C«H»0»,HO
L'acide pyruvique est incristallisable et plusieurs pyruvates cristallisent facilement.
Lorsqu'on distille l'acide tartrique brusquement et à la température de + 300**, on obtient un liquide brun qui , soumis à une nouvelle distillation, puis concentré dans le vide de la machine pneumatique, se prend en une masse cristalline. C'est Vacide pyrotartriquCy corps fusible vers + 400® et en partie volatilisable à -t- 4 SO"" ; il est très-soluble dans l'eau et dans l'alcool ; ses dissolutions ne précipitent ni par l'eau de barite, ni par Teau de chaux ; sa formule est C" H» 0', HO.
En résumé, l'acide tartique, soumis à l'influence de la chaleur, peut subir plusieurs transformations.
i -L 47ft — f *^^^® métatartriqwe C«H<0'»,2H0
■^ ' \ acide isotartrique C»H*0", HO
i 4- i9A — } acide tartrique anhydre... C*H*0>»
"^ l acide tartreliqiie CfiWO^ , HO
à 4- 200 = acide pyniviqne C-H'O» , HO
à 4- 300 =r acide pyrotartriqoe Cfi'WO^ , HO
344 CHIMIB ÉLBMENTÀIBE.
Parmi tous les tartrates, nous ne trouvons que la crème de tartre et l'émétique qui méritent de fixer notre attention.
Nous avons déjà dit que, pendant la vinification du jus de raU sin, il se dépose spontanément une certaine quantité de tartre, mélange de bitartrate de potasse et de tartrate de chaux ; en éliminant ce dernier sel et les matières colorantes, on a la crème de fartre, ou bitartrate de potasse pur, A cet effet , on pulvérise le tartre, on le fait bouillir pendant plusieurs heures avec une quantité d'eau suffisante pour le dissoudre, puis on abandonne la liqueur au refroidissement : au bout de quelques jours, il se forme des cristaux, qu'on redissout dans l'eau bouillante, à laquelle on ajoute de l'argile et du noir animal. La dissolution filtrée donne, en se refroidissant, des cristaux très-purs de bitartrate de potasse. Ce sel cristallise en prismes obliques à base rhombe ; il craque sous la dent , a une saveur acide et rougit le tournesol ; il exige, pour se dissoudre, 484 parties d'eau froide et 18 parties M'eau bouillante ; il est insoluble dans l'alcool ; il est décomposé par la chaleur, et laisse un résidu formé de carbonate de pelasse et de charbon, et que l'on appelle flux noir en opposition àwflux blanc, nom qui désigne une substance que l'on prépare en brûlant un mélange d'une partie de crème de tartre et de deux par? ties de nitre. Le flux blanc sert comme fondant ; le flux noir sert à la fois comme fondant et comme réducteur.
La formule du bitartrate de potasse est KO, HO, C" H* 0*<». Si on remplace l'eau basique de ce sel par une base proprement dite, on a un tartrate neutre^ om un lartrate double; par de la potasse, on a le tartrate neutre de potasse [ (KO)*, C* H* 0'° ] ; par la soude, le sel de seignette ( KO, Na 0, C» H* 0'*» + 7 aq ) , ou tartrate double de potasse et de soude, etc., etc. Lorsque la molécule d'eau basique est remplacée par un oxyde de la formule M* 0*, on a un émétique.
Bien que les émétiques aient longtemps attiré l'attention des chimistes, leur véritable nature est encore mal connue. Il n'est pas aisé, en effet , de s'expliquer comment un oxyde de la formule MO peut être remplacé dans un sel par un oxyde de la formule M*0* ; en outre, tous les émétiques préalablement déshydratés jouissent de la singulière propriété d'abandonner encore deux molécules d'eau lorsqu'ils sont exposés à une température convenablement élevée. Les émétiques chauffés de la sorte ne contiennent donc plus d'acide tartrique, car tout en admettant que l'oxygène de l'eau éliminée provienne de l'oxyde, il faut convenir que l'hydrogène ne peut être fourni que par l'acide. Ces faits constituent des anomalies.
