‹ Le.cons élémentaires de chimieChapitre 8 sur 67 · A = nn acide quelconque supposé anhydre · texte numérisé non relu

A = nn acide quelconque supposé anhydre

3. Il y a environ dix ans que M. éerhardt a interprété d'une manière tonte particulière la constitution de l'alcool , et par conséquent celle des éthers.

Par des considérations qu'il a développées dans le t. X de la Revue scientifique , dans son Pre'riH de chimie organique , et dans son Introduction à l'étude de la

Nous venons d^examiner à un point de vue général l'action des acides sur Talcool, étudions-en maintenant les produits.

Je ne vous dirai rien, ni du procédé ordinaire de préparation, ni des propriétés principales de l'hydrogène bicarboné : je vous en ai déjà parlé précédemment (voir 8« leçon, p. 256), mais j'attirerai votre attention sur quelques traits de l'histoire chimique de ce gaz, traits que vous ne pouvez mieux saisir que dans ce moment.

chimie , il a été amené à considérer toutes les combinaisons comme étant représentées par deux Yolnmes de vapeur : il a par conséquent dédoublé la plus grande partie des formules généralement adoptées , et beaucoup de nombres proportionnels *. La formule de Talcool correspondant à 4 volumes de vapeur, a donc été dédoublée ; elle est devenue ( C^H ^0 ) mais celle de Téther, ne représentant de son eôlé que 2 volumes de vapeur, a été conservée. D'après cela, l'on voit que la théorie qui considère l'alcool comme un hydrate , et l'éther comme un produit du dédoublement de ce même alcool , ne pourrait plus être admise.

M. Gerhardt fait dépendre la formation de l'éther de la décomposition de l'acide snlfovinique G^H'SO*. En supposant que deux de ces molécules, sous l'influence de la chaleur et d'une molécule d'eaj^ , se décomposent de manière à rendre libre 2 molécules d'acide sulfurique, il est évident qu'il restera de l'éther (C*H''0). En effet :

(G2H« SO* )2 + HO = G* Hi»0 + ÎSH» 0* Acide sulfoYinique. Éther. Acide sulfurique.

D'après cette théorie, l'éther sulfurique , loin de provenir d'un dédoublement , serait au contraire le résultat immédiat d'une condensation. Une partie des éléments de deux molécules d'acide snlfovinique , se réuniraient entre eux et à ceux de l'eau pour former de l'éther.

Plus tard, M. Williamson, en s'appuyant sur certaines expériences, est venu confirmer les vues de M. Gerhardt , en ce qui touche les formules de l'alcool et de l'éther : il s'est même trouvé d'accord sur ce que la formation de l'éther serait précédée par celle de l'acide snlfovinique ; mais le chimiste anglais à conçu le mécanisme de l'éthérisation d'une manière toute particulière : il y a vu des doubles échanges. D'accord avec les unitaires, il a considéré l'alcool et l'acide sulfurique comme des corps binômes, c'est-à-dire comme des composés formés de deux parties, pouvant être remplacées par double décomposition. L'acide sulfurique est

donc gsO*, l'alcool ^'^'O , l'eau §0.

Ou'arrive-t-il , lorsqu'on met en présence l'acide sulfurique et l'alcool? Il y a échange entre une molécule d'hydrogène de l'acide et la molécule G^H'^ de l'alcool,

* Nombres proportionnels des principaux corps simples,

• D'aprfts M. Gerhardt. D'après Berx^lios.

0 = Oxygène 100,00 100,00

H = Hydrogène. . . 6,25 1 2,50

G = Carbone 75,00 75,00

N = Azote 87,50 175,00

Gl=Ghlore 221,87 443,30

S = Soufre 200,00 200,00

P = Phosphore . . . 200,00 400,00

K = Potassium . . . 243,75 489,00

F = Fer 175,00 350,00

etc. , etc. , etc..

loi

Voyons d'abord la manière remarquable dont l'hydrogène bicarboné se comporte sous l'action du chlore. Lorsque ces deux gaz sont mis en contact l'un avec l'autre , ils se combinent et donnent naissance à ce que l'on est convenu d'appeler, l'^îit'/c des Hollaîidais (C* H* Cl'). D'après la composition de cette substance, on dirait que- les deux gaz se sont combinés directement : mais si l'on fait bouillir cette huile avec une dissolution alcoolique de potasse, on obtient du chlorure de potassium , et un nouveau corps gazeux , semblable à de l'hydrogène bicarboné , dont une molécule d'hydrogène aurait été remplacée par une molécule de chlore. C'est de Vhydrogène bicarboné monochloré. De façon que la composition de l'huile des Hollandais est véritablement C* H» Cl, H Cl. Ainsi :

C* H* + 2 Cl =

Hydrogène Chlore.

= C* H» Cl, H Cl

Huile des HoUandato.

bicarboné.

C*H»C1,HC1 + K0 = C*H»C1+KCI + H0

Huile des Hollandais. Po^ Hjdrogène Chlorure Eau. tasse. bicarboné dépotasmonochloré. siuni.

L'hydrogène carboné monochloré, soumis à son tour à l'action du chlore, se comporte comme l'hydrogène bicarboné lui-même : c'est-à-dire qu'il semble absorber du chlore purement et simplement ; mais en réalité, c'est encore une de ses molécules d'hydrogène qui est remplacée par une molécule de chlore , en même temps qu'associée à du chlore elle-même, elle reste dans le nou-

de sorte qne , à la place de Tacide stdfnrique on a de l'acide snlforiniqne , et à la place de Talcool on a de Teaa. Effecthement :

Acide sulfurique. . . = gSoO i ^j^iSO*.. = Acide siilfovinique

Alcool =^^h'^ j~l H ^•••=Ean

Un antre échange a également lieu , solvant M. 'Williamson , entre Tacide snlfovinique et Talcool , lorsqu'ils se trouvent en contact l'un avec l'aotre dans des conditions toutes particulières. Alors la molécnle C^H^ de l'acide sulfovinique échange sa place avec la molécule d'hydrogène de l'alcool ; il se forme alors, d'une part f de l'acide sulfnrique , d'une autre part de l'éther.

Acide sulfoviniqae... = S S0<

Alcool .

SSO<.... = Acide snlfurique

= Éthe]

En voyant l'alcool attaqué tour à tour par deux acides dont l'un est engendré par l'autre , on s'explique pourquoi avec une quantité limitée d'acide sulfnrique on peut transformer en éther une quantité illimitée d'alcool.

VINGT-QUATRIÈME LEÇON. i05

veau composé. C'est une huile des Hollandais, plus riche en chlore

C* H» Cl + 2C1=C*H«CI% HCl

Hydi'ogène [Chlore. Huile des Hollandais bicarboné bichlorée.

monochlorë.

Ce nouveau produit, traité par la potasse, met en liberté l'hydrogène bicarboné bichloré

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