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C*H*CI»,HC1-J-K0 = C*H«C1' + KC1 + H

Huile des Hollandais Potasse. Hydrogène Chlorure Eau. Uohlorée. bicarboné de potas-

bichloré. siuni.

L'hydrogène bicarboné bichloré devient , sous Taction du chlore, Vhuile des Hollandais trichlorée C*HCl', HCl , qui , par Taction de la potasse , devient Thydrogène bicarboné trichloré C* HCl».

Enfin , en épuisant Faction du chlore sur tous ces produits , on obtient un corps cristalhsé, le sesquichlorure de carbone de Faraday C*CI*,C1", qui, distillé brusquement, donne le chlorure de carbone C*Cl*; c'est-à-dire de l'hydrogène bicarboné, dont tout l'hydrogène a été remplacé par du chlore.

En rapprochant tous ces faits , on voit que l'hydrogène bicarboné , soumis à l'action du chlore , perd successivement tout son hydrogène , et que chaque nouveau produit reste toujours associé aux éléments d'une molécule d'acide chlorhydrique : et si l'on tient compte de l'action de la potasse , on voit aussi que l'hydrogène bicarboné , en éprouvant tour à tour ces deux actions , peut donner naissance à huit produits différents.

C*H»C1, HCl qui par la potasse, devient C* H» Cl C*H«C1%HCI id. id. C*H«C1*

C*H Cl*, H Cl id. id. C^H CP

C*' Cl% Cl" qui par la chaleur devient C* Cl*

Je vous ai entretenus de ce groupe de faits, parce qu'il présente un exemple de ce que les chimistes appellent un phénomène de substitution. L'hydrogène paraît vraiment remplacé par le chlore, sans que la constitution moléculaire de la substance où le phénomène s'accomplit soit radicalement modifiée. Ainsi , C* H* représente 4 volumes, et C* H* CL... C* H* Cl", etc., etc., représentent également 4 volumes.

406 CHIMIE ÉLÉMENtAtAfi.

En attribuant, par la pensée, une forme quelconque à un système de molécules chimiques, on conçoit que , par voie de substitution, on puisse remplacer plusieurs de ces molécules par d'autres de nature différente, sans que la forme primitive du système général en soit altérée.

Nous rencontrerons à chaque instant des faits semblables, et qui seront encore plus saisissants ; car nous verrons des acides et des bases conserver leurs propriétés chimiques fondamentales , malgré les substitutions que ces corps auront éprouvées.

L'hydrogène bicarboné, mis en contact avec des vapeurs d'acide sulfurique anhydre, se combine avec cet acide, et donne naissance au sulfate de carôy/^ (C* H*, 4S0*). Ce composé, en absorbant peu à peu l'humidité, passe à l'état d'acide éthionique (G* H** 0,4 SO*), qui bouilli avec de l'eau , se dédouble en acide iséthionique (G* H^O, HO, 2S0*) et en acide sulfurique. On remarquera que l'acide iséthionique est isomère avec l'acide sulfovinique, mais il en diffère par sa plus grande stabilité.

Nous avons déjà dit comment on prépare Véther chlorhydrique. Toutefois , on suit le plus souvent un procédé que l'on doit à M. Thénard. Il consiste à distiller , dans une cornue de verre, des volumes égaux d'acide chlorhydrique du commerce et d'alcool. On fait communiquer la cornue avec deux flacons , dont l'un est presque plein d'eau à + 25®, et sert à laver l'éther gazeux à cette température , tandis que l'autre est entouré d'un mélange réfrigérant, et est destiné à contenir le gaz qui se liquéfie. Pour lui enlever les dernières traces d'eau et d'alcool, on distille l'éther chlorhydrique avec de l'acide sulfurique concentré.

L'éther chlorhydrique liquide est incolore ; il a une odeur vive, un peu alliacée. A 0°, sa densité est 0,924 ; il bout à + 12%5 : versé sur la main, il s'évapore subitement : chauffé au rouge , il se décompose en volumes égaux d'hydrogène bicarboné et de gaz chlorhydrique. Il se combine avec plusieurs chlorures métalliques : soumis à l'aclion du chlore , il perd successivement tout son hydrogène, que le chlore remplace : finalement , jl passe à l'état de sesquichlorure de carbone.