TRENTifeltB LEÇON. 345
On a considéré comme autant d'émétiques certains composés qui se forment lorsque l'eau basique du bitartrate de potasse est remplacée par certains acides faibles, tels que les acides borique, arsénieux, arsénique, antimonique. Il est certain que plusieurs d'entre eux, et notamment celui qui provient de l'acide borique, perdent , lorsqu'ils sont convenablement chauffés, deux molécules d'eau, précisément comme font les émétiques ordinaires.
Les plus importants de ces singuliers composés sont : Vémé^ tique proprement dit et la crème de tartre soluhle.
Le corps que Ton appelle vulgairement émétique est un bitartrate de potasse dans lequel la molécule d'eau basique a été rem* placée par une molécule d'oxyde d'antimoine ( Sb" 0* ) . On le prépare en faisant bouillir dans 5 à 6 parties d'eau, des parties égales d'oxyde d'antimoine et de crème de tartre ; la dissolution chaude filtrée abandonne, par le refroidissement ou par l'évapo* ration, l'émétique sous forme de beaux cristaux dont la forme pri* niitive est l'octaèdre à base rhombe.
L'émétique a une saveur métallique et désagréable ; il est so* lubie dans 3 parties d'eau bouillante et dans 4 4 parties d'eau froide ; sa formule est KO, Sb" 0\ C» H* 0** + 2 aq ; chauffé à + 400«, il devient anhydre ; à + 228% il perd les éléments de deux molécules d'eau ; dissous dans l'eau et mis en contact avec certains sels également dissous, il échange sa potasse pour la base de ces sels : ainsi , l'on peut , par double décomposition, obtenir les émétiques d'argent , de plomb, etc., etc.
Les acides, les alcalis et les terres alcalines décomposent l'émétique : c'est pourquoi ce médicament ne doit jamais être associé i de pareilles substances.
Si l'on chauffe un mélange d'émétique et de noir de fumée, on obtient pour résidu un alliage d'antimoine et de potassium ; cet alliage est tellement pyrophorique qu'il peut s'enflammer avec détonation au contact de l'air humide.
On prépare la crème de tartre soluble en dissolvant dans Teau bouillante ^ 00 parties de crème de tartre et 32 ^ parties d'acide borique cristallisé : la liqueur, concentrée par évaporation, laisse une masse blanche amorphe, soluble dans 4 \ partie d'eau froide, et qui , desséchée à + 400", a pour formule :
KO,BoO%G»H*0«^
Cette matière, chauffée à + 285», perd les éléments de 2 équivalents d'eau et ne renferme plus, par conséquent, l'acide tartrique tel que nous nous le figurons à l'état anhydre ; mais, redissoute
dans l'eau, elle reprend sa nature primitive. La crème de tartre soluble est trè^-employée comme purgatif.
M. Kestner de Thann parvint, en 4820, à extraire de la crème de tartre des raisins du midi de l'Europe un acide particulier qu'il nomma acide thanmque^ et qui , plus tard , fut appelé acide racémique. Ni M. Kestner, ni aucun autre chimiste, n'ont pu en extraire depuis d'une manière méthodique, de sorte que cet acide, indépendamment de ses propriétés remarquables, est un des produits les plus rares de la chimie '.
Vùdde racémique, comparé à Vacide tartrique^ présente un exemple frappant d'isomérie, et , dans ces derniers temps, il a donné l'occasion à M. Pasteur de faire une observation des plus curieuses et à la fois des plus importantes pour la mécanique moléculaire. L'acide racémique a la même composition que l'acide tartrique ; lorsqu'il est cristallisé, il renferme une molécule d'eau d'hydratation, si bien que sa formule est C H* 0**, 2 HO + «<! > il est également biatomique, donne deux séries de sels, des émétiques, et subit, de la part de la chaleur, les mêmes modifications que l'acide tartrique ; il diffère de ce dernier acide par sa moindre solubilité dans Teau, par sa forme cristalline et la plus grande solubilité de ses sels, par l'absence de toute action sur le plan de polarisation, et parce que le précipité cristallin auquel il donne lieu lorsqu'on le verse dans l'eau de chaux n'est pas redissous par un excès d'adde.
