‹ Le.cons élémentaires de chimieChapitre 41 sur 67 · Un kilogramme de farine de seigle pour dix peaux · texte numérisé non relu

Un kilogramme de farine de seigle pour dix peaux

3. On peut rendre imputrescibles les peaux sans avoir recours «n tannage. Le megigsier et le chamoiseur n'emploient point de peaux tannées.

On épile les peaux de mouton et de chevreau destinées à la mégùserief en endnisant le côté de la chair avec une bouillie de chaux , et d'orpiment * ; après 24 heures, le poil tombe. On fait alors passer les peaux au chevalet, puis on les gonfle en les tenant immergées pendant trois semaines en hiver, et trois jouoi en éié, dans un bain de son.

On rend imputrescibles les peaux de cette espèce, en les plongeant dans une disso- Intion chaude d'alun, et de sel marin **. Ces deux sels se décomposent mutuellement ; il en résulte du sulfate de sonde, et du chlorure d'aliumninm qui se comlnao avec le tissu cutané, et le rend inaltérable ***.

On blanchit les peaux alumiuées en les laissant tremper dans un bain composé de

* M. Doudet a proposé de remplacer ce mélange dangereux par du sulfure de calcium. Ce chimiste a pensé que l'orpiment n'agit qu'en cédant du eoufre à la chaux.

** 600 à 900 grammes d'alnn, et IKO k SOO grammes de sel marin par peau.

**^ Depuis quelque temps on commence à tanner légèrement ces peaux, en les immergeant dans une infusion d'écorce de saule.

TRRNTtiMÇ LEÇON. 309

Telles sont les principales applications industrielles de l'acide tannique.

Après Tacide tannique, Tacide végétal le plus répandu est Vacîde malique. Il existe isolé ou combiné avec les bases dans presque tous les fruits rouges, dans les pommes, les poires, les prunes, les groseilles vertes, dans les feuilles de joubarbe, d'épinard, de tabac, etc., etc. C'est lui qui donne aux fruits la saveur aigre qu'ils ont avant la maturité.

On prépare Vacide maligne avec le suc des baies non mûres du sorbier des oiseaux; on clarifie le suc avec du blanc d'œuf , puis on y verse de Tacétate de pldtnb qui donne un précipité de malate de plomb. Pour purifier ce sel , on le dissout dans l'eau bouillante et on filtre ia dissolution, qui , par le refroidissement , laisse déposer le malate de plomb pur. En suspendant ce dernier produit dans de l'eau traversée par un courant d'hydrogène sulfuré, il se forme du sulfure de plomb, et l'acide devient libre : on révapore jusqu'à consistance sirupeuse et on l'abandonne dans le vide ; on obtient ainsi l'acide malique sous forme de cristaux incolores, fusibles à +^3**) déliquescents, et dont la dissolution dévie le plan de polarisation de la lumière polarisée.

La composition de l'acide malique esl représentée par C H* 0*®, ou mieux par C* H* 0*, 2 HO, car cet acide est biatomique.

farine, de jaune d'œuf *, et de la liqueur saline tiède qui a s«rvi à Topération précédente.

Le -chamoUevr emploie les mêmes peani que le mégissier, et les premières opérations auxquelles il les soumet sont à peu près les mêmes ; mais dès qu'il les retire du bain de son, il les imprègne d'huile de poisson au moyen de foulages répétés dans une espèce de moulin à foulon. Il passe ensuite la peau dans une étuve légèrement chauffée; il lui donne la façon sur le chevalet, la dégraisse en la trempant pendant ooe heure dans une lessive tiède de potasse à S degrés aréométriques, enfin il la sèche, et il rétire au palwon **,

On appelle euirs hongroyés ou de Hongrie les cuirs souples employés par les bourreliers et carrossiers.

Pour les préparer, on plonge les peaux préalablement épilées par un rasage, dans vne disaolntioD chaude de 1 -^ à 3 kil. d'alun, et de 1 ^ à 2 kil. de sel marin, pais on les piétine : ensuite on les passe, et on les piétine dans de l'eau chaude : on recommence une seconde fois la même série d'opérations : enfin on laisse ti'eraper les peaux, pendant huit jours, dans de l'eau alnnée, on les sèche, on les piétine encore, on les blanehit au soleil, et on les graisse à la manière des cuir* en tuif ***.

* 600 à 760 gramiuAS de farine, et un demi-jaune d'œuf par peau.

^"^ Le palissoD e»tuQ instrument de fer plat, et poli, assujetti sur un moDiant de boit, dont les naégissiers se serrent pour ourrir les peaux.

♦'* On prépare Ug OMir» en suif employés par les selliers-bourreliers, en flambant légèremeiit ei k un fton clair, las cuin éMrét^ et en appliquant kur leurs deux faces du suif fondu : on laisse le cuir s'imbiber pendant 8 à 10 heures, on le Toule, ou passe la paumelle du rdté de la chair, ptfls on les noircit arec de Tacétate de fer. Après la mise en couleur, on donne le grain aveo la paumelle, et on Instre la peau aree nne décoction d*tptii«vinelle.