L'éther chlorhydrique peut donc, lui aussi, fournir une série régulière de corps modifiés par substitution ; cette série est remarquable, en ce sens qu'elle renferme des termes isomères avec quelques produits chlorés de l'hydrogène bicarboné : particularité qui prouve tout A la fois la conservation du type moléculaire et la non présence de l'hydrogène carboné dans l'alcool et SCS dérivés : c'est ce que montre ce tableau :

VINUT-QUATRIEME LEÇON. 107

PRODUITS DE l'action DU CHLORE.

Sur l'éther chlorhy- Volumes qui correspon- Sur l'hydrogène bi- ^*>^"™<"» 1"» ^^rdrique = C« H* Cl. dent à la formule. carboné = C* H«. 5esi»«>nd»nt à la

formule.

C«H<a2 4 isomère avec. G^H^Cl, HCl 4

C*mCP 4 id. id. C<H2C12,HC1 4

C*mCV 4 id. id. C<HCP,HGl 4

C« CISCP C< Gl<, Cl»

Tandis que tous les termes de la série, dont le type est l'hydrogène bicarboné, abandonnent à la potasse les éléments de l'acide chlorhydrique , les termes de l'autre série résistent à l'action des alcalis, ou du moins ils ne lui cèdent les éléments de l'acide chlorhydrique qu'après un laps de temps très-considérable. Pourquoi c«tte différence, si le type était le même partout?

L'éther chlorhydrique, mis en contact avec une dissolution de monosulfure de potassium, se transforme en élher sul/hydrique.

C* H« a 4- KS =3 C* H» S + K Cl

Éther chlor- Sulfure Éiher sulfbj- Chlorure faydriqne. de potas» drique. de potas-

sium, siam.

Distillé sur un sulfhydrate de sulfure alcalin , il donne le inercapian *, ou, si l'on veut, V hydrosulfate de sulfure d'élhyle C* H» S, HS.

Quelques chimistes considèrent le mercaptan comme l'alcool du soufre. Il existe en effet une ressemblance entre les deux formules :

Alcool.... =C*H«0^ Mercaptan == C* H« S»

En outre, les deux formules représentent également 4 volumes. Ces deux corps , traités par le potassium , échangent un équivalent d'hydrogène pour un équivalent de métal.

Alcool potassé. . . . C* H» K 0»

Mercaptan potassé C* H» K S*

Malgré ces faits , la plupart des chimistes ne regardent pas le mercaptan comme un alcool. La ressemblance de quelques réactions ne justifie pas assez à leurs yeux cette prétendue analogie.

1 . Le mercaptan ( mereurium captauê ) a été découvert par M. Zeise. Son nom doit rappeler la facilité avec laquelle ce corps se combine avec oxyde de meronif , pour former des composés insolubles , appelés mercn'ptiàeH

La préparation des éthers iodhydrique (C*H"I) et bromhydrique (C* H" Br) est fondée sur le même principe que celle de l'éther chlorhydrique , à cela près , qu'au lieu de se servir des deux hydracides (corps très-instables) , on se sert d'iodure et de bromure de phosphore. Ces deux substances sont décomposées par l'eau contenue dans l'alcool *, et les hydracides qui en proviennent réagissent sur l'alcool lui-même , et donnent naissance aux éthers iodhydrique et bromhydrique.

Depuis que Véther sulfurique est devenu un produit de fabrique, les chimistes ne se préoccupent que de sa purification. Du reste, le procédé que l'on pratique en grand, pour préparer l'éther, est si simple, que deux mots suffiront pour le faire comprendre.

Supposez une grande cornue, placée dans un bain de sable , et contenant un mélange de \ 00 parties d'acide sulfurique concentré et de 70 parties d'alcool à 32® centésimaux : elle communique, par son col, avec un récipient ; par sa tubulure, avec un flacon rempli d'alcool, et plus élevé que la cornue elle-même. On chauffe, et dès que le mélange entre en ébuUition, on y fait arriver un filet d'alcool, qui, réglé par un robinet, doit apporter dans la cornue un volume de liquide, égal au volume de la liqueur qui distille.