En examinant l'acide tartrique et ses sels, M. Pasteur a trouvé qu'ils sont tous hémiédriques, c'est-à-dire affectés de dissymétrie ; en suivant certaines règles dans l'observation, il a établi que l'hé^ miédrie, qu'il se représente par une facette tétraédrique d'une valeur relativement déterminée, se trouve à la droite de l'observateur. Or, on sait que l'acide tartrique et ses sels dévient à droite le plan de polarisation *. Voilà donc une relation entre le sens de la déviation rotatoire et le sens de l'hémiédrie.
L'acide racémique et les racémates n'ont présenté à M. Pasteur aucun indice d'hémiédrie : or, nous venons de dire que cet acide et ses sels sont inactifs sur le plan de polarisation ; mais, en abandonnant une dissolution de raccmate double, de soude et d'ammoniaque à une évaporation spontanée, le même savant a obtenu simultanément des cristaux hémiédriques à droite et des cristaux hémiédriques à gauche, et comme leurs actions sur la
1. On Tient d'annoncer à l'Académie des sciences de Paris, que M. Pasteur est parvenu à transformer Tacide tartrique en acide racémique.
2. Le latrlraXe de ehattx dissons dans Tacide chlorhydrique , eierce la rotation à gaucbe.
TRBNTIÈMB LBÇON. 347
lumière polarisée sont égales et inverses, il s'ensuit qulis se neutralisent réciproquement lorsqu'on observe la dissolution de leurs masses simultanées. Au surplus, les acides tirés de deux sortes de cristaux ont encore les mêmes pouvoirs rotaloires opposés : l'acide de droite paraît identique avec l'acide tartrique ordinaire ; l'acide de gauche n'en diffère que par son action particulière sur la lumière polarisée.
On voit donc ici un phénomène de dédoublement qui fait supposer que l'acide racémique est formé de l'assemblage de deux acides inégalement dissymétriques. Quand on les dédouble, les pouvoirs rotatoires opposés reparaissent ; quand on les associe, les pouvoirs disparaissent parce qu'ils se neutralisent.
Pour ne pas décider trop à la hâte une question d'identité, M. Pasteur n'a pas voulu faire intervenir le nom d'acide tartrique pour désigner l'un des deux acides, et il a préféré donner à celui qui dévie le plan de polarisation à gauche le nom d'acide lévoracémique, et à l'auÉre le nom d'acide dextroracémigue. La dénomination d'acide racémiq^ue rappelle donc l'association de deux acides phijsiquement distincts.
tJn grand nombre de fruits acides, tels que les citrons, les oranges, les tamarins, les baies vertes des groseilles à maquereau, les groseilles communes, etc., etc., renferment de V acide citrique ; on l'extrait ordinairement des citrons parce qu'ils en sont abondamment pourvus. Â cet effet , on abandonne le jus de ces fruits, pendant quelque temps, à une fermentation spontanée qui en sépare une matière mucilagineuse ; on filtre le jus ainsi déféqué, on le sature par la chaux et on le porte à l'ébullition : le citrate de chaux insoluble se précipite ; on le jette sur une toile, on le lave à l'eau chaude, ensuite on le décompose par de l'acide sulfurique en léger excès : le sulfate de chaux est séparé par une nouvelle filtration, et la liqueur acide est évaporée avec précaution jusqu'à ce qu'elle commence à se couvrir d'une croûte cristalline ; alors on l'abandonne à elle-même pour qu'elle fournisse des cristaux qui seront d'autant plus beaux que la liqueur contiendra un très- léger excès d'acide sulfurique.