Presque tous les malates ne sont solubles que dans Teau ; il n'y a que le malate de peroxyde de fer qui soit soluble dans l'alcool .

Le malate de plomb a une propriété qui le caractérise. Ce sel , récemment précipité, est blanc et caillebotté ; mais, peu à peu, ion voit sV former des aiguilles nacrées d'un grand éclat , qui partent du centre et remplissent toute la masse.

On reconnaît aussi l'acide malique à ce qu'il ne trouble point l'eau de chaux ; celle-ci , saturée et évaporée, donne du malate de chaux cristallin qui se redissout dans l'eau bouillante. (îe caractère suffit pour faire distinguer l'acide malique d'avec les autres acides dont nous parlerons dans cette leçon. ' Si l'on soumet l'acide malique à une température de + 200°, il se dédouble en eau et en acide maléique.

IHX^ I C« H«0*, 2 HO = Ac. maléique.

Ce dernier acide cristallise en prismes obliques à base rhombe ; sa saveur est nauséabonde et métallique ; il est très-soluble dans l'eau et l'alcool ; sa dissolution n'est pas troublée par l'eau de chaux ; il fond vers + 130°; distillé brusquement , il perd 2 équivalents d'eau et devient anhydre ; il est biatomique et a les mêmes propriétés que Vacîde équisètique^ que Ton tire de Vequi&etum Jluviatile (prèles).

Si on le maintient à quelques degrés seulement au-dessus de son point de fusion, c'est-à-dire de + 130** à + UO", il ne gagne rien, il ne perd rien, mais il subit une modification moléculaire, change ses propriétés physiques et devient monoatomique. Ainsi transformé, il porte le nom diacide païamaléique ^ ne fond que vers -f 200% ne se volatilise qu'à une température encore plu» élevée, est très-peu soluble dans l'eau, et sa composition est désormais représentée par C*HO*, HO ; en un mot , il a (routes le^ propriétés et les caractères de V acide fumarique^ qu'on tire de idi fumaria qfficinalis (fumeterre).

Ce nouvel acide se distingue par la propriété qu'il possède de former avec l'oxyde d'argent un sel aussi insoluble que le chlorure de ce même métal.

Dans ces derniers temps M. Dessaignes est parvenu à transformer le fumarate ou paramaléate acide d'ammoniaque (Azn»HO,C'H*0') en acide aspartlque (C"H'AzO»}. A cette occasion M. Pasteur a observé que V acide aspartlque^ obtenu par le procédé de M. Dessaignes, n'exerce aucune action sur la lumière

polarisée, tandis que V acide aspartique provenant de Yasparagine en dévie le plan de polarisation. Comme l'acide furaarique ou paramaléique est inactif sur la lumière polarisée, et que l'asparagine est au contraire Irès-active, on voit que le même corps exercera ou n'exercera pas d'action sur le plan de polarisation des rayons lumineux, suivant qu'il dérivera d'un corps actif, ou d'un corps inactif.

Ce fait est encore confirmé par une autre observation. M. Pasteur, en appliquant à l'acide aspartique inactif le même mode d'action qui a servi à M. Piria pour obtenir Vacide maligne à l'aide de l'asparagine (voir /cf on xxviii», pag. 266), est parvenu à le transformer en acide maligne in actif.

Il y a donc deux acides aspartiques, et deux acides maliques : comparés deux à deux, ils ne présentent d'autre dissemblance que celle d'agir ou de ne pas agir sur le plan de polaf isation des rayons lumineux.

On peut encore obtenir Tacide paramaléique en distillant de l'acide malique à + 150" ; si on le distille à + ^5°, on obtient un mélange d'acide paramaléique et d'acide maléique.

On voit que le produit immédiat de la distillation de l'acide malique est l'acide maléique, et que si ce dernier acide ne se trouve pas soustrait , au moment où il s'engendre, aux influences qui peuvent le modifier, il se modifie, en effet , et se transforme.

Suivant la température à laquelle on soumet l'acide malique, on peut obtenir tantôt un produit, tantôt l'autre, et tous les deux se trouvent tout formés dans la nature.

Depuis les travaux de M. Pasteur, il y a un motif pour faire suivre l'élude de l'acide malique par celle de Vacide tartrigne. Ce n'est pas que ces deux acides aient des ressemblances chimiques, mais ils semblent avoir quelque chose de commun dans leur constitution moléculaire.

L'acide tartrique existe dans un grand nombre de fruits et de végétaux ; le raisin est de tous les fruits celui qui en possède le plus, et il renferme cet acide à l'état de bitartrate de potasse et de tartrate neutre de chaux.