D'après ce que nous avons dit précédemment, la quantité d'alcool que par ce procédé Ton transforme en éther , pourrait être infinie , mais on s'arrête lorsque le poids de l'éther obtenu est 35 à 40 fois plus grand que celui de l'acide sulfurique contenu dans la cornue : autrement, l'éther renfermerait des proportions notables de produits secondaires (huile de vin , etc.) , dont il serait difficile de le débarrasser.

Tel est le procédé exclusivement suivi en grand pour fabriquer l'éther , mais on peut obtenir ce corps en soumettant l'alcool à l'action de l'acide phosphorique ou arsénique, du fluorure de bore, du chlorure d'étain, du chlorure de zinc, etc., etc.

Pour purifier l'éther, on l'agite successivement avec de l'eau et un lait de chaux, puis on le distille au bain-marie : le produit est mis en contact avec une quantité considérable de chlorure de calcium, et distillé de nouveau.

L'éther sulfurique est un liquide incolore , doué d'une odeur vive et agréable , d'une saveur acre et brûlante. Sa densité à 0® est 0,736. Sous la pression normale, il bout à + 35%5. La densité de sa vapeur est 2,586. Sa formule est C* H" 0, et correspond à 2 volumes de vapeur.

L'éther brûle avec une flamme blanche et lumineuse : il s'en-

\ . Lft bromure et Tiodiire d»» phosphore se décomposent au contact de l'eau, produisent de Tacide phosphoreux et de l'acide hromhydrique ou imlhydrique.

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flamme de loin, par suite de la tension assez forte de sa vapeur. 11 faut donc ne pas s'approcher des corps en ignition , lorsqu'on tient à la main des vases ouverts contenant de Téther. Plusieurs chimistes se sont blessés. pour avoir oublié cette précaution.

Refroidi à — 30®, l'éther cristallise en lames blanches et brillantes, ïl doit être parfaitement neutre. Il se mêle en toutes proportions à l'alcool , et il est soluble dans 9 parties d'eau. C'est un des meilleurs dissolvants des matières grasses et résineuses :il dissout également des petites quantités d'iode, de brome, de soufre de phosphore, beaucoup de chlorures métalliques, et quelques sels.

Il est difficile de conserver l'éther en présence de l'air, parce qu'il en absorbe l'oxygène et s'acidifie. 11 faut donc le garder dans des flacons pleins et hermétiquement fermés. Son acidification est beaucoup plus prompte sous l'influence des alcalis: et, d'après l'odeur savonneuse et la couleur brune qu'il prend sous l'action de ces corps , il semble se convertir en aldt'hyde , avant de passer à l'état d'acide acétique. L'acidification de l'éther est encore rapide, lorsqu'on fait intervenir la chaleur. Si l'on suspend au-dessus d'un peu d'éther, contenu dans un verre à expérience , un fil mince en platine, contourné en spirale, et fqirtement chauflé, on verra que ce fil deviendra incandescent , tandis que des vapeurs d'acide acétique et d'aldéhyde se dégageront en abondance.

Soumis à l'action du chlore sec, l'éther perd successivement deux équivalents d'hydrogène et gagne deux équivalents de chlore. Ainsi modifié, si on le soumet à son tour à l'action du chlore, mais sous l'influence de la lumière directe, il perd tout son hydrogène et passe à l'état d'éther perchloré , corps cristallisé en octaèdres , dont la composition est représentée par C* Cl* 0.

Nous avons déjà vu comment , avec de X alcool absolu et de l'acide sulfurique, on obtient de Vacide sulfbvinique. Toutefois, dans les laboratoires, on se sert seulement d'alcool assez concentré. On peut aussi le préparer en faisant arriver de la vapeur d'éther dans de l'acide sulfurique hydraté. Qne\ que soit le procédé, la température du mélange ne doit jamais dépasser les +.425'*. Ordinairement, on le sature par du carbonate de barite, et c'est du sulfovinate de barite que Ton tire l'acide sulfovinique.

L'acide sulfovinique, jusqu'à présent, n'a pas encore été obtenu à l'état cristallisé. Il est toujours sous forme d'un sirop incolore ; il se décompose par une douce chaleur autant que par un séjour prolongé dans le vide. Soluble en toute proportion dans l'eau et dans l'alcool , il ne l'est point dans l'éther. Sa dissolution aqueuse, soumise à l'ébullition, donne de l'alc^ , si elle est étendue , et de l'éther, si elle est concentrée. Par la distillation, l'acide siru- II. 7

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peux donne de V huile pesante de vin { C* H* 0, 2 S 0* ) ; de <îette même substance qui se forme lorsque la préparation de Téther n'est pas bien dirigée.