Vacide citrique ordinaire cristallise en prismes obliques à 4 pans terminés par des sommets dièdres inclinés sur les anglesaigus ; il est insoluble dans l'éther, soluble dans l'alcool, dans la moitié de son poids d'eau froide et dans beaucoup moins d'eau bouillante ; jeté sur les charbons, il ne dégage pas Todeur de caramel ; mis en contact avec la chaux, il ne la trouble que par l'ébullition ; versé en excès sur la potasse, il ne produit pas de dépôt cristallin. Voilà trois caractères négatifs qui le distinguent de l'acide tartrique. II. 48.
348 GHIMIB ÉLBMBNTAIRE.
CrisUltisé à froid , l'acide citrique a pour formule :
C«*H«0'*,3HO + 2aq
et il se déshydrate à + 400° : c'est le cas de Tacide citrique du commerce; cristallisé à la température de Teau bouillante, il prend la composition suivante : C*" H** 0**, 3 HO -+- aq, et il ne 8e déshydrate qu'à une chaleur plus élevée.
D'après ces formules, on voit que l'acide citrique est un acide triatomique et qu'il peut donner trois séries de sels.
L'acide citriqae soumis à la distillation se décompose, dégage de l'acide carbonique, de l'oxyde de carbone, de l'acétone, de l'eau, et donne naissance à plusieurs acides diflérents, acides que Ton peut obtenir séparément si la distillation est opérée avec certaines précautions. Ainsi, en arrêtant la distillation lorsque cessent d'apparaître des vapeurs blanches, le résidu est presque exclusivement formé d'un acide qui a les mêmes propriétés que celui qu'on tire de Vaconitum napetlus et qu'on appelle acide aconiiique. Cet acide cristallise difficilement sous forme mamelonnaire ; il est soluble dans l'eau, l'alcool et l'élher, fond à 4-4i0*, bout à -f 1 60°, et sa formule est D* H* 0*, 3 HO, On voit que cet acide est triatomique comme l'acide citrique, et qu'il n'en diffère que par les éléments de deux équivalents d'eau.
L'acide aconitique jouit d'une propriété que l'on a mise à profit pour découvrir l'acide citrique lorsqu'il est mêlé avec d'autres acides. Voici de quelle manière : Vaconitate de chaux est plus soluble à froid qu'à chaud , de sorte que sa dissolution aqueuse saturée se trouble quand on la chauffe, et s'éclaircit en se refroidissant ; or, si après avoir tenu en fusion pendant quelque temps une substance acide connue, et si , après l'avoir saturée avec de la chaux, elle manifeste le phénomène dont nous parlons, il est presque certain que, dans la matière essayée, il se trouve de l'acide citrique.
Lorsqu'on chauffe à +460» Yacide aconitique, il dégage de l'acide carbonique et passe à l'état ô! acide itaconique^ ou purocitrique.
C" H* 0** «= 1 ^ ^ 0* s=s» Acide carbonique. A. aconitique. ^ ' C" H» 0» «= Acldo itaconique.
Cet acide est volatil ; il cristallise en tables rhomboïdales, se dissout dans l'alcool et l'éther, fond à +460", et , d'après la nature de ses sels, paraît être un acide biatomique ; sa composition doit donc être représentée par la formule C** H* 0*, 2 HO.-
Soumis à la distillation, racide itaconique perd de l'eau et semble devenir anhydre ( C^" H* 0* ) ; mais réellement il subit une transformation moléculaire et change de nature, car si on le laisse en contact avec de Teau, il s'en assimile autant qu'il en a perdu, mais il cristallise en aiguilles, et, loin de fondre à + 4 GO*», il fond à + 80° ; ainsi modifié, il porte le nom d'acide citraconique; lorsque cet acide est anhydre, c'est-à-dire lorsqu'il est dans l'état où il se trouve par suite de la distillation, il est trèsfluide, il possède une odeur empyreumatique, une saveur caustique, et se volatilise à -f 212°.