Pendant la vinification du jus de raisin, ces deux sels se précipitent , se déposent , grâce à leur insolubilité dans l'eau alcoolisée, et forment une croûte adhérente aux parois des tonneaux. Cette croûte porte le nom de tartre ; elle est rouge ou blanche, suivant que le vin dont elle provient est lui-même rouge ou blanc ; elle sert à la préparation de la crème de tartre, d'où l'on lire Vacide tartrigue.

Lorsqu'on verse dans une dissolution bouillante de crème de tartre ( bitartrate de potasse ) une quantité suffisante de craie,

342 CIimiR ÉLÉMENTAIKR.

,on remarque une effervescence due au dégagement de Tacide carbonique^ il se forme un dépôt de tartrate de chaux et on trouve ' dans le liquide du tartrate neutre de potasse. Dans cette réaction^ il arrive que la moitié de l'acide tartrique de la crème de tartre passe à l'état de tartrate de chaux qui est insoluble ; l'autre moitié continue à rester combinée avec la potasse et forme un tartrate neutre qui est très-soluble. Si Ton verse du chlorure de calcium dans cette liqueur, on réduira ce qui reste de l'acide tartrique à l'état de tartrate de chaux. En traitant ce dernier sel par une quantité convenable d'acide suifurique étendu de trois à quatre fois son poids d'eau (52 parties dacide suifurique concentré pour 400 parties de crème de tartre ) , toute la chaux se transforme en sulfate de chaux, et tout l'acide tartrique devient libre et se trouve dissous dans la liquevr ; si l'on évapore cette dernière jusqu'à consistance de sirop et si on l'abandonne à elle-même dans un endroit un peu chaud , elle donne de beaux cristaux d'acide tartrique, que l'on puriûe par une seconde cristallisation.

L'acide tartrique cristallise en prismes obliques à base rhombe, terminés par des somnjets . dièdres ; leur densité est 1 ,75 ; ils sont volumineux et inaltérables à l'air ; ils ont une saveur acide et agréable, et se dissolvent facilement dans l'eau, l'alcool et l'esprit de bois ; jetés sur des charbons ardents, ils répandent l'odeur de caramel.

La dissolution aqueuse d'acide tartrique exerce la rotation à droite, et son pou-voir rotatoire augmente avec la proportion d'eau, avec la température et sous l'influence de l'acide borique ; son mode de dispersion des plans de polarisation est régi par une loi toute spéciale, différente de celle à laquelle sont soumises les substances douées de la propriété rotatoire moléculaire.

Ces propriétés physiques, observées par M. Biot , caractérisent l'acide tartrique d'une manière toute particulière, et jusqu'à présent on ne connaît que l'acide malique actifs qui, d'après M. Pasteur, possède les mêmes propriétés exceptionnelles.

La formule de l'acide tartrique cristallisé est C'H*0**, que l'on écrit ordinairement G* H* 0*®, 2 HO, parce qu'elle représente un acide biatomique.

L'acide tartrique ne décompose ni le chlorure de calcium, ni l'azotate de chaux ; mis en contact avec l'eau de chaux, il donne lieu à un précipité, qu'un excès d'acide redissout et qui reparait plus tard sous forme de petits cristaux ; versé en excès dans une dissolution de potasse, il donne lieu à un dépôt cristallin de crème de tartre.

Quand on fond rapidement l'acide tartrique, de manière tou-

THENTIÈMB LEÇON. 313

tefoid à ne pas dépasser la température de + MO°j il donne naissance à deux acides isomères, sans que son poids ait subi aucun changement. Le premier de ces deux acides est Vacide métatartrique, dont la capacité de saturation est la même que celle de Tacide tartrique ; les sels auxquels il donne naissance se distinguent des tartrates correspondants par leur forme et par leur plus grande solubilité. Le second acide isomère a été appelé acide ûtotartrique ; il parait être monoatomique, et la composition de ses sels neutres est la même que celle des bitartrates ordinaires. Ces faits ont été observés par MM. Laurent et Gerhardt.

M. Fremy a trouvé, de son côté, que l'acide tartrique, chauffé pendant plusieurs heures dans une étuve dont la température reste constamment à 4'4d^''i V^^ ^^^^ équivalents d'eau, se dédouble en deux acides, l'acide tartrelique ou Uotartridique (acide découvert par M. Braconot), et en qcide tartrique anhydre. Ce dernier corps est blanc, amorphe, insoluble dans l'eau, l'alcool et l'éther. Lorsqu'on l'abandonne au contact de l'eau ou de l'air humide, il redevient de l'acide tartrique ordinaire.

Si l'on distille l'acide tartrique à la température de 4-200<>, on obtient une liqueur contenant de l'acide acétique et de Vacide pyruvique. Par l'oxyde de plomb,, on sépare ce dernier acide du premier, parce que le pyruvate de plomb est insoluble. Ce sel , suspendu dans l'eau et soumis à un courant d'hydrogène sulfuré, met en liberté l'acide pyruvique, dont la composition est :

Page 1