait qu'à garder, pendant tout ce temps, les peaux dans des infusions tannantes, que l'on remplacerait fréquemment par des infusions de plus en plus fortes.
Mais plusieurs de ces procédés ont déjà été reconnus comme donnant de mauvais produits, et la supériorité des autres n'a pasi encore été démontrée.
Toutes les peaux ne sont pas tannées par l'écorce du chêne;' celles qui sont destinées à la confection des maroquins sont tannées par le sumac, et les cuirs de Russie sont taunés par Vécorce de bouleau.
On confectionne le maroquin avec des peaux de chèvre et souvent de mouton. On fait revenir les peaux sèches en les tenant plongées, pendant deux à quatre jours, dans de l'eau provenant d'une opération précédente ; on les écharne, on les épile à la chaux et on les dégorge en les faisant digérer, pendant vingtquatre heures, dans un bain de son aigri.
Les peaux destinées à être teintes en rouge sont cousues deux par deux, la chair en dedans, de manière à former un sac, puis elles sont passées successivement dans un bain de chlorure d'étain et dans un bain de cochenille. Après les avoir rincées, on découd une partie du sac pour y introduire la quantité de sumac qui est nécessaire au tannage, on y insuffle de l'air, et , après en avoir ficelé l'ouverture, on l'agite en tont sens, pendant quatre heures,
dans une faible dissolution de sumac : quand on les a relevées deux fois en vingt-quatre heures, le tannage est terminé.
La couleur noire est donnée aux maroquins par une dissolution de fer dans de la bière aigrie, c'est-à-dire par de l'acétate de fer; le bleu, par une dissolution froide d'indigo blanc ; le jaune et toutes ses nuances, par une décoction d'épine-vinette ; les violets et les nuances pensée, par de la cochenille appliquée sur des peaux bleues.
Les peaux teintes de la même couleur sont empilées et passées à la presse hydraulique pour chasser l'excès d'eau et pour mieux fixer la couleur.
On termine le maroquin, avant qu'il soit entièrement sec, en l'amincissant avec un couteau droit à fil relevé, en le lustrant . avec des cylindres lamineurs en cristal de roche, enfin en lui don-, nant le grain à l'aide de la paumelle *.
On obtient un grain en losange en passant dans deux sens un cylindre en bois dur ( buis ou poirier ) taillé à sa surface en vis très-fine.
On prépare le cuir de Russie avec des peaux épilées qu'on fait macérer, pendant quarante-huit heures, dans un bain contenant de la farine de seigle et du levain ■ : après les avoir lavées à grande eau, on les plonge dans une décoction d'écorce de saule, où on les travaille deux fois pur semaine pendant deux semaines ; enfin, on les imprègne du côté de la chair avec l'huile empyreumatique provenant de la distillation de l'écorce de bouleau.
Le cuir ainsi obtenu est coloré en rouge, ne se moisit jamais et n'est pas attaqué par les insectes, par suite de sa forte odeur *.
1. Morceau de bois plat plus long que large que l'ouvrier tient d'une main par le moyen d'une espèce de gant.