D'après le mode de génération de ces différents acides, on voit qu'on peut les obtenir simultanément par une distillation peu soignée de l'acide citrique ; et de môme l'on peut obtenir les deux acides pyrogénés isomériques, si l'on distille à + 200" l'acide aconiiique.
, En résuiné, l'acide citrique (C** H" 0", 3 H 0), soumis à l'action de la chaleur, peut engendrer trois acides, dont deux sont isomères entre eux.
Acide aconiiique = C" H* 0», 3 HO Acide itaconique (pi«u4n« 9 un Acide citraconique î"- ^ H U , 2HU
Tous les citrates, moins ceux à base alcaline, sont insolubles dans l'eau, mais ils sont solubles dans un excès d'acide citrique, et dans tous les acides minéraux puissants ^.
1. Bien que Tacide citrique soit un acide faible, comparativement aux acides minéraux, néanmoins d'après les expériences de M. Schloesling, une dissolution d'azotate de plomb mêlée à de Tacide citrique et abandonnée à elle-même pendant longtemps, se décompose, et il se forme une certaine quantité de citrate de plomb.
Désireux de constater le fait, j'ai voulu connaître les limites de la décomposition; à cet effet j'ai entrepris les expériences suivantes i
Le 20 décembre 1850, j'ai placé séparément dans 4 bocaux de même capacité.
No 1 Aî Pb bé'yîô -I- Àeide citrique 2«'-h eaa 60«' sr | ^^ ^^
No 2 id. id. 4- id. 4 + id. 65 t= I \~^
( 2 Cl
Nos M. id. 4- id. 6 + id. 70 = j ^:^^
^ } 3 Ci
4 id, id; + id. 12 + id* 76 = { * — ^
No
;Pb
;Pb
Pb
ZtO ClflHlB ELÉMENTAIEE.
Les dissolutions aqueuses des citrates alcalins, s'altèrent à la longue et subissent une espèce de combustion lente. D'après M. Personne, le citrate de chaux se tran^orme par une véritable fermentation, en acide acétique, butyrique, carbonique et hydrogène, ainsi que le montre Téquation suivante :
4 (C >H*0'S3H0) + 4H0 = 3 (C«Ht 0« + 2 (C»H»0< + 20 CD» + 8 H Acido citrique. Eau. Ac. acétique. Ac. butyrique. A. carbo- Hjdvp-
nique. gène.
L'acide citrique est employé pour la préparation des limonades * et pour la teinture : associé à la magnésie, il constitue un purgatif qui est aujourd'hui très-estimé. On s'en sert pour enlever les taches de rouille et les taches alcalines sur Técarlate ; pour préparer une dissolution de fer avec laquelle les relieurs donnent à la surface de la peau qu'Us emploient une apparence marbrée.
Nous avons déjà eu l'occasion de remarquer que bien souvent, lorsqu'on exagère une action oxydante sur une matière organique, on obtient de Vacide oxalique. Les sources de cet acide doivent donc être nombreuses. Néanmoins , pour le préparer , on se sert presque toujours d'amidon ou de sucre ordinaire, parce que Ton a observé que les matières organiques neutres, où l'oxygène et
Ces bocaux étaient également bouchés avec des boncbons de liège. Les nos i et 4 ont commencé à cristalliser après 24 heures. Le nu 3 a commencé à cristalliser le 12 janvier 1851.
Le no 2 a commencé à donner des rudiments de cristaux laiteux le 15 mars 1851. Ces cristaux étaient microscopiques, avaient raspectdUme poassiëre soyeuse, et ne ressemblaient en rien aux cristaux des trois autres flacons. Gomme le no 2 présente une anomalie, on n'en tient pas compte.
Le 22 décembre 185i on a pesé les cristaux déposés, et dont la formation était suspendue depuis très-longtemps.
