Paradis, II
Boccace nous le montre, prenant un souverain plaisir aux chants et au jeu des instruments. « Séduit par ce plaisir, il composa un grand nombre de poèmes, auxquels il faisait ensuite ajouter des airs agréables. » Et Boccace en dit bien plus long. Il nous montre un Dante frère de La Fontaine :
J'aime le jeu, l'amour, les Hures, la musique, La ville et la campagne, enfin tout : il nest rien Qui ne me soit souverain bien.
Il ne s'était jamais caché de cet esprit voluptueux accessible à tous les plaisirs. Ses souverains biens successifs Tamusaient comme un véritable poète. Cependant il était encore plus sensible au remords de la Béatitude parfaite qu'il négligeait. Aussi, en arrivant sous l'œil sévère et douloureux de celle qui était son juge, étant demeurée son amour, la première parole qu'il se fait adresser par la vierge immortelle est une censure enflammée des égarements d'une vie arrêtée aux chansons de toutes les sirènes. Comme il veut s'excuser et allègue que
les choses terrestres, avec leurs faux plaisirs, devaient perdre ses pas dès que cette forme angélique se fut obscurcie à ses yeux, elle répond avec vivacité et fermeté : « Vers un but tout contraire, ma chair ensevelie aurait dû te mener! Car jamais la nature ni Vart ne te présentèrent un plaisir comparable aux beaux membres où je fus enfermée, tels quils sont épars sous la terre! Si ce souverain plaisir, par ma mort, f échappa, quelle chose mortelle pouvait encore f entraîner à la désirer ? A la première flèche que te lancèrent des beautés fallacieuses, tu aurais dû élever les yeux au ciel en me suivant, moi qui navals plus rien de trompeur! Non, tu ne devais pas appesantir tes ailes en bas pour y quérir de nouvelles plaies : quelque pauvre fillette ou autres vanités d'un usage aussi bref^ ! »
Après Tépouse légitime, il avait eu, en effet, cette Gentucca la Lucquoise, e non so che Gentucca\ qu'il avoue et salue, comme née et