Les caractères que nous venons de reconnaître à l'acide sulfovinique sont communs à tous les acides viniques. Ils sont tous incristallisables (moins Tacide mucovinique ) , tous décomposables par la chaleur, et donnent presque tous les mêmes produits. Les acides qui figurent parmi leurs principes constitutifs y sont masqués de telle sorte, que les réactifs les plus délicats n'en révèlent pas la présence ; ce qui prouve qu'il faut attacher un sens exclusivement théorique au rapprochement que l'on fait parfois entre ces corps et les selè acides ordinaires.

Tous les sulfovinates, ainsi que tous les vinates, sont solublés, cristallisables, et onctueux au toucher. Ils sont tous décomposables par la chaleur et produisent beaucoup d*huite pesante de vin. Plusieurs d'entre eux sont anhydres ; d'autres sont hydratés et ne peuvent quitter leur eau d'hydratation sans se décomposer ; circonstance qui explique pourquoi on s'est mépris pendant quelque temps sur la véritable nature de l'acide sulfovinique. On voyait en li^i une combinaison d'alcool et d'acide sulfurique.

On a dit ailleurs que les acides monobasiques, mis en contact avec l'alcool , donnent naissance à des éthers composés neutres. Cependant , le procédé général de préparation de cette sorte de corps consiste à faire agir simultanément sur l'alcool , l'acide dont on veut obtenir l'éther, et un acide puissant tel que l'acide sulfurique ou chlorhydrique. A cet effet , on. dissout dans l'alcool l'acide que l'on veut éthérifier, on ajoute à la dissolution un peu d'acide sulfurique, et l'on distille. Ordinairement , l'éther composé passe dans le récipient avec de l'alcool. On peut encore faire arriver du gaz chlorhydrique dans la dissolution alcoolique que l'on fait bouillir dès qu'elle en est saturée.

Quel que soit le procédé que l'on préfère, c'est toujours par l'eau que l'on isole les éthers, car en général ils y sont insolubles. On les lave à plusieurs reprises, on les dessèche en les mettant en contact avec du chlorure de calcium fondu ; enfin, on les distille.

Ces deux procédés sont les plus employés, mais il y en a beaucoup d'autres applicables seulement dans quelques circonstances particulières, et dont il serait trop long et trop peu utile de vous parler.

Presque toiJS les éthers composés neutres sont liquides et insolubles dans l'eau ; ils sont tous solubles dans l'alcool. Leur formule générale est représentée par une molécule d'éther sulfurique et par une molécule d'un acide anhydre. Leur nombre est considérable, car autant il y a d'acidcî*, autant il y a d'éthers. Leur composi-

VINGT-QUATRIBME LEÇON. 4H

tion étant constante, elle sert souvent à déterminer ou à vérifier l'équivalent d'un nouvel acide. L'état variable d'hydratation des sels ordinaires, ou bien les changements que ceux-ci peuvent su< bir par les lavages, empêchent souvent de tirer de leurs analyses des conclusions décisives. Les éthers composés neutres, au contraire, ne sont jamais hydratés, et lorsque leur point d'ébullition est bien déterminé, on peut compter sur leur pureté. Dès lors, leur analyse donne des renseignements positifs sur leur acide constituant , car à coup sûr ils n'en renferment qu'un seul équivalent. L'eau, par un contact prolongé, décompose les éthers en alcool et en acide normal. On voit que ces deux derniers corps reprennent l'eau qu'ils avaient abandonnée au moment de leur combinaison. En effet , tous les éthers composés peuvent être considérés comme résultant de la réunion d'une molécule d'alcool et d'une molécule d'un acide normal, moins deux équivalents d'eau. Prenons comme exemple, Téther acétique :

▲cide acé- Alcool. Eau. Étber acétique,

tique.

L'action que les alcalis exercent sur les éthers composés ressemble à celle de l'eau, à cela près qu'elle est beaucoup moins lente. Tout éther bouilli avec une dissolution alcaline se décompose en alcool et en un acide qui reste combiné à l'alcali.

L'éther acétique va nous servir encore d'exemple :

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