On a trouvé :
Pour le no \ citiate de plomb i »«•, 109 Pour le no 3 id. 1 858
Pour le no 4 id. 2 470
L*oxyd.e de plomb de Tatotate étant = 3 9't 544 on a trouvé que celui des citrates est:
Pour le nM 0 Sf', 742 = -J
Poiurlen»3 1 244 s=j environ.
Pour le nM 4 654 = i
1. On prépare la limonade sèche si utile aux voyageurs, «o aromatisant avec quelques gouttes d'essence de citron, un mélange formé de 500 grammes de sucre et 16 grammes d'acide citrique. Le suc de citron remplace souvent Tacide citrique. Pour le conserver à bord des bâtiments, on y ajoute lO pouro/o d'eau-de-vie, qui précipite le mucilage, et rend le suc incorruptible.
TRKNTIÈBIE LEÇON 334
riiydrogène se trouvent dans les proportions nécessaires pour former de l'eau, en fournissent davantage.
Si Ton traite donc 4 partie d'amidon par 8 parties d'acide azotique (d=4,42), étendu de 40 parties d'eau, on obtient, après une ébullition prolongée, une liqueur qui, étant concentrée par l'évaporation, produit de beaux cristaux d'acide oxalique, qu'on purifie par des cristallisations réitérées.
Dans la Forét-Noire, l'acide oxalique est extrait de certains rumex, et en Suisse il est tiré du rumex acetosa (grande oseille). On clarifie le suc de ces plantes en y délayant de l'argile, en le décantant et en l'évaporant jusqu'à cristallisation. On obtient ainsi un mélange de bioxalale et de quadroxalate de potasse, que le commerce désigne sous le nom générique de sel d'oseille, La dissolution de ces deux sels, traitée par l'acétate d'oxyde de plomb, donne un dépôt d'oxalate de cette base ; en décomposant ce dernier produit par une quantité convenable d'acide sulfurique, on aura du sulfate de plomb et de l'acide oxalique en dissolution.
L'acide oxalique cristallise en prismes quadrilatères obliques, terminés par des surfaces unies ou par des sommets dièdres. Il est soluble dans l'alcool, dans 8 parties d'eau froide, et dans son propre poids d'eau bouillante. Sa formule est (C"0*,H0 + 2aq), formule qui, à la rigueur, devrait être doublée, car l'acide oxalique est sans contredit un acide bialomique.
Chauffé à -f lOO"", l'acide oxalique perd 28 p. */o d'eau et devient anhydre; vers -f 480", il se sublime en partie, et en partie il se décompose : parmi les produits de sa décomposition, on trouve de lacide carbonique, de l'acide formique et de l'oxyde de carbone.
Lorsque l'acide oxalique est soumis à certaines actions particulières, il se dédouble en volumes égaux d'oxyde de carbone et d'acide carbonique. Tel est le résultat très-net que l'on obtient, par exemple, quand on le fait bouillir avec de l'acide sulfurique.
f II 0 « { CO = V C 0*-
>Eau.
C* 0*, HO == j C 0 = Oxyde de carbone. Acide oxauqae. V C O*"- Acido carbouiquo.
Soumis à des actions oxydantes, il se transforme en acide carbonique. Si l'on verse une dissolution bouillante d'acide oxalique sur du bioxyde de manganèse, il se manifeste un fort dégagement d'acide carbonique, et en même temps il se forme de l'oxalate de protoxyde de manganèse.
Voici les caractères qui garantissent la pureté de l'adde oxa-
lique. Il ne doit pas attaquer le papier qui l'enveloppe ; ce qui prouve qu'il ne contient pas d'acide azotique. Exposé à l'air, il ne doit pas devenir humide : le précipité qu'il forme dans l'eau de barite doit se dissoudre entièrement dans l'acide azotique , signe certain qu'il ne contient pas d'acide sulfurique : sa dissolution ne doit pas être colorée par l'hydrogène sulfuré , indice qu'il ne contient pas de plomb : enfin » par la chaleur, il doit se volatiliser entièrement sans laisser de résidu.
Ainsi que l'acide citrique, l'acide oxalique est employé en teinture comme rongeant. On s'en sert aussi pour récurer les ustensiles en cuivre, et pour effacer sur le linge les taches de rouille et d'encre. Ces dernières applications reposent sur la faculté qu'a l'acide oxalique de former des sels solubles avec les oxydes de cuivre et de fer. Les médecins l'administrent sous forme de limo* nade. H est vénéneux à la dose de 15 à 20 grammes.
Les oxalates les plus importants sont les oxalates à base de potasse et à base d'ammoniaque.
Nous avons déjà dit que l'on appelle vulgairement sel d'oseille un mélange de bioxalate et de quadroxalate de potasse ; il existe aussi un oxalate neutre de cette même base, de sorte que les quantités d'acide oxalique qui peuvent se combiner avec un équivalent de potasse, sont représentées par les nombres 1, 2, 4. On prépare ces oxalates par des procédés directs, ou bien encore en calcinant la moitié d'un poids donné d'un oxalate supérieur, et enajoutant le produit de la calcination à l'autre moitié, il est évident qu'en opérant ainsi on pourra, avec du quadroxalate, préparer le bioxalate, et avec celui-ci préparer l'oxalate neutre.
Voici les formules de ces trois espèces d'oxalates :
KO, C* 0* + aq. -= Oxalate neutre de potasse. HO, KO, (C*0»)* + 2 aq. =. Bioxalate de potasse. (HO)», KO, (C« 0»)* + 4 aq, — Quadroxalate de potasse.
Comme le bioxalate est le seul de ces trois sels qui soit employé, je vais vous en décrire les caractères et vous indiquer les moyens d'en reconnaître la pureté.
Le bioxalate de potasse cristallise en prismes rhomboïdaux obliques diaphanes ; il a une saveur très-acide et une forte action sur le tournesol ; il est soluble dans 40 parties d'eau froide, dans 6 parties d'eau chaude, et insoluble dans l'alcool.
Les principales impuretés que ce sel peut contenir, sont la crème de tartre, le bisulfate et le quadroxalate de potasse. On y reconnaîtra l'absence de la crème de tartre, en le chauffant jus-
TRBrfTIÈME LEÇON. 323
qu'au point de fusion ; il ne doit pas répandre d'odeur empyreumatique, et doit laisser un résidu gris et non noir. Le bisulfalte de potasse se découvre par les réactifs qui servent à reconnaître l'acide sulfurique. On y constate la présence du quadroxalate, si e résidu de la calcination d'une partie du sel, ajouté à une partie égale du même sel, n'en fait pas disparaître complètement l'acidité.
Le bioxalate de potasse est employé en teinture com^me ron^ géant; on s'en sert dans les ménages pour décaper la surface des métaux rouilles et pour enlever les taches de rouille.
On connaît autant d'oxalates d'ammoniaque que d'oxalates de potasse : les plus intéressants sont l'oxalate neutre et l'oxalate acide.
UoxcUate neutre cTammoniaque a pour formule
AzH»,HO,C»0»+aq.
On le prépare en saturant l'acide oxalique par un léger excès d'ammoniaque, et en faisant évaporer la dissolution. 11 cristallise en longs prismes à sommets dièdres, incolores, inodores, et d'une saveur piquante ; il sert aux chimistes pour doser la chaux. Lorsqu'on le distille, il se décompose et donne différents produits, parmi lesquels on remarque Voxamide (C*H* Az O*) et le cyaurjgène (C'Az). Si l'on compare leur composition à celle de l'oxalate d'ammoniaque, on verra que le premier des deux produits est Vamide du sel ammoniacal, le second le nitrile. En effet, si par la pensée on enlève à l'oxalate d'ammoniaque sec les éléments de deux équivalents d'eau, il reste la composition de Toxamide ; et si on lui en enlève 4, il ne reste plus que les éléments du cyanogène.
AzH»,HO,C»0» — 2HO=C«H*AzO«
Osalate neutvA-d'am-.- Kau. Dxamide.
moniaque.
AzH%HO,C*0»— iHO = C» Az
Nous avons montré ailleurs (leçon xxiv^, pag. 442 et 446) que les amides et les nitriles sont des sels ammoniacaux anhydres, moins les éléments de 2 et 4 molécules d'eau, et qu'en les leur rendant ils reprennent leur état primitif; or, l'oxamide et le cya~ nogène, soumis convenablement à l'action de l'eau, reproduisent Toxalate neutre d'ammoniaque.
Uoxamide fut découverte par M. Dumas en 4830, et comme
324 CHIMIE ÊLÉUENTAIAE.
à cette époque on ne connaissait pas encore les amideSy elle fut considérée par la suite comme le type de ces composés ; plus tard elle est devenue le type des amides neutres.
L'oxamide est une poudre blanche, insipide, inodore, neutre , presque insoluble dans Teaii et l'alcool, très-peu soluble dans l'eau bouillante ; bouillie avec une dissolution de potasse, elle dégage de l'ammoniaque et forme de Toxalate de potasse; chauffée à -|- KW avec de l'eau dans un tube en verre fermé à la lampe, elle se transforme en oxalate d'ammoniaque, et à + ^40** elle se décompose en carbonate d ammoniaque et en oxyde de carbone. Le procédé le plus convenable pour préparer l'oxamide consiste à mêler de l'ammoniaque liquide avec de Téther oxalique (voir- /efonxxiv», pag. 4 42).
Le bioxalate d'ammoniaque n*a aucune importance pratique, mais au point de vue scientifique il mérite d'être mentionné à cause de la manière dont il se comporte sous l'inQuence de la chaleur. On prépare ce sel en ajoutant à de Toxalate neutre autant d'acide qu'il en contient déjà. Il cristallise en prismes incolores, dont là formule est (AzH^HO), HO, (C*0*)« + aq.
Lorsqu'on distille à -j- 230^ le bioxalate d'ammoniaque, ce sel perd d'abord son eau d'hydratation, dégage ensuite de Toxyde de carbone, de l'acide carbonique, du carbonate et du cyanhydrate d'ammoniaque ; si la distillation n'a pas été poussée trop loin, on obtient un résidu composé en grande partie d'oxamide et d'un acide que l'on appelle acide oxamiqite^ C^H' Âz 0^, H 0.
Entre la composition de cet acide et celle du bioxalate d'ammoniaque, il existe la même relation qu'entre l 'oxalate neutre d'ammoniaque et l'oxamide. Effectivement, si par la pensée on enlève au bioxalate d'ammoniaque sec les éléments de deux molécules d'eau, il reste de l'acide oxamique.
(AzH»,HO),HO,(C»0')*-2HO«C*H«AzO»,HO
Bioxalate d'ammoniaque. Eau. Acide oxamique.
Or, l'expérience prouve que par l'action prolongée de l'eau, l'acide oxamique reproduit le sel qui lui a donné naissance ; par conséquent, l'acide oxamique est un amide acide^ puisqu'il est à l'oxalate acide, d'où il dérive, ce que l'oxamide est à i'oxatale neuti^e. De même que l'oxamide est le type des amides neutres, l'acide oxamique doit être considéré comme le type des amides acides.
La découverte de l'acide oxamique est due à M. Balard.
Voilà, Messieurs, ce que je m'étais proposé de vous faire con-
nattre relativement aux aeides naturels des végétaux. Je n'ai attiré votre attention que sur les plus importants ; il m'aurait fallu trop de temps pour vous parler de tous les acides organiques connus. D'ailleurs, l'aridité du travail n'aurait pas été compensée par les avantages que vous en auriez tirés.